Débat public | Mandres-les-Roses | 05/02
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Grand débat national: Gérald Darmanin face au peuple à Mandres-les-Roses

Grand débat national: Gérald Darmanin face au peuple à Mandres-les-Roses
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La première réunion du grand débat national sur le Plateau briard a fait salle comble ce lundi à Mandres-les-Roses, avec en guest-star le ministre du Budget, Gérald Darmanin, invité par le député LREM Laurent Saint-Martin qui co-organisait le débat avec les maires des villes du plateau briard. Pendant près de trois heures, les habitants ont fait part de leurs états d'âme par rapport à la politique menée par le gouvernement.

Après une première interpellation à chaud à propos du collège Simone Veil fermé pour cause de faiblesse structurelle (voir article détaillé), le débat s’est rapidement orienté vers le déficit public, occasion d’une tribune pour le ministre qui ne se fait pas prier pour défendre son point de vue, commençant par détailler la facture du modèle social français. « Sur 10 euros de dépenses publiques, 7 vont au social. Alors quand des responsables politiques expliquent qu’ils veulent réduire le déficit public sans toucher aux dépenses sociales, ils vous racontent des carabistouilles ! Si l’on ne fait pas de choix politique comme ça été le cas ces 40 dernières années, alors on fâche tout le monde. Dans d’autres pays, ils ont choisi de se passer d’une télévision publique, de la fonction publique, de privatiser les retraites ou de faire payer des services publics ou de supprimer des échelons territoriaux. En Belgique, ils ont imposé des regroupements de communes », argumente le ministre, venu défendre ses positions.

« Imaginez que tous les Français, dans un élan de solidarité comme cela se passe dans les grandes crises, disent qu’ils sont d’accord pour résorber la dette. Nous repartirions à zéro, nous économiserions les frais de la dette dont le tiers par à l’étranger. Cela résoudrait le problème ? », suggère un participant. « Et puis, pourquoi considérer les retraites comme une dépense alors que c’est une dette générationnelle que nous devons à nos aînés ? », interroge-t-il. « Une fois que vous dites ça, vous avez mis la salle dans votre poche mais cela ne règle pas le problème budgétaire du pays. Venez expliquer ça aux gens qui nous prêtent de l’argent, que c’est pas une dépense mais une dette générationnelle. Je ne discute pas tous les jours avec l’abbé Pierre ! », répond le ministre.

Le public l’interpelle également sur la fiscalité avec la CSG, la TVA. Certains réclament une égalité de traitement des fonctionnaires et du privé. Des participants font appel à des thèmes plus techniques, évoquant la distinction entre banque de détail et banque d’investissement. Le modérateur passe à plusieurs reprise devant l’unique participant de la soirée à être venu avec un gilet jaune sur l’épaule. Ce dernier tente d’avoir la parole depuis le début de la soirée sans succès. Alors, il se saisit de son gilet, qu’il finit par enfiler. « Peut-être qu’ils finiront par me voir comme ça ! », s’indigne-t-il. « Si on est là ce soir c’est parce qu’il y a des milliers de personnes qui sont tous les jours dans la rue depuis douze semaines. (…) Aujourd’hui, on a une politique qui ne correspond pas à ce qu’on attendait. Il y a 75% de Français qui ne sont pas d’accord avec votre politique mais ça ne nous empêche pas de vouloir avancer. J’ai vécu dans un bidonville à Gentilly avec mes 8 frères et sœurs à notre arrivée d’Italie, aujourd’hui nous avons tous un travail. Tout le monde peut s’en sortir, nous n’attendons pas des aides, nous demandons simplement de pouvoir vivre du fruit de notre travail. Nous, on est tous d’accord de payer des impôts, c’est nécessaire pour avoir des soins gratuits, des écoles et des routes, mais faites nous payer en fonction de ce que l’on gagne, là vous faites des cadeaux aux riches comme avec le CICE », adresse ce retraité au ministre. « Souvent, les politiques pensent qu’à partir du moment où ils sont élus, ils doivent faire appliquer leur programme électoral. Ce débat nous prouve que nous faisons erreur. La décision politique doit être sans cesse remise au niveau de ceux qui les subissent pour voir si nous allons dans la bonne ou la mauvaise décision. Il faut que nous fassions preuve au quotidien d’humilité et d’écoute », reconnaît le ministre.

 

 

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