Municipales | Accueil Val de Marne (94) Fresnes | 07/11
Réagir Par

Fresnes: dernières frasques gastronomiques de J-J Bridey et grand déballage

Fresnes: dernières frasques gastronomiques de J-J Bridey et grand déballage
Publicité

Alors que la Semaf, société d’économie mixte de Fresnes, fait l’objet d’un audit externe commandité par la maire Marie Chavanon, les chers frais de bouche de son ancien président, Jean-Jacques Bridey, continuent de défrayer la chronique.

Le journal Médiapart, qui avait déjà révélé il y a un an l’indélicat cumul d’indemnités de mandats du député marcheur (ex- député-maire PS) Jean-Jacques Bridey, ses somptuaires frais de bouche et sa propension à se les faire rembourser deux fois, a publié ce mercredi un nouvel article revenant plus en détail sur quelques unes de ses additions remboursées par la société d’économie mixte de la ville, la Semaf. Un nouvel épisode qui intervient alors que l’actuelle maire PS de la ville, Marie Chavanon, a fait procéder il y a deux semaines à la fermeture physique de la société afin de la faire auditer, après avoir mis à pied ses deux salariés. De quoi déclencher un gros déballage entre les alliés d’hier, à quelques mois des municipales.

Lire l’article de Médiapart : Affaire Bridey: des centaines de milliers d’euros suspects
Et aussi :
Comment le député LREM J-J Bridey a explosé le plafond d’indemnités d’élu
La Semaf Bamako de Bridey à Fresnes: juste cause et maladresses
A Fresnes, les somptuaires frais de bouche de Jean-Jacques Bridey
Fresnes: les coquettes notes de restaurant du député Bridey remboursées deux fois

Huîtres et champagne après le meeting soutenu par Emmanuel Macron

Dans la masse des notes de frais du parlementaire, il y a un peu de tout, des repas dans le restaurant du coin avec les collaborateurs ou alliés politiques à ceux avec des invités de prestige dans les tables étoilées. « Après le Conseil municipal, nous étions souvent invités au restaurant chinois », se souvient par exemple Philippe Vafiades, conseiller municipal candidat LREM aux municipales de 2020, ajoutant qu’il y avait même parfois des élus de l’opposition. « Oui c’était une habitude, confie une autre personne dans l’entourage de la maire actuelle. Personne ne payait en sortant. Le maire signait la note. »

 

 

Parmi les additions détaillées par Médiapart, le journal en a sélectionné une particulièrement symbolique, celle d’un en-cas huîtres et champagne avec quatorze convives dans une brasserie de Rungis, après un meeting des candidats aux départementales de 2015, Philippe Vafiades et Fabienne Heilbronn, qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, était venu soutenir, le 20 mars. « C’était la première fois qu’un ministre venait nous soutenir. Nous avions loué une Zoé pour aller chercher le ministre afin de ne pas utiliser sa voiture de fonction car c’était un meeting politique », se souvient Philippe Vafiades. Des frais comptabilisés dans les comptes de campagne des deux candidats, mais pas ceux du restaurant, considérés par les candidats comme relevant de la sphère privée. L’addition au MIN de Rungis, d’environ un millier d’euros, sera payée par la Semaf sous la houlette du député-maire. « La venue du ministre de l’Economie était l’occasion de parler des projets d’aménagements de la ville. Il était donc normal que ce repas soit pris en charge par la Semaf », explique Jean-Jacques Bridey, reprenant les arguments confiés à Médiapart. Un dîner de travail à une quinzaine en fin de soirée après un meeting de campagne… Cela tombe sous le sens.

Restos, truffes, alcool, billet d’avion, spa…

Pour l’élu, la société d’économie mixte, majoritairement publique donc, est d’abord une entreprise d’aménagement et doit donc fonctionner avec les us et coutumes de la promotion immobilière et de ses investisseurs. « Lorsque vous allez chercher des financements auprès d’un banquier parisien, vous l’emmenez déjeuner à côté de chez lui et vous payez l’addition. Le résultat, c’est que j’ai redressé les comptes de la Semaf et contribué à ce qu’elle investisse 130 millions d’euros dans la ville », reprend le député marcheur, chiffrant ses frais de réception à 0,85% des recettes de la Semaf (66 millions € en 2017).

Au point de se faire rembourser deux fois l’addition, par la Semaf et par la ville? « J’ai déjà expliqué que c’était une erreur et que j’étais prêt à rembourser », rétorque l’élu, pour qui l’affaire est close. Selon Médiapart, le nombre d’additions remboursées deux fois au restaurant du MIN de Rungis est d’une trentaine rien que sur 2016 et 2017, pour un montant de 4 807 euros, et le journal témoigne d’une pratique similaire dès 2013.

Outre les additions de restaurants, la Semaf rembourse aussi des truffes fraîches, des caisses d’alcool, ou encore des voyages, comme un Paris-Bamako, dans le cadre des voyages du député au Mali pour suivre les avancées de l’orphelinat développé par la Semaf Bamako, une association sans lien juridique avec la Semaf mais en partie financée par elle et d’autres mécènes – pour certains en affaire avec la Semaf.
Lire à ce sujet notre article sur l’histoire de ce projet et son aboutissement :
La Semaf Bamako de Bridey à Fresnes: juste cause et maladresses

Mise à pied des salariés de la Semaf

Au-delà du président de l’époque de la Semaf, Jean-Jacques Bridey, quelques notes concernent aussi des dépenses effectuées par son directeur général, Branko Borikic, notamment une facture de Spa… Ce dernier a été mis à pied mi-octobre.

Après avoir fait un signalement à la procureure de la République en septembre, dans le cadre de l’article 40 du code pénal (qui stipule que toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs), la maire a en effet décidé de faire le ménage à la Semaf et mis à pied ses deux salariés, puis empêché l’accès aux bureaux afin de faire auditer la société d’économie mixte. Un audit actuellement mené par le cabinet Abergel et associés.

L’opposition réclame une commission d’enquête municipale

Vice-président de la Semaf, Jean-Jacques Um, ancien premier adjoint, a de son côté dénoncé cette procédure sur sa page Facebook, estimant que l’argument de l’audit était « fallacieux » et voyant dans cette décision les conséquences d’un désaccord de la maire et présidente de la Semaf, avec les salariés, à propos du projet suspendu du Moulin de Berny.

« Bien-sûr qu’il y a des montants qui me posent question dans cette affaire, mais cela fait des mois que nous réclamons une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur la gouvernance et la Semaf. Or, pour l’instant, la maire ne le souhaite pas », attaque de son côté Philippe Vafiades, rappelant que la maire fut aussi présidente de la Semaf de 2004 à 2008, et à nouveau aujourd’hui. « C’est totalement faux! La demande de commission d’enquête est sortie du chapeau au moment de l’audit », réagit-on dans l’entourage de la maire, fustigeant également les prises de position du vice-président de la Semaf. La maire, elle, ne souhaite plus s’exprimer publiquement, en raison de la « délicatesse du dossier », renvoyant à son avocat. De chaque côté, on laisse entendre que d’autres dossiers sont encore à venir, de quoi laisser augurer d’un grand déballage durant la campagne.

Conseil d’administration de la Semaf ce 7 novembre

Ce jeudi 7 novembre, un conseil d’administration de la Semaf a été convoqué afin d’informer les parties prenantes de la situation et répondre à leurs questions.

Des casseroles qui s’empilent

Côté judiciaire, Jean-Jacques Bridey cumule désormais deux enquêtes préliminaires du Parquet national financier, l’une liée au dépassement de son plafond légal d’indemnités, l’autre pour des possibles faits de détournement de fonds publics liés à un usage illicite de ses indemnités représentatives de frais de mandat (IRFM) de député (voir article du Monde). A ceci s’ajoute le signalement à la Procureure de la République effectué par la maire mi-septembre et encore un signalement d’Anticor courant 2008 concernant ses frais de bouche. Malgré cette batterie de cuisine à ses trousses, le député affiche une sérénité à toute épreuve, rappelant que ni la Cour des comptes ni l’Urssaf n’ont épinglé la Semaf. « Je n’ai aucune raison de démissionner. »

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF
9 commentaires pour Fresnes: dernières frasques gastronomiques de J-J Bridey et grand déballage
Ajouter une photo

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi