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Travaux | Accueil Val de Marne (94) Orly | 28/08
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Les travaux de la piste 3 de l’aéroport d’Orly font heureux et malheureux

Les travaux de la piste 3 de l’aéroport d’Orly font heureux et malheureux © Fb
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Depuis le 29 juillet et jusqu’au 1er décembre, la réfection de la piste 3 de l’aéroport d’Orly fait emprunter aux avions des trajectoires inhabituelles, occasionnant un répit inespéré à certains, qui aimeraient le voir prolonger… tandis que de nouvelles populations survolées fulminent.

Depuis son pavillon perché sur le plateau de Villeneuve-Saint-Georges, Serge dispose d’une vue imprenable sur le sud parisien. D’habitude, les contemplations de ce panorama unique sont interrompues à intervalles régulier par le vacarme assourdissant des avions qui passent au-dessus de chez lui.

Nous n’avions jamais mangé le midi à l’extérieur!

Mais depuis le 29 juillet et le début des travaux sur la piste 3 de l’aéroport d’Orly, située à quelques kilomètres seulement de distance, et le déport des avions sur la piste 4, ce Villeneuvois pur jus a redécouvert un confort de vie insoupçonné. «Il y a quelques semaines, en pleine canicule, il nous était impossible d’ouvrir les fenêtres, autrement nous n’aurions pas été capable de nous entendre discuter. Nous nous sommes surpris à ne plus avoir besoin de monter le volume de la télévision! Nous n’avions jamais mangé le midi à l’extérieur. Désormais j’entends les trains à la gare de Triage, les voisins qui bricolent, ce sont des bruits que je n’entendais pas jusqu’à présent.»

Dans son voisinage, ce changement de piste fait l’unanimité. Sauf que cela ne durera pas toujours, et Serge anticipe déjà la suite, qui lit sur les réseaux sociaux les témoignages d’habitants se retrouvant sous le nouveau passage des avions après s’être déshabitués… une sorte de double peine. « Nous vivons cette situation à l’année, alors, puisque cette situation impacte davantage de riverains, c’est certainement le moment d’agir contre ces nuisances. Pourquoi ne pas soulager tout le monde en répartissant le trafic sur les deux pistes une fois que les travaux seront terminés ? », se demande-t-il.

 

 

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Les nouvelles victimes du bruit s’expriment

Partager le fardeau ? Hors de question pour ceux qui se retrouvent désormais sous un flux continuel d’avions et vivent très mal cette situation. Sur les réseaux sociaux, ils ne décolèrent pas. «30 ans que j’habite au calme à Choisy. Depuis 1 mois c’est l’enfer ! Hier soir, je me suis mise à ma fenêtre du 2e étage pour « respirer » et regarder le ciel. J’y ai vu 2 avions successifs qui se suivaient à la queue leuleu, puis soudain mes yeux ont balayé tout l’espace du ciel qui était devant moi, j’y ai vu 6 ou 7 points de phares rouges et jaunes clignotant dans la nuit puis soudain 3 avions de front sur la même ligne horizontale qui avançaient dans les airs. On aurait dit qu’ils se dirigeaient tous dans ma direction en même temps. Ça m’a fait peur, j’ai cru un moment qu’on était en guerre ou dans un film d’anticipation de Luc Besson (le 5e élément ). Je vous assure que j’ai flippé. En plus de la pollution (carburant), du bruit continu, cette présence récurrente dans le ciel est stressante, elle fait peur aux oiseaux mais aussi aux humains comme moi. Hier au décollage certains passaient si près du toit que je me disais: s’ils tombent, ils nous tuent», se lâche Véronique. Certains considèrent également avoir payé pour s’installer dans des zones épargnées par le couloir aérien. D’autres préfèrent au contraire accepter ces quelques mois de nuisances et compatissent plutôt avec «ceux qui ont à subir ça au quotidien».

Du côté des collectivités, qui ont été conviées en amont par Aéroports de Paris (ADP) à des réunions d’information, la plupart d’entre elles se contentent d’orienter leurs riverains vers l’opérateur aéroportuaire. Certains maires ont aussi interpellé la direction du groupe pour faire respecter le couvre-feu comme Sylvain Berrios à Saint-Maur-des-Fossés ou Didier Gonzales à Villeneuve-le-Roi, qui pointe lui les nuisances générées par le chantier.

ADP assure faire le maximum contre les nuisances

Régis Lacote, directeur de la plateforme aéroportuaire d’Orly, indique de son côté que les délais sont tenus pour le moment et que tout est fait pour réduire les nuisances. «Jusqu’à maintenant, nous ne pouvions utiliser que la piste 4 mais nous allons dès à présent pouvoir remettre en service la piste 2 (non praticable par les gros porteurs) avec des mouvements d’avion vers l’Essonne. Pour les populations qui vivent à côté du chantier, la partie la plus bruyante des travaux qui consistait à démolir la piste est terminée», confie le directeur en montrant le chantier. Concernant les demandesd’utilisation alternée des pistes 3 et 4 à l’issue des travaux, le directeur écarte l’hypothèse. «D’une part, il y a une organisation du trafic aérien en Île-de-France qui détermine des trajectoires et des investissements pour insonoriser les populations concernées. Et cela a pris des années. D’autre part, il y a un sujet en matière de sécurité. Les pistes 3 et 4 ne sont pas tout à fait parallèles et si nous les utilisions dans certaines conditions en simultané, il pourrait alors y avoir des risques de croisements…»

Le collectif de riverains DRAPO reste combatif «Ce n’est pas parce que nous sommes en période transitoire que nous ne poursuivons pas le combat contre les nuisances aéroportuaires. D’ailleurs, cette période va déshabituer du bruit les populations riveraines et le retour à la normale va être infernal. Nous remarquons que depuis le début des travaux, grâce à nos mesures, la part des avions gros porteurs est passée de 8,5% à 10% des vols. Les plans d’exposition au bruit sont caduques et doivent être adaptés parce que cette évolution des gros porteurs se traduit par davantage de nuisances sonores et polluantes. Grâce à la grande manifestation du 19 février dernier à Orly, les autorités sont prêtes à nous entendre. Nous pourrions obtenir la suppression des avions hors catégorie, très bruyants qui continuent à se poser alors qu’ils n’en ont pas le droit, ainsi que l’allongement du couvre-feu qui ne démarrerait non plus à 23h30 mais à 23h00», tient pour sa part à rappeler Gérard Bouthier, président du DRAPO, le collectif de défense des riverains de l’aéroport d’Orly. Sur ce point, Régis Lacote précise que la hausse décrite sur la part de gros porteurs dans le trafic n’a pas de lien avec les travaux.

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