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Politique locale | Villejuif | 27/03
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Cuisine électorale européenne: le PS sacrifie Christine Revault-d’Allonnes

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Hier encore, l'ancienne conseillère régionale de Villejuif Christine Revault d'Allonnes Bonnefoy, cheffe de la délégation socialiste au parlement européen, était pressentie en numéro deux dernière Raphaël Glucksmann sur la liste commune PS-PP. A 16 heures ce mardi, après les dernières tractations, elle a appris qu'elle ne serait même pas en position éligible. Au sein de la partie PS de la liste, d'autres arbitrages ont prévalu.

Sur la liste PS, qui sera soumise d’ici quelques jours au vote des militants mais annoncée en conférence de presse dès ce mercredi matin par Olivier Faure, l’élue s’est ainsi retrouvée en 6ème position femme, ce qui, une fois intégrée la liste des PS hommes et des alliés politiques, devrait la faire apparaître loin derrière les dernières places éligibles compte tenu du score attendu, inférieur à 10%.

«C’est d’une violence terrible mais cela fait partie de la vie politique», commente l’élue. Députée assidue depuis cinq ans, en charge de gros dossiers comme la taxation des poids-lourds, le droit à l’avortement, l’enquête sur le diesel gate, l’accueil des réfugiés, le paquet ferroviaire… l’élue val-de-marnaise était également chargée du chantier Europe pour le parti. Des atouts solides à l’intérieur du parlement européen mais peut-être trop compliqués à résumer sur une affiche électorale. «Dans les autres pays, on estime généralement qu’il faut trois mandats pour aller au bout des chantiers, mais en France, il n’y a pas vraiment de projection sur les cinq ans du mandat mais uniquement sur le temps court de la campagne. Cela n’est pas vrai que pour le PS», confie la députée européenne.

Alors que les têtes de liste de Place Publique et de Nouvelle Donne, Raphaël Glucksmann et Pierre Larrouturou sont de la région parisienne, le panachage avec d’autres régions semble avoir joué dans la balance, faisant passer avant les candidatures de Sylvie Guillaume, députée européenne sortante d’Occitanie, en première position femme PS suivie de Nora Mebarek, première fédérale des Bouches du Rhône et élue d’Arles, de Pernelle Richardot, maire-adjointe de Strasbourg, de Karine Gloanec-Maurin, élue du massif central devenue députée européenne en 2018, et encore de Fourough Salami, vice-présidente de la région Bretagne en charge de l’Europe. Peut-être l’élue n’a-t-elle pas non plus assez fait le siège des décideurs du parti ? «J’ai l’impression d’avoir tout donné pour ces élections. Depuis le mois de septembre, j’étais tout le temps sur le terrain, mais sans doute n’ai-je pas fait assez campagne en interne», admet la parlementaire.

 

 

Dans un communiqué, l’élue a annoncé hier démissionner de son rôle de cheffe de délégation. «Je pensais qu’au regard de mon bilan de députée européenne, mon investissement en tant que co-rédactrice du projet, je pouvais prétendre être en position éligible sur la liste de 2019. Mon parti a  jugé que je ne méritais pas de concourir en position éligible, je considère donc qu’il ne porte pas la même appréciation de mon bilan. Il semble que la promesse du congrès de ne plus prendre en compte les très anciennes allégeances aux très anciennes sous sensibilités n’a pas été tenue, pas plus que celles de prendre en compte l’investissement et le travail. Je tire donc les conséquences de la vision qu’a mon parti, de mon travail au Parlement européen en quittant la présidence de la délégation socialiste.»

La députée européenne indique toutefois qu’elle ira au bout de son mandat.

«Je suis très surpris par cette liste et je ne comprends pas qu’on maltraite la présidente de la délégation socialiste européenne dont tout le monde s’accorde sur le fait qu’elle a fait du bon travail, ce qu’a reconnu lui-même Olivier Faure en lui confiant l’élaboration du programme avec Boris Vallaud. Je voterai contre cette liste. Je trouve par ailleurs scandaleux que soit présentée la liste en conférence de presse alors qu’elle n’a pas encore été ratifiée officiellement par le vote des militants», réagit Jonathan Kienzlen, premier fédéral PS du Val-de-Marne.

Dans un communiqué publié ce mardi soir, le PS de Villejuif a tenu à «saluer» le travail de leur députée européenne et demandé à Olivier Faure de la reconnaître comme un atout essentiel dans la liste commune. «L’Europe est un combat bien trop important pour se priver, à un moment aussi crucial de notre histoire, de ses représentants les plus engagés», plaident les militants.

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