Urbanisme | | 06/02/2019
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Rénovation urbaine au Bois l’Abbé : les premiers chantiers de l’acte 2

Rénovation urbaine au Bois l’Abbé : les premiers chantiers de l’acte 2 © Fb

Annoncée en 2014, la seconde phase de rénovation urbaine nationale du quartier de Bois l’Abbé s’est concrétisée ce mardi 5 février par la signature d’un protocole de préfiguration entre élus locaux, bailleurs sociaux et Etat. Retour sur les enjeux et les nouveaux chantiers dans ce quartier plaqué depuis Paris il y a cinquante ans.

Initié en 2003, le programme national de rénovation urbaine consiste à investir dans la transformation des quartiers populaires les plus déshérités. La première vague, qui concernait 490 quartiers en France, était essentiellement axée sur l’urbanisme. La seconde, lancée en 2014, a une approche globale avec notamment un volet implication des habitants, dans le cadre de la politique de la ville. Elle comprend 200 quartiers en France dont 10 en Val-de-Marne. Le quartier de Bois l’Abbé qui avait déjà bénéficié du premier, en fait partie. Ce grand ensemble mérite en effet attention, plaqué aux confins de deux communes, aux deux-tiers à Champigny sur-Marne et un tiers à Chennevières-sur-Marne à partir de 1967, pour accueillir les offices HLM parisiens avec pas moins de 4000 logements et des rues fermées sur elles-même qui ont longtemps été la propriété des OPH. Depuis les années 1980, étape par étape,  les villes ont repris la main, récupérant les voies publiques puis commençant à désenclaver le quartier en l’ouvrant d’avantage vers le reste de la ville. L’espace central a ainsi été reconfiguré avec notamment la Maison pour tous, installée en contrebas de la dalle en utilisant une partie des parkings souterrains qui avaient été construits mais n’étaient pas ouverts.

«Le Bois l’Abbé des riches et le Bois l’Abbé des pauvres»

Il y a dix ans, l’Anru 1 a  permis de lancer un vaste chantier sur le nord-est du Bois l’Abbé, dans sa partie campinoise. A son actif : la reconstruction du groupe scolaire Anatole France, du collège Elsa Triolet, de la PMI (Permanence maternelle infantile), de l’Espace départemental des solidarités, la réhabilitation de la crèche départementale, la reconfiguration du quartier avec la rue Carpeaux et un square, sans oublier le renouvellement d’un tiers des habitats (900 logements). L’Anru 2 devrait permettre de poursuivre. «Il y a urgence à faire le renouvellement des autres logements, les deux tiers restants, soit environ 1600 logements. Dans l’esprit des gens qui habitent le quartier, il y a désormais le Bois l’Abbé des riches, avec les appartements rénovés, et le Bois l’Abbé des pauvres», constate le maire de Champigny, Christian Fautré  (PCF). L’élu compte aussi sur l’Anru 2 pour reconstruire le groupe scolaire Solomon, créer un centre social et une piscine intercommunale.

A Chennevières-sur-Marne, qui ne s’était pas intéressée à l’Anru 1, on ne boude pas l’Anru 2. «Comme nous avions des immeubles un peu moins haut qu’à Champigny et davantage de service public, il n’a pas semblé utile à mes prédécesseurs de se porter candidat et entre temps, le quartier a été délaissé. Nous sommes maintenant dans une situation paradoxale où le caractère prioritaire du renouvellement urbain du quartier est reconnu alors que l’on demande à la population de patienter. Ce n’est pas toujours simple à comprendre. Alors nous avons nous-même lancé quelques travaux de rénovation», développe Jean-Pierre Barnaud, maire centriste de Chennevières.

Financement : à quelle hauteur ?

Entre temps toutefois, les élus locaux se sont rendus compte que l’Agence nationale pour le renouvellement urbain serait moins généreuse dans le financement des projets et que le reste à charge pour les communes serait beaucoup plus important que lors de la première phase de travaux. «Ce n’est pas parce que nous officialisons une noce qu’il ne faut pas parler d’argent. Dans l’Anru 1, certains postes étaient financés jusqu’à 80% alors que pour cette seconde phase, il semblerait que la participation se réduise à 25% ! C’est insuffisant puisque nos collectivités ont vu leurs ressources considérablement diminuer au cours de ces dix dernières années», a ainsi lâché  Christian Fautré, au moment de signer.

Démolitions et reconstructions à court terme

Ce protocole de préfiguration n’est qu’une étape préliminaire à la signature du projet final qui ne verra le jour qu’après la conduite d’études sur l’habitat, sur les équipements publics, les sols, et d’actions de médiation auprès de la population. Une phase pourrait prendre un an et demi au minimum, mais les travaux pourront démarrer avant. «Ce protocole de préfiguration va nous permettre d’engager dès maintenant environ 2,140 millions d’études, d’ingénierie et de travaux (853 000 euros proviennent d’une subvention de l’Anru). Le gouvernement nous encourage à faire signer les nouveaux projets de renouvellement urbain avant la fin de l’année. C’est un calendrier ambitieux qui nous invite à avancer rapidement», a indiqué le préfet du Val-de-Marne, Laurent Prévost, appelant les acteurs prenant part aux projets à parvenir à un accord sur les masses financières.

Dans le cadre du protocole de préfiguration, trois opérations doivent faire l’objet d’une autorisation anticipée de démarrage. I3F doit ainsi démolir 36 logements rue du Bourbonnais et réhabiliter la résidence Savoie à Champigny-sur-Marne. Ce bailleur va également réhabiliter la résidence Clément Ader à Chennevières-sur-Marne. I3F prévoit également la démolition de 73 logements sociaux à Champigny pour libérer du foncier nécessaire à la construction de l’école Solomon et la démolition de 6 pavillons à Chennevières (8 et 13 villa Corse). «Nous avons obtenu de l’Anru qu’ils ne démolissent pas la PMI pour ne pas que les habitants se retrouvent sans équipement en attendant la fin de cette deuxième phase de renouvellement urbain», précise Marie Kennedy (PCF), conseillère départementale du canton.

«Nous entendons l’impatience des populations de ces quartiers mais la clé de la réussite du renouvellement urbain est de prendre le temps pour ne pas réitérer les erreurs faites il y a quarante ans lors de la construction des grands ensembles. En dix ans, les priorités d’un quartier évoluent, des problématiques nouvelles apparaissent. Ensuite, sur les moyens financiers, l’Anru 2 a été lancée par le gouvernement précédent et le gouvernement actuel a doublé sa capacité. Nous sommes en capacité d’accompagner des projets ambitieux pour réintégrer vos quartiers dans des dynamiques urbaines positives», encourage le directeur général de l’Anru, Nicolas Grivel (en photo de une avec les maires Christian Fautré et Jean-Pierre Barnaud).

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