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Initiative | Accueil Val de Marne (94) Villiers-sur-Marne | 27/11
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A Villiers-sur-Marne, l’auto-école sociale d’Emmaüs Synergie montre la voie

A Villiers-sur-Marne, l’auto-école sociale d’Emmaüs Synergie montre la voie
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Ouverte il y a deux mois à Villiers-sur-Marne, la première auto-école sociale du Val-de-Marne fondée par Emmaüs Synergie était inaugurée ce 26 novembre. 7 inscrits sur 17 y ont déjà obtenu leur permis moyennant… 400 euros.

« J’ai déjà eu mon permis quand j’étais jeune, c’était il y a une vingtaine d’années, quand je faisais mon service militaire en Guyane. Et puis je l’ai perdu. Aujourd’hui, j’en ai besoin pour mon travail », témoigne Michel, 47 ans, qui travaille pour les espaces verts de Villiers-sur-Marne. Objectif de l’auto-école sociale : proposer des tarifs au plancher pour les publics éloignés de l’emploie et à faibles ressources : jeunes sans qualification, sans diplôme, bénéficiaires du RSA, chômeurs de longue durée, nouveaux arrivants, parents isolés…. « Le profil type des personnes qu’on reçoit viennent de Villiers-sur-Marne ou des environs. Ce-sont les éducateurs du coin ou les missions locales qui nous les envoient », explique Lahcen Boukhenaïssi, fondateur cette auto-école sociale avec Emmaüs Synergie. « Pour les personnes en réinsertion, passer le permis relève souvent la double peine car ce sésame est crucial pour eux mais coûte trop cher. C’est important pour leur insertion professionnelle mais aussi leur développement personnel car une personne sans permis est stigmatisée », souligne Raymond Le Deun, préfet du Val-de-Marne, venu inaugurer cette école cofinancée par l’Etat, le Conseil départemental, le territoire Paris-Est-Marne-et-Bois et Emmaüs.

Un coup de pouce qui permet de passer de près d’environ 1500 euros à 400 euros tout compris !

Lahcen Boukhenaissi, directeur d’Emmaüs synergie, a déjà rodé le concept à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), et en Guyane. C’est l’arrêté du 8 février 2001 qui définit le statut de ces écoles spéciales. Deux groupes de 15 personnes sont constitués par niveau avec le matin des sessions de code et l’après-midi des heures de conduites.

 

 

Au-delà du permis, un suivi personnalisé pour gagner en confiance

La mission de l’auto-école sociale ne s’arrête pas là puisque une chargée d’insertion sociale et professionnelle accompagne chaque bénéficiaire sur 12 mois avec 3 rendez-vous et suivis mensuels. « Dans une auto-école commerciale dans la salle vous êtes à 20 pour regarder le DVD du code, sans aucune présence humaine alors qu’ici vous avez quelqu’un qui vous aide », apprécie le préfet. Les cours sont personnalisés pour s’adapter au profil et au niveau de chaque personne. « Certains n’ont pas un bon niveau de français alors je m’adapte en utilisant un vocabulaire simplifié ou des schémas. Dans les questions de code, certains ont réussi à assimiler les nuances de la langue, c’est le cas d’une femme qui parlait à peine le français et qui maintenant prend la parole pendant la session et est capable d’argumenter. C’est ce qui m’intéresse le plus dans ce que je fais, les voir évoluer et prendre confiance », s’enthousiasme Marc, 55 ans, le seul moniteur de l’auto-école qui a suivi au préalable un an de formation financée par Emmaüs Synergie.

Un beau projet mais pour 30 personnes

« Il n’y a aucune concurrence avec les auto-écoles commerciales car on vise un public particulier et restreint, on ne peut accueillir que 30 personnes et on ne dispose que d’une voiture et un moniteur », rappelle Lahcen Boukhenaissi. De quoi faire abonder le maire de Villiers-sur-Marne, Jacques-Alain Bénisti (LR), lequel souligne les problèmes de financement que rencontrent ces projets sociaux pour se développer. A défaut de pouvoir disposer de répliques rapidement partout, le préfet propose de financer un simulateur de conduite pour aider les candidats à prendre confiance et réduire les heures de conduites nécessaires. Autre requête du directeur et du moniteur : une aide pour acheter une voiture automatique, « l’avenir de la voiture » selon Lahcen Boukhenaissi. C’est l’établissement public du territoire qui pourrait s’en charger « a priori cela ne pose pas de problème car on mutualise le coût entre 13 communes », explique un responsable du territoire.

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