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Droit de retrait au lycée à Champigny-sur-Marne: le gaz lacrymo de trop

Droit de retrait au lycée à Champigny-sur-Marne: le gaz lacrymo de trop
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Vendredi 8 novembre après-midi au lycée Langevin Wallon de Champigny-sur-Marne. En milieu d’un cours d’Espagnol, on toque à la porte, la professeure va ouvrir et se retrouve aspergée de gaz lacrymogène (photo), tout comme les élèves situés au premier rang.

Surpris et momentanément aveuglés par le gaz, élèves et professeure ne peuvent identifier l’auteur de ce geste qui s’enfuit dans le couloir. Un incident de trop qui a cette fois déclenché le droit de retrait de l’équipe enseignante. Aucun cours n’a eu lieu ce mardi 12 novembre et le droit de retrait a été renouvelé ce mercredi.

« Cette agression, particulièrement alarmante, s’inscrit dans un climat passablement dégradé et fait suite à divers incidents du même type ces derniers jours ( « gazages » d’élèves dans les couloirs, altercations en salle de cours, comportements déplacés à l’égard des enseignants…) », motivent les personnels, réunis en AG.

Pour l’équipe, l’agression de ce vendredi est une conséquence de la diminution des moyens accordés à l’établissement depuis que les lycées ont été sortis de l’éducation prioritaire en 2016. « Avant, nous étions classés en prévention violence, ce qui impliquait un plafonnement des classes pro à 24 élèves et des générales à 30 élèves. Il y avait aussi plus de surveillants », constate Jean-Matthias Fleury, enseignant et secrétaire du Snes- Fsu au lycée Langevin wallon.

 

 

« Notre lycée est au croisement de nombreuses difficultés et le climat de violence qui peut s’y développer a été identifié depuis longtemps. Il accueille un public souvent moins favorisé qu’ailleurs et recrute des jeunes issus de différents quartiers de Champigny et des communes voisines souvent en conflit », rappelle pourtant l’équipe enseignante. Règlements de comptes entre bande du Bois L’Abbé et des Hautes Noues (Villiers) ou des Mordacs traversent l’enceinte du lycée qui recrute notamment dans ces trois quartiers sensibles.

Au-delà des classes plus importantes et de la diminution du nombre de surveillants alors que l’établissement est configuré en quatre bâtiments séparés avec des centaines de mètres de couloirs à surveiller, l’équipe dénonce également l’insuffisance de l’équipe administrative. « Il manque de l’administration pour que tout le monde soit informé et puisse suivre les sanctions aux élèves par exemple », indique le délégué syndical.

Tous les professeurs ne sont pas non plus remplacés, notamment en lettres, histoire, physique-chimie.

« Depuis la suppression des moyens liés à la prévention-violence en 2016, nous avons alerté le rectorat à de nombreuses reprises sur la dégradation du climat et des conditions d’enseignement pour les élèves comme pour les collègues.  Exercice de notre droit de retrait, courriers à répétition, demandes de créations de postes… la plupart de nos demandes sont restées sans réponse concrète à la hauteur des besoins. Aujourd’hui, une fois de plus, ce sont les élèves et les collègues qui paient la facture de l’absence de moyens et de volonté du ministère concernant les lycées en éducation prioritaire », poursuit l’équipe enseignante dans son communiqué expliquant l’exercice de son droit de retrait.

Ce mardi, la directrice d’académie, Guylène Mouquet-Burtin, s’est rendue au chevet de l’équipe. « Elle nous a assuré de son soutien et s’est engagée à revenir vers nous ce mercredi », indique l’enseignant. En l’attente de ce retour, l’équipe n’a pas prévu d’aller demander audience au rectorat mais a maintenu son droit de retrait.

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