Politique | Val de Marne | 17/06
Réagir Par

Municipales 2020 en Val-de-Marne : les maires PCF font leur bilan

Municipales 2020 en Val-de-Marne : les maires PCF font leur bilan © Fb
Publicité

A moins d'un an des élections municipales, l'association des élus communistes et républicains du Val-de-Marne (ADECR 94) a dressé le bilan des maires PCF du département à l'occasion d'une conférence de presse tenue ce vendredi 14 juin.

Après des résultats décevants lors des derniers scrutins nationaux, les communistes mettent le cap sur les municipales. A la tête d’une dizaine de villes du département, le PCF s’appuie sur près de 250 élus municipaux. Le parti compte sur cette implantation locale et sur les bilans de ses édiles pour conserver ses fiefs en 2020. «Nos communes sont des lieux de partage et d’entraide. Ce-sont des laboratoires où l’on expérimente des politiques publiques émancipatrices et écologiques. Nous y créons des solidarités nouvelles et ouvrons de nouveaux droits à l’heure où la société isole l’individu», résume Romain Marchand, secrétaire général de l’ADECR 94 et premier adjoint à la mairie d’Ivry-sur-Seine.

Des politiques en faveur de l’habitat abordable et pour le pouvoir d’achat

Au sein de la Métropole du Grand Paris, que les communistes accusent d’organiser l’exclusion des plus fragiles, les élus mettent en avant leur politique en faveur de l’habitat. Toutes les villes qu’ils gèrent ont un parc de logements sociaux au-dessus du seuil légal de 25% fixé par la loi SRU, et sont candidates pour l’application de l’encadrement des loyers. A Champigny-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine, des chartes promoteurs ont été signées pour permettre une pré-commercialisation à prix maîtrisés des logements en accession à la propriété aux habitants des villes. A Valenton, la municipalité a mis en place un dispositif d’accompagnement pour éviter aux locataires en difficulté des expulsions locatives. «L’enjeu, c’est de maintenir le plus grand nombre de familles populaires aux plus près de Paris, d’où notre volonté de développer des boucliers sociaux comme sur les logements», souligne Fatah Aggoune, maire-ajoint à Gentilly en charge de l’écologie urbaine, des espaces publics et des mobilités.

Parallèlement à la question de l’habitat, les villes ont développé des initiatives pour le pouvoir d’achat. Ainsi, à Villeneuve-Saint-Georges ou Fresnes (ville où les communistes participent en coalition à la gestion), est proposé le programme « j’ai 18 ans et je me soigne ! », qui permet à des centaines de jeunes de bénéficier de consultations médicales gratuites. Les élus PCF mettent également en avant l’application du quotient familial et la distribution de pochettes scolaires aux élèves au moment de la rentrée.

 

 

Loisirs, transition écologique, démocratie participative

Autre point saillant de l’action des élus communistes : des efforts budgétaires pour la promotion de la culture et du sport. Au cours de ce mandat, Ivry-sur-Seine s’est ainsi dotée de son centre d’art dramatique national à la manufacture des Œillets, Bonneuil-sur-Marne ouvre cette année un nouveau d’art et Fontenay-sous-Bois va construire un nouveau théâtre. Côté sport, Vitry-sur-Seine insiste sur son nouveau centre nautique de 6 bassins en 2020. Les élus mettent aussi en avant les séjours d’hiver ou d’été pour les enfants, adolescents et seniors.

Sur la transition écologique, qui devrait occuper une place importante dans la campagne de 2020, les élus défendent aussi leur bilan, citant les réseaux de géothermie, notamment à Chevilly-Larue, les espaces verts dont Champigny-sur-Marne détient le record de m2 par habitants dans le département (15m2) ou encore la station de gaz naturel pour alimenter ses véhicules municipaux à Bonneuil-sur-Marne.

Autre enjeu de campagne : la démocratie participative. Sur cette question, les communes citent les projets de ville et organisation d’assises pour faire émerger les propositions des habitants (« Imagine Villeneuve », « Imagine Vitry », « Les rencontres d’automne » à Bonneuil-sur-Marne, « Cap 2030 » à Gentilly, « Fontenay et moi »,…).

Des efforts déployés malgré des budgets de plus en plus contraints, insistent les élus. «De l’avis des plus anciens, jamais nos collectivités n’ont été soumises à autant de difficultés. Nous avons subi au cours de ses dernières années des attaques successives qui ont asphyxié nos services publics», déplore Romain Marchand. «Aujourd’hui, nous sommes contraints d’organiser dans nos villes la résistance pour le maintien de la justice sociale en essayant d’aider nos populations malgré de moins en moins de moyens financiers», regrette Régis Oberhauser, conseiller municipal délégué à Fresnes.

Abstention, gentrification, alliances…

Alors que le taux d’abstention est particulièrement important dans les villes les plus populaires, les élus locaux n’interprètent pas cette abstention comme un message qui leur est destiné. «Je crois que nos citoyens font une grande différence entre les élus locaux que nous sommes, accessibles, et ceux qui sont loin d’eux. A notre niveau, nous ne faisons pas de promesses que nous ne pouvons pas tenir», défend Sandra Besnier, conseillère municipale déléguée à Bonneuil-sur-Marne. «La participation au débat démocratique ne passe pas uniquement par le vote ! Nous avons des citoyens qui s’expriment sur des sujets d’intérêts divers et qui parfois ne se rendent pas aux urnes. Comment peut-on leur en vouloir après le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel, lors duquel on n’a pas tenu compte de leur voix. Même chose pour ces européennes où le débat s’est polarisé sur l’affrontement Macron-Le Pen. On ne peut pas leur ressortir le coup du vote utile à chaque fois»,  explique Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine.

Lors des prochaines municipales, il faudra également compter sur familles des classes moyennes et supérieures qui ont quitté Paris pour s’installer dans les communes populaires aux portes de la capitale, qui pourraient voter différemment. «On ne fait pas passer de test aux nouveaux habitants pour savoir s’ils vont voter PCF aux élections ! L’arrivée de ces nouvelles populations ne nous fait pas peur. Nos villes ont une longue expérience de ce qu’est l’intégration. Elles se sont construites par des vagues de peuplement. Nous agissons pour éviter de glisser de « cocoland » à « boboland » en nous livrant à une bataille politique pour permettre à nos habitants historiques de rester dans nos villes. Lorsque j’ai dit aux services de l’État que je voulais que nos 400 familles de la cité Gagarine restent à Ivry-sur-Seine, ils ont rigolé. Nous y sommes parvenus !» témoigne Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine.

Reste à réussir les alliances à gauche, y compris avec la France insoumise, qui pèse désormais plus que le PCF dans l’électorat. Sur ce point, Fatah Aggoune insiste sur la nécessité d’ouvrir largement à gauche. Dans la salle, Joël Josso, élu LFI d’opposition à Villeneuve-le-Roi, s’est joint à la réunion des élus, manière de marquer son soutien.

 

Télécharger l'article au format PDF :
Merci de votre lecture !

Nous mettons la plupart de nos articles en ligne gratuitement afin quʼils puissent être lus par tous mais lʼinformation a un coût.

C’est pourquoi, au-delà d’un certain nombre d’articles consultés gratuitement sur une période, nous vous proposons de vous abonner.

Si cet article vous a intéressé, et si vous souhaitez quʼil y a en ait beaucoup dʼautres, vous pouvez aussi contribuer à notre développement et à notre indépendance, soit en vous abonnant, soit en faisant un don, même modeste et ponctuel.

9 commentaires pour Municipales 2020 en Val-de-Marne : les maires PCF font leur bilan
Ajouter une photo

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi