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Entreprises | Val de Marne | 04/02
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La CCI du Val-de-Marne réinvente son modèle économique

La CCI du Val-de-Marne réinvente son modèle économique
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Confrontée à une diminution de ses moyens financiers comme toutes les Chambres de commerce, la CCI du Val-de-Marne a repensé son modèle économique pour continuer à accompagner le développement des entreprises avec des dispositifs innovants en s’entourant de partenaires. 

Avec une diminution de 100 millions d’euros sur les quatre prochaines années au niveau national (liée à une baisse de la taxe pour frais de Chambre redevable par les entreprises) représentant au niveau départemental l’équivalent de 20% des recettes annuelles en moins, la CCI a dû complètement se repenser. Pour cette institution, ce n’est toutefois pas la première fois qu’il faut faire face. 1000 postes avaient ainsi été supprimés à l’échelle régionale sur 2016-2017. «Nous devons développer un nouveau modèle économique mais je suis confiant», motive Gérard Delmas, président de la CCI du Val-de-Marne, à l’occasion d’un déjeuner de presse ce mercredi 30 janvier.

S’il n’est pas question de renoncer aux nouveaux dispositifs pour accompagner telle ou telle étape du développement des entreprises, la Chambre se pense aujourd’hui davantage comme un incubateur de solutions, en charge d’en développer l’ingénierie, de l’amorcer, de l’évaluer, puis de chercher des partenaires pour la porter ensuite de manière pérenne.

Ainsi en est-il du Club starters 94, destiné à aider les jeunes entreprises à s’insérer avant qu’elles intègrent un club d’entreprises. Lancé en décembre 2018, ce nouveau dispositif compte à ce jour 50 inscrits et en vise 250. Il propose un soutien à la professionnalisation grâce à des ateliers de formation et vise aussi à montrer l’importance du réseau et du partage d’expérience avec par exemple des réunions « crash-test des idées », en compagnie d’entrepreneurs plus aguerris, afin de permettre aux créateurs de confronter leurs projets et de se nourrir des conseils et du vécu de leurs pairs. «Les élus de la CCI sont tous des entrepreneurs et sont donc à même de comprendre. On peut oser leur poser ses questions librement», encourage Sally Bennacer, cheffe de l’entreprise d’aménagement intérieur Art and Blind et élue à la Chambre. Le premier rendez-vous se tiendra le 22 février. Pour réseauter toujours, dans la joie et la bonne humeur, le Club Starters 94 s’appuiera aussi sur des réunions informelles dans des bars et restaurants sympas du département, dans le cadre de clubs fun and work. Destiné aux entreprises de moins de deux ans, ce nouveau Club est facturé 90 euros aux dirigeants et est gratuit pour ceux qui ont déjà acheté une prestation à la CCI en 2018. Pour financer dans le temps cette prestation, la CCI a décidé de chercher des sponsors. «Nous développons l’autofinancement de la Chambre», explique Gérard Delmas.

Il s’agit aussi de trouver des mécènes pour prolonger les financements initiaux de la Commission européenne sur certains projets. Si l’Europe reste un partenaire,  avec par exemple la participation du Fonds social européen (FSE) au lancement du club Agroalia qui fédère les entreprises de l’agroalimentaire, les programmes initiés avec cet appui ont trouvé des partenaires pour se pérenniser. C’est le cas du programme ExcEllence, qui s’est transformé aujourd’hui en Sup ExcEllence. Ce dispositif d’accompagnement des femmes entrepreneuses est désormais financé à plus de 80% par des entreprises sponsors à l’instar de Air France Hop, Docapost, Ratp…

Se concentrer sur l’ingénierie et la mise en relation avec des partenaires, tel est aussi le rôle de la Chambre dans le fonds de financement qu’elle a lancé il y a deux ans et qui a déjà permis de financer directement des entreprises du Val-de-Marne à hauteur de 2 millions d’euros. Pour ce faire, le dispositif s’appuie sur un collège de partenaires financeurs, banques, investisseurs, plates-formes de crowd-funding, de crowd-landing… à qui la CCI présente deux fois par mois des dossiers d’entreprise qualifiés, après les avoir travaillé en amont avec les porteurs de projets. 42 dossiers ont été traités depuis le lancement du fond dont 24 dont donné lieu à un financement. Objectif 2019 : doubler le fond. «Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait pas que les jeunes qui avaient besoin de financement», constate Didier Rauch, président du groupe de conseil Avera, élu à la Chambre. Pour les entreprises, ce financement sert de levier pour lever d’autres fonds.

Au niveau régional, la CCI Paris IDF travaille aussi dans cet esprit d’association. Dès 2008, elle a du reste fusionné ses activités congrès-expositions avec Unibail pour monter en puissance et, alors que la Chambre régionale compte 19 écoles, une structure indépendante a été créée pour porter HEC, en partenariat avec de nouveaux actionnaires. Une méthode qui pourrait être répliquée avec d’autres écoles. «Une entreprise comme la Semmaris (qui gère le MIN de Rungis) pourrait être associée à l’école Ferrandi par exemple, cela aurait tout son sens», projette Gérard Delmas.

En parallèle, la Chambre poursuit son ancrage territorial, travaillant avec les villes sur des problématiques comme le commerce ou avec les nouveaux EPT (établissements publics territoriaux de la métropole de Paris), de la préfiguration du volet économique des futurs PLUI (Plan locaux d’urbanisme intercommunaux) aux études socio-économiques en passant par l’animation de leurs clubs d’entreprises. Avec Paris Est Marne et Bois par exemple, elle a lancé l’an dernier le programme Coaxion pour aider les clubs d’entreprise du territoire à se développer, se structurer et se connaître les uns les autres. «Lors de la soirée Interclubs organisée en décembre, une dizaine de clubs de ce territoire ont fait venir leurs adhérents et il y avait près de 300 personnes. Il y a un besoin et une volonté des petites entreprises de se réunir», témoigne Frédéric Lamprecht, dirigeant de la société de production Mjam Prod et élu à Chambre. Un deuxième territoire devrait suivre.

Un ancrage territorial qui passe aussi par les quartiers politique de la ville où la CCI du Val-de-Marne a décidé de travailler en particulier dans le cadre d’un nouveau projet : les piscines entrepreneuriales. «Nous allons créer 24 piscines dans le Val-de-Marne dans les 18 mois», explique Géraldine Frobert, directrice de la CCI 94. Au programme : 24 petits bains pour expliquer le monde de l’entreprise, ses usages, la manière de se présenter… puis 3 grands bains pour ceux qui souhaitent s’immerger dans un projet entrepreneurial et enfin le plongeoir qui accompagnera les dix projets les plus aboutis. Pour lancer ce nouveau dispositif, la CCI a suivi sa même logique partenariale, en répondant à un appel à projets politique de la ville, en sollicitant les collectivités locales, le Fonds social européen et d’autres sponsors privés ou partenaires comme le Face 94 ou l’Ecole de la 2ème chance. L’objectif, une fois le financement bouclé, est de lancer cet accompagnement au dernier trimestre 2019.

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