Manifestation | Boissy-Saint-Léger | 13/05
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Boissy-Saint-Léger : la Haie-Griselle dit non à la violence

Boissy-Saint-Léger : la Haie-Griselle dit non à la violence © Fb
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Ce samedi matin à Boissy-Saint-Léger, ils étaient une centaine à défiler, pancartes, banderoles et parapluies à la main dans le quartier de la Haie-Griselle, après plusieurs faits de violence liés au trafic de drogue. Élus, responsables associatifs et citoyens réclament l’intervention de l’État pour endiguer la dérive.

« C’est du jamais vu ! », s’exclame un ancien de la Haie-Griselle qui se souvient de la date exacte de son arrivée dans les premiers logements de ce quartier, le 1er juillet 1973. « Nous savons qu’il y a du deal dans le coin mais cela n’avait jamais donné lieu à des coups de feu de cette intensité». Ce retraité décrit les détonations entendues le 4 mai dernier, dernière épisode d’un conflit que se livrent deux clans pour le contrôle du trafic de stupéfiant dans ce quartier.

C’est dans ce contexte que la municipalité a organisé une marche ce samedi avec pour point de départ, le complexe sportif Maurice Préault où le maire, Régis Charbonnier (PS) a dénoncé ces actes de violence et interpellé l’État pour qu’il intervienne. « Il est intolérable que quelques uns pourrissent la vie du plus grand nombre. A la précarité et au chômage qui touchent ces habitants, vient maintenant s’ajouter l’insécurité, c’est la double peine ! Je salue le travail des policiers qui assurent leurs missions dans des conditions difficiles, voire hostiles, mais ils manquent de moyens matériels et humains pour faire face. J’ai demandé au préfet et au commissaire une meilleure prise en compte de la réalité du terrain afin de sécuriser ce quartier », insiste l’élu avant d’annoncer l’installation dans les prochaines semaines de 7 nouvelles caméras de vidéosurveillance,  6 médiateurs dans le quartier et la réalisation d’une étude globale pour améliorer le cadre de vie de la Haie-Griselle. De nombreux élus de Boissy-Saint-Léger et des villes alentours ont participé à cette marche dont le conseiller départemental Pierre-Jean Gravelle et quatre maires Françoise Lecoufle, Gérard Guille, Yvan Femel, Jean-Claude Perrault.

«On est fier de notre cité»

Pour Hawa, une habitante de quartier venue défiler avec un groupe de proches, cette mobilisation arrive au bon moment. « La violence a atteint un nouveau palier au cours de ces dernières semaines. Il fallait que ça bouge, que l’on agisse. A travers cette marche, nous montrons que nous n’avons pas peur de nous promener ici et que nous vivons dans un quartier sympathique, piétonnier et vert ». Responsable du jardin partagé de la Haie-Griselle, Christelle assure que le renforcement du lien social entre les habitants du quartiers par le biais d’associations et d’initiatives peut permettre d’y détendre l’atmosphère. «L’arrivée de médiateurs peut être une bonne idée. Le profil idéal se serait des gens d’une trentaine voire d’une quarantaine d’années qui ont vécu dans le quartier. La police doit s’occuper des éléments les plus problématiques mais je suis certaine qu’il y a beaucoup de jeunes que l’on peut récupérer.» Deux personnes d’un certain âge marchent côte à côte, il s’agit d’une institutrice et d’un maître-nageur tous deux en retraite. « Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce que l’on a vu passer des générations de jeunes de ce quartier. Nous aimons notre cité et voulons autre chose pour la jeunesse que ce climat.» 

 

 

Des habitants viennent directement interpeller le maire pour lui faire part de situations spécifiques à leurs barre d’immeubles. D’autres préfèrent rester à l’écart pour parler à nouveau des événements de ces dernières semaines. « Qu’est-ce que l’on va faire maintenant ? Ce n’est pas une marché qui va résoudre tous nos problèmes ! », tacle un riverain. Suzie Hamilcaro, présidente de l’amicale des locataires de la Haie-Griselle (CLCV), regrette la présence jugée trop faible d’habitants du quartier. « Il y a beaucoup de locataires qui n’ont pas été mis au courant de cette initiative et puis, le parcours de cette marche ne fait que traverser le quartier par la route, il aurait fallu passer entre les bâtiments ! »Avec une poignée de participants, la représentante des locataires décide de poursuivre la parade matinale entre les tours.

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