Société | Chennevières-sur-Marne | 06/05
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Émoi à Chennevières-sur-Marne après des soupçons d’agression sexuelle à l’école

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Un animateur de 19 ans chargé d'encadrer la pause méridienne des élèves de l'école primaire Jacques Doré à Chennevières-sur-Marne a fait l'objet d'une plainte pour agression sexuelle sur une enfant scolarisée en CP.  Il a été démis de ses fonctions par la municipalité. 

Au brouhaha de la cour de récréation où se retrouvaient les élèves de l’école Jacques Doré après deux semaines de vacances ce lundi, se mêlaient ce matin, de l’autre côté du mur d’enceinte, les interrogations des parents estomaqués après la plainte déposée contre l’animateur. Embauché par la mairie de Chennevières-sur-Marne depuis quelques semaines pour s’occuper des enfants à l’heure de la cantine, ce jeune homme de 19 ans est soupçonné de s’être comporté de manière inappropriée à plusieurs reprises. Une plainte a été déposée par les parents d’une élève de CP pour agression sexuelle. Après avoir rencontré à deux reprises les délégués de parents d’élèves, la municipalité a envoyé un courrier aux parents la semaine dernière pour les informer d’une présomption de faits graves survenus sur des élèves de l’école avant les vacances de Pâques. Ce matin, le maire, Jean-Pierre Barnaud, et plusieurs membres de son équipe, sont venus sur place pour répondre aux questions des parents et tenter de calmer les inquiétudes. «La parole doit se libérer mais nous ne devons pas créer de tension auprès des enfants. La police est chargée de l’enquête, ils ont l’habitude de traiter de tels cas. Ne soyez pas tentés de mener une enquête parallèle parce que cela pourrait faire remonter des faits ou des éléments qui n’ont absolument rien à voir avec cette situation». Un inspecteur de l’éducation nationale s’est également déplacé, notamment pour rencontrer les parents de la jeune fille. «Nous craignions, avec sa famille, qu’elle soit mise en exergue par cette affaire et qu’elle en subisse des conséquences psychologiques. Il faut éviter cela. La réunion que nous organisons demain nous permettra d’analyser la situation globale et de voir s’il y a lieu de monter une cellule psychologique particulière ou si nous devons faire du suivi individuel», indique-t-il.

«On a l’impression que l’on nous demande de nous taire»

Mais pour les parents d’élèves, difficile de faire comme si de rien n’était. Certains avaient donné l’alerte dès la mi-avril, après avoir recueilli les témoignages de leurs enfants expliquant que l’animateur les prenait en photo avec son téléphone portable ou leur donnait des coups avec du matériel. «Un parent a alerté les services le 15 avril; le 16, je leur faisais parvenir des éléments à mon tour pour m’entendre répondre qu’il ne fallait pas stigmatiser l’animateur ni ébruiter les faits et qu’ils allaient s’en occuper», relate une représentante des parents d’élèves. Malgré ses plaintes auprès des services municipaux, la situation n’avait pas été prise au sérieux, déplore-t-elle. «Nous recevons chaque jour une centaine de courriels sur le fonctionnement de nos établissements scolaires. Il n’est pas évident de distinguer des signaux faibles pour anticiper de telles situations», reconnaît le maire qui s’est dit prêt à créer un poste supplémentaire à la direction des affaires scolaires pour remédier à la charge de travail. L’affaire n’a été prise au sérieux qu’à partir du moment où l’enseignante de CP, interpellée par les propos de certains enfants, a adressé un signalement à sa hiérarchie. «Jusqu’où est-ce que cela aurait été si l’équipe enseignante n’était pas intervenue !», se demande une maman. «On a l’impression que l’on nous demande de nous taire. Vendredi dernier, un jour après avoir reçu la lettre, je me suis rendu au commissariat de Chennevières pour déposer plainte et ils ont refusé ! Aujourd’hui nous sommes dans la réaction mais que s’est-il passé avant ? Cela va bientôt faire un mois, nos enfants vont oublier si on ne les interroge pas», interpelle un papa avec son petit dernier dans les bras.

Des emplois compliqués à pourvoir

Au gré des témoignages, il apparaît que ce créneau de moins de deux heures s’apparente davantage à une garderie où les enfants sont livrés à eux-même qu’à un temps d’animation périscolaire. «Il est très difficile de recruter du personnel pour deux heures par jour moyennant environ 200 euros (ndlr, par mois). Pour autant, nous ne recrutons pas n’importe qui ! Nous veillons à ce que les animateurs aient un casier judiciaire vierge et que leur profil corresponde à nos exigences», insiste Jean-Pierre Barnaud. «Il n’y a pas de responsable sur le site. Les 4 animateurs ne sont pas suivis. D’ailleurs, l’une des rares fois où quelqu’un est venu à l’école, ce jeune homme a été réprimandé pour son comportement. Il a même fait l’objet d’un entretien disciplinaire en mairie pour usage abusif de son téléphone», tacle un parent d’élève.

 

 

Après une heure d’échange, élus et parents se sont séparés en se donnant rendez-vous ce mardi 7 mai pour une réunion. «Aujourd’hui, nous souhaitions discuter de façon cordiale pour ne pas perturber la rentrée en sachant que nos enfants étaient juste à côté mais demain, il y aura davantage de tension parce que l’on nous a pris trop longtemps pour des guignols ! Il faudra nous apporter de vraies réponses», prévient la représentante des parents indépendants de l’école Doré.

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