Urbanisme | Joinville-le-Pont | 07/05
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Joinville-le-Pont : le devenir des délaissés de l’autoroute A4-A86 divise

Joinville-le-Pont : le devenir des délaissés de l’autoroute A4-A86 divise
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Que faut-il faire des friches boisées de bord de Marne situées rive droite et rive gauche, à proximité du pont autoroutier de l'A4-A86 ? Des pavillons, des immeubles, un parking, un foyer pour les personnes sans domicile, des tiers-lieux, de la vigne pour faire du petit vin blanc ?  

Alors que l’enquête publique de modification du PLU vient de s’achever, les contributions ont varié et suscité la controverse, contribuant même à l’exclusion de l’élu socialiste Jean-François Clair de l’Association de sauvegarde de l’environnement de Polangis (Asep). Cette friche verte, qui avait été réservée au temps du tout automobile, dans une perspective d’élargissement de l’autoroute, a été en partie rachetée par la ville et fait l’objet d’une Opération d’aménagement et de programmation (OAP n°3) dans le nouveau PLU. Côté rive droite, juste après la rue Nouvelle, l’OAP prévoit à la fois des pavillons rue Nouvelle, pour recréer la rangée en face de celle existante, et un parking pour compléter l’offre de stationnement du quartier.  «D’ici la fin de l’été, la voirie sera entièrement refaite avec la relocalisation de toutes les places de stationnement côté logement et la plantation d’une centaine d’arbres. Nous prévoyons ensuite de créer un parking public de 50 places en face de la péniche du Lapin Vert. Concernant les pavillons, il s’agira de 7 à 9 maisons individuelles rue Nouvelle», précise le maire, Olivier Dosne (LR).

Elu PS de la ville, tête liste aux dernières municipales, Jean-François Clair voit les choses autrement et l’a fait savoir. «L’ajout d’un parc de stationnement zone UNa quai de la Marne ne servira qu’aux véhicules de passage ou aux personnes allant prendre le RER étant donné qu’il y a possibilité de rejoindre le RER de Joinville par le passage de la Marne et de Nogent en coupant par la butte (avenue Roosevelt Nogent). D’autre part, les us et coutumes font que les personnes possédant des véhicules les laissent dans les rues au lieu de les mettre dans leur garage ou dans leur propriété. Il faut aussi noter que des garages ont changé de destination et ont été transformés en pièce à vivre», lâche l’élu dans sa contribution à l’enquête publique. L’élu suggère de supprimer le projet de parking et de passer le quartier en stationnement résidentiel tout en obligeant les futurs pavillons à disposer de trois places de stationnement chacun. Quant aux constructions, il propose, non pas des pavillons mais la conservation de la zone boisée existante en l’aménageant en accueil des gens du voyage ou en construisant un centre d’accueil pour les sans domicile ou les plus défavorisés, de manière mutualisée avec le territoire, ou encore une résidence de jeunes travailleurs ou d’étudiants.

Sur la rive gauche de la Marne, côté quartier Polangis, la friche est plus étendue et la commune a déjà profité de l’exposition sud des coteaux pour y planter des pieds de vigne l’année dernière. «Nous ne souhaitons pas construire sur ce secteur, en dehors peut-être d’un ou deux pavillons. Il pourrait aussi y avoir des jardins partagés et nous prévoyons d’agrandir le skate park et de créer un vrai dépôt municipal pour le sel et le sable», précise le maire.  «Au lieu de construire des pavillons il serait plus utile de construire des logements de faible hauteur (R+1 ou R+2) ou d’aménager cette zone en parc de promenade touristique et lieu sportif compte tenu de la proximité des guinguettes. On a la chance d’avoir encore une zone non construite pouvant être aménagée différemment pour préserver la nature (faune et flore). La ville de Maisons-Alfort a aménagé les terrains situés sous l’autoroute. On doit pouvoir faire la même chose», oppose Jean-François Clair dans sa contribution.

 

 

Des remarques laissées à titre personnel mais publiquement, qui ont conduit l’Asep à signifier à Jean-François Clair son congé de l’association. Dans un courrier adressé à l’ancien adhérent, l’association rappelle que son objet est notamment la préservation du caractère résidentiel, la conservation de la vocation d’habitations basses avec jardin et la protection des espaces verts. Un positionnement non compatible avec la préconisation de construire des immeubles R+l ou R+2 à la place des pavillons. La proposition de supprimer le parking agace également l’association «alors que ce quartier manque cruellement de places de stationnement», insiste son président, Michel Riousset, dans son courrier à l’élu. Quant à la proposition d’une zone d’accueil pour les gens du voyage ou la construction d’un centre d’accueil mutualisé pour les SDF et les plus défavorisés, sans avoir eu l’avis des riverains,  elle n’arrange pas le contentieux. «Nous comprenons donc maintenant les raisons pour lesquelles vous n’avez pas réadhéré à l’ASEP pour 2019. Par contre, s’il ne s’agissait que d’un simple « oubli », sachez que nous serions obligés de refuser cette ré-adhésion pour toutes les raisons expliquées ci-dessus, et ce dans le respect de nos statuts», conclut le président de l’Asep. «Je pensais effectivement m’acquitter de mon adhésion lors de la prochaine AG», indique Jean-François Clair, qui reste étonné de son exclusion pour une prise de position «personnelle.»

Du côté de Génération Joinville, le mouvement politique local porté par Tony Renucci (ex PS) pour conquérir la ville aux municipales de 2020, et dont Jean-François Clair est membre fondateur, la contribution à l’enquête publique n’est pas non plus très compatible avec celle de l’élu socialiste qui se situe même en deçà de ce que prévoit le PLU concernant les constructions. «La proximité des futurs logements avec l’A86 n’est pas pertinente, d’autant plus que les vents dominants vont rabattre bruit et pollution vers ces logements. Nous proposons de revoir cette orientation programmatique en favorisant plutôt des occupations intermittentes, telles que des jardins ouvriers, une ferme urbaine, des locaux d’activité ou des projets de tiers lieux participatifs», suggère le mouvement. Sur la rive gauche, côté Polangis, Génération Joinville ne souhaite pas non plus de logements pour les mêmes raisons et propose de développer l’agriculture urbaine ou un parc linéaire faisant la jonction avec le parc du Tremblay.

Si l’Asep, qui n’a pas vocation à participer aux municipales, a tranché clairement pour réaffirmer son objet, Génération Joinville préfère se poser en rassembleur, même s’il n’y a pas de consensus entre ses membres. «Effectivement, la contribution est différente mais il y a des pistes qui peuvent être étudiées», propose Tony Renucci, dont la précampagne s’appuie sur des ateliers qui recensent les avis de chacun pour co-construire, mais qui devra un moment trancher pour élaborer un programme précis, évitant d’associer des positions contradictoires.  Une clarification que Jean-François Clair estime désormais nécessaire.

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