Société | Accueil Val de Marne (94) Grand Paris | 05/11
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Grand Paris: le perpétuel défi des dépôts sauvages sur les routes

Grand Paris: le perpétuel défi des dépôts sauvages sur les routes
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Le réseau routier non-concédé en Île-de-France est un véritable dépotoir où s’amoncellent des tas de déchets dont se débarrassent les usagers. Les collectivités locales interpellent régulièrement l’État à ce sujet.

Alors, lundi soir, le préfet de Paris et celui du Val-de-Marne ont chapeauté une opération de nettoyage de l’autoroute A6, à Chevilly-Larue, pour rappeler que la direction des routes (Dirif) intervient régulièrement.

Près de 20 tonnes de déchets sont ramassées tous ans par la direction des routes d’Île-de-France lors de campagnes complètes de nettoyage des chaussées et de leurs abords, rappelle l’Etat. Des opérations de nettoyage toutefois insuffisantes pour venir à bout des dépôts encore plus réguliers des usagers de la route…

Dans le détail, les axes reliant les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle (autoroute A1) et Paris-Orly (A6a, A6b, A106) ainsi que le boulevard périphérique subissent trois opérations par an. Les axes situés à l’intérieur de l’A86 (comprise) sont nettoyés deux fois an. Les axes situés à l’extérieur de l’A86 bénéficient pour leur part d’une opération annuelle. «Fin juillet 2019, les équipes de la Dirif ont effectué 170 opérations de nettoyage des autoroutes et routes nationales franciliennes, soit plus de 30 opérations de nettoyage par mois. Ces opérations ont déjà permis d’évacuer environ 15 000 tonnes de déchets», indique la direction régionale. L’État consacre chaque année 12 millions d’euros à ces campagnes de nettoyage soit plus de 10% des crédits annuels d’entretien des infrastructures, un budget multiplié par 5 depuis 2013.

 

 

Malgré cette mobilisation, des élus locaux dénoncent régulièrement le manque de propreté du réseau non-concédé et le préfet du Val-de-Marne, Raymond Le Deun, n’a pas échappé à plusieurs remarques sur ce sujet lors de son grand oral devant le département, fin septembre. D’où son opération de démonstration en compagnie de Michel Cadot, préfet de région, ce lundi soir à Chevilly-Larue, lors d’une intervention le long de l’A6. L’occasion aussi de mettre en lumière le travail de ses agents contraints de travailler de nuit, entre 22 heures et 5 heures pour éviter de perturber le trafic et d’assurer leur propre sécurité.

D’où proviennent ces déchets ?

Détritus, électroménager, déblais,… on trouve de tout le long du réseau routier francilien. La moitié de ces déchets proviennent de l’incivilité de particuliers ou de professionnels qui déposent leurs ordures ménagères ou leurs déchets industriels. Les services de l’État estiment que près de 1/5 des déchets proviennent des usagers qui jettent des éléments par la fenêtre de leurs véhicules. Enfin, un tiers des déchets proviennent des nettoyages de terrains illégalement occupés. Ces dépôts sauvages peuvent représenter des obstacles à la circulation ou empêcher l’évacuation des eaux de pluie et inonder la chaussée, sans parler de la nuisance paysagère.

En dehors des opérations de nettoyage, la direction des routes d’Île-de-France tente également la prévention et la dissuasion en renforçant le clôturage des abords de la route ou en condamnant l’accès à certains espaces (blocs béton enterrés dans les anciennes zones de dépôt sauvage),
en réparant ou créant des glissières de sécurité pour empêcher l’accès des véhicules depuis l’autoroute vers les zones de dépôt sauvage. A cela s’ajoute les grands panneaux invitant au civisme le long des routes.

Cas d’espèce sur l’A6B : 27 tonnes débarassées en trois jours

Le chantier sur lequel se sont rendus les préfets ce lundi soir se situait sur une bretelle désaffectée de l’A6B à Chevilly-Larue dans le sens Paris-Province, le long des locaux de Burban Palettes Recyclage. Il était possible pour les véhicules d’y accéder en faisant une marche arrière sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute. En quelques années, le lieu était devenu une décharge sauvage. Pendant trois jours, cinq agents de la Dirif ont ramassés environ 27 tonnes de déchets, condamné l’accès à la voie désaffectée et rempli 9 bennes à ordures.




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