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Pôle économique de l’aéroport d’Orly: le défi de l’emploi local

Pôle économique de l’aéroport d’Orly: le défi de l’emploi local © Fb
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Deuxième pôle d’activité d’Île-de-France après la Défense, Orly-Rungis génère plusieurs dizaines de milliers d’emploi grâce à la présence d’Aéroport de Paris (ADP), du MIN de Rungis, de la plate-forme logistique Sogaris ou encore, du centre commercial Belle Épine. Sur place pourtant, la population locale ne profite pas assez de cet essor économique. Ce défi était l’enjeu  ce jeudi 28 mars des Rencontres d’Orly, un cycle d’échanges organisé par ADP avec les Conseils départementaux de l’Essonne et du Val-de-Marne, 

Les entreprises du territoire du Grand Orly l’assurent, elles recrutent ! Air France-KLM, premier employeur de la zone avec 7000 collaborateurs, cherche en permanence du personnel pour ses nombreux métiers. «Depuis 2017, nous avons repris des niveaux d’embauche significatifs et cela va se poursuivre. Dans les métiers de la maintenance, nous recrutons à partir du CAP jusqu’au niveau ingénieur. Nous embauchons également dans les métiers de la relation client et des systèmes d’information. Ces besoins sont pérennes parce que le transport aérien se porte bien et que la pyramide des âges est favorable avec de nombreux futurs départs en retraite», explique Laetitia Niaudeau, directrice emploi, formation et diversité pour la compagnie aérienne.

Mais pour les riverains de l’aéroport qui militent contre les nuisances aériennes, le compte n’y est pas encore. «Ils mettent en avant les milliers d’emplois qui se trouvent sur la zone, encore faut il la rapporter à la surface de l’aéroport. Selon nos calculs, nous arrivons à 18 emplois à l’hectare soit trois points de moins que la moyenne en Val-de-Marne. Sans parler du développement des compagnies low-cost qui ont considérablement réduit leur personnel naviguant», déplore Anne-Michaële Sulic, du collectif DRAPO. 

«Orly est un aéroport en milieu urbain qui a longtemps vécu dans l’ombre de Roissy Charles-de-Gaulle mais qui se remobilise sur les questions de développement économique. Il faut par conséquent que la population locale ait le sentiment que cela lui soit utile. Les entreprises l’ont compris et sont prêtes à s’engager pour cela», assure Pierre Bell-Lloch, vice-président du conseil départemental du Val-de-Marne notamment à l’emploi, la formation, et l’insertion professionnelle.

Pour Aéroports de Paris (ADP) qui ambitionne de faire entrer la ville sur la plateforme aéroportuaire d’Orly en utilisant ses 137 hectares de réserve foncière pour développer des programmes immobiliers, les besoins en ressources humaines seront également importants. «Nous venons de livrer 20 000 m2 de programme d’activité avec 600 chambres d’hôtel et des bureaux. A l’horizon 2025, nous allons ouvrir un nouveau parc de 40 000 m2 d’activité. Entre temps, nous serons reliés à la ligne 14, puis la 18. Pour pouvoir attirer les entreprises chassées de Paris par la densification, il nous faut être en mesure de proposer une panoplie de services (restauration, crèche, salle de sport). Une ville ne fonctionne pas que la journée, il nous faudra du personnel pour la faire tourner en permanence», détaille ainsi Hubert Fontanel, directeur adjoint de l’immobilier d’ADP Orly. Sur les quelques milliers de demandeurs d’emplois que compte le bassin d’Orly-Rungis, 40% sont chômeurs de longue durée et 45% n’ont pas ou peu de qualification (niveau maximum Bep). De quoi répondre à ces enjeux, en théorie.

«Sur le papier, il y a adéquation de l’offre et de la demande»

«Sur le papier, il y a adéquation de l’offre et de la demande. Nos demandeurs d’emplois souhaitent exercer dans les métiers du nettoyage, du magasinage, la livraison, la vente ou la sécurité, des postes qui sont recherchés par les entreprises du secteur. Mais ce-ne-sont pas toujours des emplois à temps plein, il y a parfois des horaires décalés, voire nocturnes, impliquant des difficultés pour se déplacer, faire garder un enfant», explique Jean-Philippe Delcourt, directeur territorial du Pôle Emploi.

«Mettre en place des politiques publiques qui tirent dans le même sens»

«C’est très difficile d’entendre d’un côté des demandeurs d’emploi désespérés de trouver du travail et de l’autre, des entreprises qui peinent à recruter faute de candidats. Il y a un nombre important d’acteurs de l’emploi avec des dispositifs qui parfois se cannibalisent. C’est le cas par exemple des missions locales que l’État subventionne en fonction de critères de performance différents de ceux que nous mettons en valeur au Conseil régional. Des comités de bassins d’emploi ont donc été créés pour permettre aux représentants de l’Etat et de la région de siéger ensemble et de mettre en place des politiques publiques qui tirent dans le même sens. Il existe également l’association Orly International, le DRH de la plateforme aéroportuaire qui met notamment en place des actions et événements pour permettre la rencontre entre les demandeurs d’emplois et les entreprises en demande», détaille Vincent Jeanbrun, maire LR de L’Haÿ-les-Roses et conseiller régional d’Île-de-France délégué à l’emploi, la formation professionnelle et à l’apprentissage.

 

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