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Action de l’État en Val-de-Marne : débat sur les services publics

Action de l’État en Val-de-Marne : débat sur les services publics
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Pendant plus de quatre heures ce lundi, le nouveau préfet Raymond Le Deun, a été auditionnés par le Conseil départemental sur les activités de l’Etat dans le Val-de-Marne. Passé les chiffres, les élus ont notamment interpellé sur les réorganisations des services déconcentrés de l’Etat, qu’il s’agisse de la Poste, des impôts, de l’emploi…

37 millions d’euros de fraude détectés

En matière de sécurité, le préfet a évoqué les 15 000 garde à vues (+6% par rapport à 2017), 180 000 infractions routières, 37 millions d’euros de fraude détectées auprès des organismes sociaux (+20% par rapport à 2017), 80 000 interventions de pompiers, et salué la relance des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), souhaitant qu’ils se développent dans les villes qui n’en ont pas encore. «Le fonds interministériel de prévention de la délinquance a versé 600 000 euros pour financer les initiatives de collectivités ou d’associations et 230 000 euros ont été alloués au soutien du déploiement de la vidéosurveillance dans les communes avec un effet significatif tant pour la prévention que pour l’élucidation de la délinquance», a précisé le préfet.

3131 logements agréés

Le représentant de l’État a ensuite rendu compte de l’évolution des logements dont 3131 ont été agréés en 2018. Plus de 6 millions d’euros ont été engagés par l’ANRU (Agence de rénovation urbaine). «Il faut également veiller à la dignité des logements existantes. En plus de l’action récurrente de l’Etat en matière de lutte contre l’insalubrité ou de la rénovation énergétique des bâtiments, l’année 2018 a été marquée par des engagements importantes pour plusieurs copropriétés dégradées», a souligné le préfet.

Dédoublement en CP-CE1, apprentissage, maisons de santé pluri-professionnelles

En termes de cohésion sociale, Raymond Le Deun a mis en lumière quelques dispositifs comme le dédoublement des classes de CP dans tous les établissements REP et REP+ et de CE1 dans les établissements REP +. Il a touché près de 6200 élèves en Val-de-Marne pour sa première année et 11 000 cette année. «En matière d’accès à l’emploi, je me réjouis de l’augmentation de 3% du nombre de jeunes en apprentissage l’année dernière mais nous pouvons faire plus. Je crois profondément aux vertus de l’alternance». Il est également revenu sur le déploiement de maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) pour lutter contre les déserts médicaux. «Il existe aujourd’hui 6 MSP et de pôles de santé, 4 projets supplémentaires sont encore en cours de construction».

 

 

Aménagement, au tour d’Orly-Rungis

En matière d’aménagement et de développement durable, le préfet a indiqué le renouvellement du soutien de l’État à l’énergie géothermique et rappelé sa participation au financement de plusieurs projets comme le Grand Paris Express (via la Société du Grand Paris), le Pont de Nogent ou le Tram T9. «L’année 2018 marque la fin du processus de signature des contrats d’intérêts nationaux de Triage et de la VDO, l’entrée en phase opérationnelle des Ardoines, l’accélération du CIN de Charenton (…) Dans les prochains mois le plan partenarial d’aménagement pour la zone Orly-Rungis amorcera une nouvelle phase».

Contractualisation : le sujet qui fâche

Le préfet est aussi revenu sur la «modernisation des relations de l’État avec les collectivités», évoquant la contractualisation des hausses de dépenses de fonctionnement de quatre collectivités – cinq autres s’étant vues notifier des taux après avoir refusé de signer le contrat. Un sujet qui a particulièrement mis en colère les élus locaux. Il a aussi évoqué la numérisation d’un certain nombre de procédures avec le déploiement en parallèle de permanences pour les publics fragiles. Un sujet également très sensible.

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Fusions, réorganisations, les élus s’alarment

A l’instar du président Christian Favier, qui a loué «la qualité des rapports avec les services déconcentrés de l’État et l’importance des synergies et des partenariats noués», tout en dénonçant «la réduction aveugle des dépenses publiques, la remise en cause de l’autonomie financière de nos collectivités et la dégradation de nos services publics de proximité», les présidents de groupes politiques ont tour à tour salué le travail des services pour déplorer ensuite la fragilisation de leurs missions au plus près des territoires.

«Avec les autres représentants de groupes que sont Hélène de Comarmond et Christian Métairie, nous avons souhaité tirer la sonnette d’alarme contre le détricotage du maillage des services publics. Sous couvert de modernisation maquillée du sceau de la concertation avec les élus ces fermetures de bureaux de poste, fusions de missions locales, disparition des implantations locales des trésoreries et numérisation des procédures portent atteinte au principe d’égalité républicain en isolant et excluant les publics vulnérables. C’est pourquoi, nous vous demandons de manière solennelle de prendre un moratoire sur la fermeture des services publics en Val-de-Marne», a réclamé Pascal Savoldelli pour le groupe Front de Gauche ainsi que pour ses alliés socialistes et écologistes.

Chez les Républicains, Olivier Capitanio a carrément confié au préfet que les élus de son groupe avaient d’abord pensé boycotter la séance en guise de protestation avant de renoncer, «par courtoisie républicaine», à la politique de la chaise vide. «Nos inquiétudes se renforcent d’année en année sur les finances locales au fur et à mesure que l’État impose aux collectivités de nouvelles contraintes. La dotation globale de fonctionnement aura baissé de 82 millions d’euros entre 2013 et 2018. C’est considérable. Cette année en 2019, 38 communes sur 47 ont encore vu leur dotation baisser malgré les engagements du gouvernement d’arrêter les baisses. (…) Passées les considérations budgétaires, nos inquiétudes portent également sur la disparition des services publics locaux, souvent décidée sans concertation. (…) Bien souvent, nous sommes mis devant le fait accompli et contraints de pallier le désengagement de l’État pour assurer la continuité des services pour nos concitoyens». Le président du groupe LR et apparentés est aussi revenu sur les difficultés du monde associatif après l’abandon de la réserve parlementaires au profit d’un fonds de développement de la vie associative nettement moins doté et avantageant principalement les grosses structures grâce à un seuil minimal de subvention à 5000 euros.

Dominique Le Bideau, pour les centristes et indépendants, s’est également exprimée au sujet des services publics locaux en insistant plus particulièrement sur le secteur de la santé. «Les mobilisations dans les services d’urgence témoignent des difficultés rencontrées par les professionnels. Dans le même temps, nous constatons qu’il est de plus en plus difficile d’avoir accès à un médecin. Le secteur de L’Haÿ-les-Roses vient par exemple d’être classé en zone d’intervention volontaire (150 médecins libéraux pour 100 000 habitants)».

Enfin, les élus de tous bords ont également attiré l’attention du préfet sur le train de primeurs Perpignan-Rungis ainsi que sur le référendum d’initiative partagée au sujet de la privatisation d’Aéroport de Paris.

Dispositif anti-intrusion Lors du précédent rapport d’activité des services de l’Etat en septembre 2018, des militants de la CGT avaient déployé, sans faire de chahut, une banderole contestataire vis-à-vis du gouvernement. Un tel happening n’aurait pas été possible cette année compte tenu du déploiement exceptionnel de deux agents de sécurité ayant procédé à des contrôles à l’entrée de la tribune destinée à la presse et au public.

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