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Politique locale | Joinville-le-Pont | 26/06
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Municipales à Joinville-le-Pont : la majorité vole en éclats

Municipales à Joinville-le-Pont : la majorité vole en éclats
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Huit élus dont trois adjoints et un conseiller délégué ont démissionné avec fracas de la majorité municipale ce mardi soir. Ils constitueront une liste derrière Rémi Decout aux municipales de 2020 (photo).

Sur la trentaine de conseils municipaux de la semaine en cours, un seul se tenait ce mardi 25, qui fut aussi court qu’intense. Dès le début de la séance, huit élus de la majorité municipale ont annoncé leur décision de remettre leurs délégations et créer leur propre groupe… d’opposition. Les élus vont désormais démissionner de leur statut d’adjoint auprès de la préfecture dans les jours qui viennent. Alors que le maire de la ville, Olivier Dosne, n’était pas présent, pour des raisons de santé, le Conseil a été interrompu pour une suspension de séance par son premier adjoint, Jean-Jacques Gressier, avant d’être carrément reporté.

Les huit élus démissionnaires de la majorité sont Rémi Decout, qui était adjoint à la sécurité, Areski Oudjebour, maire-adjoint aux affaires péri-scolaires, Pierre Marchadier, adjoint à la culture, Jean-Marie Platet, délégué au logement et aux affaires patriotiques, Gilles Colrat, chargé de mission CMEJ, Garoline Ruiz, chargée de mission pour le CMEJ, Catherine Meunier, chargée de mission pour la saison culturelle, et Isabelle Serieis.

Si le coup de théâtre s’est produit ce mardi soir, les tensions couvaient depuis déjà un moment et personne n’est vraiment surpris. En février déjà, les mêmes élus avaient demandé de retirer de l’ordre du jour la question du déclassement et de la vente de l’ancienne école du Centre, juste avant la séance, et en mars, des doutes avaient été émis sur la pression fiscale locale, jugée trop importante. Cette fois, c’est justement la question des impôts qui a lancé la fronde, dès le début de la séance, suite à une communication sur la baisse des taxes publiée dans le bulletin municipal. Au-delà, c’est surtout le mode de gouvernance du maire que le nouveau groupe dénonce pour motiver la rupture. «Il n’y a pas de co-construction avec les autres élus et de concertation de l’équipe, mais au contraire de l’ingérence dans nos délégations», témoigne Areski Oudjebour, pour qui la distance a commencé à se creuser il y a deux ans, à l’occasion de l’évolution de la gestion du stationnement (toutes les villes devant à l’époque s’organiser pour municipaliser les modalités de verbalisation). «Il a fallu batailler pour obtenir une concertation avec les habitants, se souvient l’adjoint au périscolaire. Ce soir encore, nous avons vécu en direct la démonstration de ce que nous dénoncions. On a voulu nous empêcher de nous exprimer lors de nos déclarations préalables. Ce n’est pas une attitude démocratique.» 

«Cette accusation est totalement injuste. La porte de mon bureau est toujours ouverte mais les élus qui sont partis ne viennent jamais me voir. Ils sont très peu présents et ne doivent pas s’étonner que l’on finisse par avancer sans eux», réagit le maire, même pas surpris du timing de la scission : le dernier Conseil avant l’été précédant les élections municipales. «Ces élus ont voté tous les budgets et ont signé le bilan des dix ans de mandat, rappelle l’édile. Ce qui me choque particulièrement est qu’ils s’en soient pris à l’administration générale des services de la ville. Cela n’est pas acceptable.» Pour le reste, le maire s’affiche confiant pour défendre son bilan et attaquer sa troisième campagne municipale, rappelant avoir été élu sans appareil, étant à l’époque exclu de l’UMP pour dissidence avant d’être réintégré suite à sa victoire. «Je n’ai pas quitté LR mais je ferai campagne sans me soucier des étiquettes, en défendant les projets pour la ville», insiste l’élu, raillant ceux qui «s’approprient aujourd’hui les propositions travaillées depuis des années  par la majorité en faisant mine d’en être à l’initiative.»

La liste portée par Rémi Decout (Modem), conseiller d’Etat passé par les cabinets ministériels d’Eric besson et François Fillon, compte pour sa part défendre son propre bilan pour faire campagne et vise également les soutiens Modem et LREM. «La procédure est en cours. Localement, nous discutons également avec le groupe d’Olivier Aubry et Michel Laval (EELV)», indique Areski Oudjebour. «Nous sommes ouverts à une liste d’intérêt local permettant de battre le clan Dosne que je ne considère pas comme démocrate mais il n’est pas question en revanche de contribuer à installer le macronisme localement», prévient Michel Laval. «Ce sont en fait pratiquement tous les élus avec lesquels nous arrivions à discuter qui quittent la majorité, réduite à son aile la plus sectaire et droitière», a commenté l’élu sur sa page Facebook.

De son côté, Tony Renucci, qui s’est lancé le plus tôt, dès janvier 2018, en créant son mouvement Génération Joinville, continue de creuser son sillon en multipliant les ateliers thématiques en ville et a confirmé encore la semaine dernière, lors d’un barbecue de fin d’année, la présence de la liste GJ en 2020. L’ex-PS indique pour sa part ne rechercher aucune étiquette pour partir, misant résolument sur une liste citoyenne.

«Il y a longtemps que les frondeurs auraient dû quitter la majorité. Ils ont voté toutes les délibérations qu’ils critiquent aujourd’hui en prétextant qu’ils vont monter un groupe politique pour les élections municipal de 2020. Ils ont prétexté la tribune du maire qui parle de la baisse des impôts locaux pour annoncer le schisme en séance. La séance a tourné au pugilat et au règlement de compte sans aucun discernement. (…) Ils auraient pu le faire dans le calme et avec sérénité et en présence du maire qui était absent car hospitalisé. C’est petit est indigne de personnes qui veulent se présenter à la gestion d’une ville au suffrage universel», commente pour sa part le conseiller d’opposition PS Jean-François Clair.

Le Conseil municipal, lui, sera convoqué à nouveau courant juillet, le compte administratif 2018 devant être voté avant la fin juillet.

 

 

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