Entreprises | Bry-sur-Marne | 26/02
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Nouveau rachat en vue pour pérenniser les Studios de Bry-sur-Marne

Nouveau rachat en vue pour pérenniser les Studios de Bry-sur-Marne
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Depuis le rachat des Studios de Bry-sur-Marne par un petit promoteur en 2014, la question de leur avenir s'est posée à plusieurs reprises, donnant à chaque fois lieu à des négociations ardues entre les différentes parties prenantes. Des sueurs froides qui ont recommencé de plus belle suite au rachat surprise par Nexity en juillet 2017, connu davantage pour ses projets immobiliers de logements et de bureaux que de cinéma.

(Pour rappel du contexte, lire l'historique complet en fin d'article.)

A nouveau, l'équation rentabilisation du foncier versus la pérennisation des studios se pose alors. Lors de ses voeux  en janvier 2018, le maire de Bry annonce toutefois que les studios seront reconstruits à l'identique sur la même parcelle, mais à côté. L'ensemble du site fait en effet 11 hectares et les studios en occupent 6,5. Un investissement de 72 millions d’euros, qui devait alors être portée en partie par Nexity, et dont il semble difficile de ne pas imaginer une contrepartie de valorisation foncière pour équilibrer. En attendant de préciser les contours d'un tel deal, Nexity commande alors une étude à Éric Garandeau, l'ancien président du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), pour évaluer les modalités de développement d'un grand pôle de développement économique autour du cinéma. En mars 2018 toutefois, une interview du patron de Nexity, Alain Dinin, dans le journal Le Moniteur, met le feu aux poudres.  Ce dernier y indique le développement « d’un projet de 140 000 m²» , précisant qu’il travaille « actuellement sur de l’aménagement urbain, comprenant des équipements publics », sans faire mention d’une quelconque activité cinéma, notant simplement qu'il s'agit d'anciens studios. Malgré un démenti face au tollé général suscité par cette interview, le doute reprend.

Lire : Nexity, sauveur ou fossoyeur des Studios de Bry ?

Vers une reprise des studios par l'exploitant B-Live

Depuis, une nouvelle issue s'est dessinée. Selon nos informations, une reprise du foncier des Studios de Bry est ainsi en cours de discussion, cette fois entre Nexity et B-Live, la maison mère de Transpalux (racheté par cette dernière depuis fin 2016). B-Live rachèterait la partie dédiée aux studios pour continuer à l'exploiter. A côté, seraient développées essentiellement des activités économiques autour de l'image. Une résidence étudiantes verrait également le jour. Le projet de reconstruction des studios est en revanche abandonné au profit d'une réfection déjà entamée et amenée à se poursuivre. Dans le Grand Paris et même à l'échelle européenne, les vents sont plutôt favorables pour les studios, avec d'une part la réquisition d'une partie des studios de Saint-Denis pour les transformer en sites olympiques et d'autre part le Brexit qui risque de réorienter les tournages ailleurs en Europe. Le maintien du crédit d'impôt contribue en outre à limiter les exils vers la Belgique ou les pays de l'Est. Ce pôle image, étendu jusque dans le bas de Bry-sur-Marne dans le cadre du projet Daguerre, présenté fin 2018 par le maire, Jean-Pierre Spilbauer, se poursuivrait également jusqu'au projet Marne Europe, développé à Villiers-sur-Marne. «L'idée est de relier l'ensemble du pôle qui part de Champigny Les Simonettes (voir le projet développé par Altaréa) jusqu'à Marne Europe (voir le projet développé par Phalsbourg) où le palais des congrès pourra aussi accueillir des événements autour du cinéma», indique le maire de Villiers, Jacques-Alain Bénisti.

Pour l'heure, cette éventuelle reprise n'est toutefois qu'à l'état de discussions car le bail court jusqu'en 2021, mais une prochaine réunion entre les différentes parties prenantes doit se tenir la semaine prochaine, qui permettra peut-être d'avancer d'un cran. En attendant,  les studios de Bry continuent d'enchaîner les tournages, entre séries et longs métrages. Le Chant du loup, d'Antonin Baudry, avec Omar Sy, sorti le 20 février en salle, a notamment été tourné dans les studios de Bry.

Rappel historique

Les Studios de Bry, situés à cheval entre Villiers-sur-Marne et Bry-sur-Marne et créés par  la SFP dans les années 1980 suite à l’éclatement de l’ORTF avant d'être repris par Euro Media Group en 2001 (lire article récapitulant l’historique), avaient été vendus en 2014 à un investisseur immobilier, la société Nemoa, avec une clause de non concurrence empêchant la poursuite d’activités liées à la production cinématographique au-delà de la période d’exploitation prévue dans le bail afin de ne pas faire de concurrence avec d’autres studios d’Euro Media, lequel a développé un grand pôle cinéma à Saint Denis. Des professionnels du cinéma, notamment des associations de décorateurs, s'étaient alors mobilisés pour défendre le maintien des studios très appréciés des décorateurs en raison des larges espaces permettant de construire sur place les décors à côté des plateaux ainsi que des espaces de reconstitution en extérieur (les backlots). La mobilisation des professionnels via une pétition, soutenue par les artistes, et le veto des élus locaux prévenant que leur PLU (plan local d’urbanisme) imposait sur place de l’activité économique avait alors payé. Après plusieurs cycles de négociations  avec le promoteur et avec Euro Media (pour mettre fin à la clause de non concurrence), une issue fut trouvée en mars 2015 avec la reprise de l’exploitation par le groupe Transpalux. L’activité avait alors repris, dans un contexte général propice à l’activité cinéma en raison de la mise en place en France d’un crédit d’impôt comparable aux pays voisins, début 2016. Le rachat de Némoa par Nexity à l’été 2017 a toutefois fait à nouveau frémir les supporters des studios. Difficile en effet d'imaginer que le promoteur rachetait ces parcelles situées à proximité d'une des futures gares du Grand Paris Express pour faire du cinéma. Alors que le bail accordé à Transpalux ne court que sur dix ans, se posait à nouveau la question de leur avenir à moyen terme. A cela s'ajoutait la nécessité d'une réfection, dont l'urgence et l'ampleur variaient en fonction des points de vue défendus.

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