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Affaire Semaf-Bridey à Fresnes, la maire chiffre l’addition en Conseil municipal

Affaire Semaf-Bridey à Fresnes, la maire chiffre l’addition en Conseil municipal
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Alors que la Semaf, société d’économie mixte de la ville de Fresnes, fait actuellement l’objet d’un audit externe après la mise à pied de ses deux salariés, la maire PS de Fresnes, Marie Chavanon, est revenue en détail sur l’affaire lors du Conseil municipal de ce jeudi 21 novembre, des frais somptuaires de son ancien président-maire Jean-Jacques Bridey (ex PS passé chez LREM), toujours député, et du directeur administratif, aux incertitudes financières qui pèsent aujourd’hui sur la société d’économie mixte.

Un exposé détaillé destiné à mettre tous les points sur les i alors que les élus réclamaient une commission d’enquête municipale sur le sujet, et à mettre en débat le devenir de la Semaf. Le député, toujours membre du Conseil municipal, n’était pas présent.

Pour rappel, la ville a fait un signalement au procureur le 16 septembre dernier, à propos des doubles facturations, complétée d’une note additionnelle le 21 octobre après avoir plongé dans la compta de la Semaf.

Ce jeudi soir, la maire, élue en juin 2017 suite à la démission de Jean-Jacques Bridey (dans le cadre de la loi sur le non cumul des mandats), en créant la surprise car ce n’était pas la candidate souhaitée par le député, a chiffré l’addition mais aussi alerté sur le devenir de la Semaf.

 

 

« Monsieur Bridey, ancien maire de Fresnes (et pour mémoire ancien Président de la Semaf) s’est fait rembourser de nombreux frais de bouche soit sans aucun lien avec la Semaf , soit qui nous apparaissent totalement injustifiés au regard de leur montant, ou des personnes concernées. Le total de ces frais atteint la somme de 145 596 euros de 2012 à mi-2017″, a détaillé l’édile, revenant sur le fameux dîner huîtres et champagne avec Emmanuel Macron après un meeting des départementales en 2015.
Lire : Fresnes: dernières frasques gastronomiques de J-J Bridey et grand déballage

Du côté du directeur administratif et financier de la Semaf, l’addition est aussi salée, avec « des remboursements d’achat de liqueurs et alcools, de chocolat et papeterie de luxe, de frais de SPA, ou encore de frais de transport pour des personnes qui ne travaillent manifestement pas pour la Semaf. »

« Les frais de représentation des seuls Bridey et Borikic atteignent la somme ahurissante de 321 551 euros pour la période de 2012 à mi-2017« , additionne l’élue devant l’assemblée municipale.

« Ces premiers constats sont graves et m’ont amenée à prendre des mesures conservatoires vis-à-vis de messieurs Sannino et Borikic, qui font actuellement l’objet de procédures disciplinaires depuis le 17 octobre, en qualité de salariés de la société », a motivé la maire, posant la question de leur licenciement.

Cette manie de se faire rembourser deux fois

Sur les frais de Jean-Jacques Bridey, une partie a été remboursée deux fois a rappelé l’élue, chiffrant le montant des doublons à 9 510 euros de 2013 à 2017.
Lire : Fresnes: les coquettes notes de restaurant du député Bridey remboursées deux fois

Au-delà du double remboursement Semaf – ville, la maire a également constaté « des frais de bouche remboursés par la Semaf Bamako qui semblent avoir été remboursés également en partie par la Semaf. » Pour rappel, la Semaf Bamako est l’association qui a porté la construction d’un orphelinat au Mali. Une association dont le financement a été assuré en partie par des entreprises mécènes discrètes, parfois en marché avec la Semaf.
Lire à ce sujet : La Semaf Bamako de Bridey à Fresnes: juste cause et maladresses

La Semaf au bord de la faillite?

Alors que la maire, nouvelle présidente de la Semaf, a mandaté le cabinet Abergel pour auditer les comptes de la société d’économie mixte, son commissaire aux comptes a pour sa part notifié une procédure d’alerte le 4 novembre dernier, en raison d’inquiétudes sur son horizon financier d’ici à 2021 en raison du remboursement de l’emprunt de 2,5 millions d’euros qui arrive à échéance en janvier 2021. « Même si les coûts fixes de structure étaient substantiellement réduits (ce à quoi nous allons de toutes façons nous employer), et même si le projet du Moulin de Berny était relancé, la Semaf ne pourrait compenser les pertes générées par les projet actuellement en cours et les frais fixes jusque-là supportés », a alerté l’édile.

La zac Charcot plombe les comptes

Parmi les points noirs du bilan de la Semaf, la zac Charcot dont un seul lot reste à acquérir mais qui ne génère pas de revenus depuis des années. « Ce projet est de surcroît à l’origine du prêt de 2,5 millions d’euros qui arrivera à échéance en 2021, et dont la commune est garante à 80%. La perte à terminaison est estimée à environ 1,5 millions d’euros », s’alarme la maire qui pointe également les frais de structure « disproportionnés par rapport aux revenus générés », en raison du grand train de vie des salariés. Des frais de structures chiffrés à une moyenne de 580 000 euros par an pour les années 2017 et 2018. « Ces frais de structure sont composés essentiellement des salaires de deux salariés, des frais de représentation et achats réalisés par la Semaf pour son fonctionnement. »

Une cavalerie qui oblige à bétonner sans fin

« Le constat doit être fait que le modèle économique de la Semaf repose en quelque sorte sur une cavalerie économique, qui nous oblige à financer les pertes d’un projet par l’entreprise d’un nouveau projet », conclut Marie Chavanon, posant la question du devenir de l’entreprise alors même que la compétence aménagement, cœur d’activité de la Semaf, est désormais du ressort de la Métropole et des territoires du Grand Paris depuis le 1er janvier 2018.

Un mission d’assistance pour assurer la continuité de gestion de la Semaf

Alors que la Semaf n’a plus de salarié opérationnel, la maire a indiqué avoir confié à Equilibres et Territoires une mission d’assistance à la gestion des opérations en cours, à savoir celles de la zac de la Cerisaie et celles de la zac Charcot-Zola.

Berny, le moulin de la discorde

Concernant le projet du Moulin de Berny, que des élus avaient reproché à la maire d’avoir abandonné en rase campagne, l’élue a rappelé qu’aucune des offres répondant au marché de conception-réalisation de ce projet de 140 logements complétés d’un commerce de 2000m², ne répondaient objectivement au cahier des charges. Celui-ci avait estimé le coût total à 18 millions d’euros et les réponses commençaient à 20 millions d’euros. Et même après négociation, aucun projet n’a pu concilier le prix maximum et l’insertion attendue dans le paysage, a expliqué la maire.

Alors que l’ordre du jour de ce Conseil municipal tendu mais sans claquage de portes, ne s’arrêtait pas à la Semaf, il s’est achevé à 2 heures du matin.

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