Grands projets | Val de Marne | 24/03
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Enquête publique: Câble A Téléval, 1er téléphérique d’Ile-de-France

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Désenclaver des quartiers enchevêtrés dans des voies ferrées et routes nationales en les reliant en un quart d'heure à une station de métro, tel est l'enjeu du tout premier téléphérique d'Ile-de-France, le Câble A Téléval, qui reliera Créteil (ligne 8) à Villeneuve-Saint-Georges. L'enquête publique commence ce lundi 25 mars jusqu'au samedi 11 mai 2019 inclus, soit pendant 48 jours. Rappel du projet, de ses enjeux et des débats suscités.

Ses cabines capables de transporter chacune 10 personnes relieront le Bois Matar à la station Créteil Pointe du Lac en passant par Valenton et Limeil-Brévannes, traversant à la fois des quartiers déjà peuplés et d’autres en devenir comme la zac Pologne à Villeneuve-Saint-Georges ou Joliot-Curie à Valenton. Survolant ce morceau du sud francilien de 25 à 40 mètres au-dessus du sol, le téléphérique enjambera la plateforme fret ferroviaire, le TGV, les RN 6, RN 406, RD 60 et le relief en plateaux sans autre contrainte que celle de ses 30 pylônes, espacés de 150 mètres chacun. Une liaison directe meilleur marché qu’un métro souterrain, beaucoup trop coûteux au regard de la population concernée : un peu plus de 160 000 habitants dans les quatre villes traversées. Le Câble A Téléval a ainsi été budgété à 132 millions d’euros, pour une capacité de trafic de 2000 voyageurs par heure dans chaque sens, sur un tracé de 4,5 km ponctué de 5 stations (Bois Matar, Emile Combes, Emile Zola, Temps durables, Pointe du lac). Un parcours qui doit être effectué en 17 minutes. Outre le métro à Créteil, les stations sont toutes connectées à des lignes de bus locales. A quand la première cabine ? 2022, si les planètes s’alignent correctement, de l’avis de l’enquête publique au financement jusqu’aux travaux.

Un projet qui fait des émules en Ile-de-France

A l’origine, c’est Limeil-Brévannes qui a commencé à explorer l’idée en 2008, cherchant une alternative financièrement réaliste au prolongement de la ligne 8. Dès 2010, le département porte le projet en l’étendant à Villenueve-Saint-Georges et Valenton. L’Autorité régionale des transports (Ile-de-France Mobilités, ex-Stif), co-financeur et futur exploitant du Câble A Téléval, s’implique à son tour à partir de 2013. Progressivement, ce mode de transport atypique en ville, même s’il existe d’autres exemples, suscite la curiosité et la convoitise de nombre d’autres communes. Aujourd’hui, IDFM étudie une douzaine de liaisons téléphériques, Câble B, C, D dans ou autour de Paris. Voir ci-dessous.

 

 

Un détail à régler : le financement précis des 132 millions d’euros

Le projet complet a été budgété à 132 millions d’euros (120 millions + 12 millions de provisions). Voir détail ci-dessous. Le coût des études préliminaires (3 millions d’euros) est pris en charge à 70% par la Région Ile-de-France (2,1M€) et à 30% par le Conseil Départemental du Val-de-Marne (0,9M€). Le financement de la suite du projet est inscrit dans le CPER 2015-2020. Le document d’enquête publique ne détaille toutefois pas cette partie. Cela fait partie des derniers gros détails à régler. Dans son avis rendu à l’unanimité des élus, le Conseil départemental a demandé d’isoler le coût de l’infrastructure de celui du matériel roulant.

Plébiscite et impatience sauf à Créteil

Très attendu par les habitants des Villeneuve-Saint-Georges, Limeil-Brévannes et Valenton, le projet y est plébiscité. En 2016, la concertation publique initiale sur le projet a donné lieu à plus de 750 avis dont près de 90% d’avis positifs ou très positifs. A Créteil, les avis des habitants étaient aussi positifs à 75%. Voir article. Une pétition lancée par le collectif de soutien Vite le Téléval a également obtenu 4000 signatures. A Créteil en revanche, le sujet fait débat alors qu’un collectif de riverains du quartier des Sarrazins, proche du tracé, s’est inquiété des conséquences de cette proximité. Voir article. A l’automne 2018, l’Autorité environnementale invite également à réduire les impacts visuels et sonores pour les habitations situées à proximité du tracé. Voir article. Dans le tracé final, présenté dans l’enquête publique, la hauteur du téléphérique a été élevée à 40 mètres au niveau des Sarrazins, pour passer au-dessus des immeubles. Si les villes de Limeil, Valenton et Villeneuve ont toutes rendu des avis favorables au projet, Créteil a en revanche voté à l’unanimité contre le tracé qui impliquerait une modification de son PLU. Voir article. La ville avait pourtant refusé un tracé alternatif, passant de l’autre côté de la station de métro, quelques années plus tôt. Interrogé au téléphone quelques jours après ce vote, le maire de la commune, Laurent Cathala (PS) pointait que depuis, des constructions avaient vu le jour, et rappelait l’avis de l’Autorité environnementale sur la question. «Nous avions demandé à ce que le projet tienne compte des projets immobiliers qui se sont concrétisés avec la Maison du Handball», rappelait l’élu, notant aussi qu’il y aura moins d’habitants de Créteil qui iront vers Villeneuve-Saint-Georges que le contraire, tout en reconnaissant que sa commune devait jouer son rôle de ville préfecture. Au-delà de la proximité du téléphérique avec les habitations, auquel le projet a répondu en augmentant la hauteur pour éviter les vis-à-vis, l’élu s’inquiétait aussi d’une mise en sens unique du chemin des Bassins.

Un compromis trouvé pour un avis unanime du département

Un point dont le Conseil départemental a tenu compte dans son avis favorable au projet, voté à l’unanimité des élus présents ce lundi 18 mars, y compris des élus cristoliens. «Le département a pris acte de l’étude réalisée par IDFM, à la demande du Département et suite aux préoccupations exprimées par la riverains, concernant un aménagement paysager situé Chemin des Bassins (RD102) à Créteil. Cette proposition, soumise à enquête publique, ne sera pas réalisée sans accord préalable de la commune de Créteil», est-il écrit noir sur blanc sur la deuxième page de l’avis du département. Un aménagement de la position du département qui a permis cette unanimité, explique Bruno Hélin (PS), vice-président du Conseil départemental et maire-adjoint de Créteil. Voir l’avis rendu par le département : page 1page 2.

Le Rassemblement national dénonce un projet inutile

Reste le Rassemblement national, hostile au projet, qui doit tenir une conférence de presse ce lundi pour détailler son opposition aux nouveaux projets de transport comme le Téléval ou le Grand Paris Express.

«Une alternative indispensable à la voiture»

«Cela fait plus de dix ans que le projet a émergé, c’est beaucoup à l’échelle d’une ville. Il y a des gens qui font des choix à la perspective de l’arrivée de ce mode de transport. Il y a aussi des entreprises. A Limeil-Brévannes par exemple, Sodern (ndlr, la société qui a envoyé un module sur Mars! voir article) attend le téléphérique avec impatience pour l’accès au site de ses salariés. Ce projet constitue une alternative à la voiture nécessaire avec l’instauration de la ZFE (ndlr, zone à faible émission qui interdira l’accès aux voitures les plus polluantes dans certaines villes situées à l’intérieur du périmètre de l’A86, voir article détaillé)», défend au contraire Pierre Garzon (PCF), vice-président du département en charge des transports et administrateur d’IDFM.

Donnez votre avis

L’enquête publique commence ce lundi 25 mars jusqu’au samedi 11 mai 2019 inclus, soit pendant 48 jours. L’intégralité de la documentation autour du projet est disponible en ligne sur le site Câble A Téléval. Un film de présentation est aussi disponible, voir ci-dessous. Il est possible de déposer son avis directement sur Internet : voir la page dédiée (en fonctionnement à partir du 25 mars). Les commissaires enquêteurs assureront aussi des permanences pour rencontrer les riverains qui le souhaitent et recueillir directement leurs avis. Voir le détail des dates de permanences.

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