Reportage | Accueil Val de Marne (94) Créteil | 21/11
Réagir Par

Réinsertion des jeunes en Val-de-Marne: la protection judiciaire de la jeunesse ne lâche rien

Réinsertion des jeunes en Val-de-Marne: la protection judiciaire de la jeunesse ne lâche rien
Publicité

« Un jeune délinquant de 17 ans reste un jeune de 17 ans », rappelle Guillaume, ancien éducateur devenu directeur du restaurant d’application Du soleil plein l’assiette à Créteil, une unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Comme tous les ans, la PJJ organisait cette semaine des portes ouvertes dans l’ensemble de la France, avec pour thématique cette année l’anniversaire des 30 ans de la Convention Internationale des droits de l’enfant. Dans le Val-de-Marne, c’est le restaurant d’application cristolien qui a accueilli cette manifestation.

Le restaurant forme des jeunes en réinsertion de 16 à 21 ans. Cette saison, ils sont neuf qui sortiront au bout d’un an un diplôme en main. Ouvert le mardi, jeudi et vendredi midi, Du soleil plein l’assiette sert entre 25 et 30 couverts par déjeuner, moyennant 12 € le menu entrée-plat-dessert, et est ouvert à tous. « Avant leur arrivée, les jeunes font un stage d’une quinzaine de jours pour savoir s’il seront dans le service en salle ou en cuisine sous la formation du chef cuisiner Maxime et d’un éducateur. La restauration est un domaine porteur en Ile-de-France, il y a beaucoup d’embauche », motive le directeur. « Nous sommes là pour répondre aux besoins que ressentent les jeunes d’être pris en charge à tous les niveaux », détaille Patrice, éducateur en milieu ouvert (suivi de justice dans le cadre de vie habituel du jeune).

Lire aussi : Du soleil plein l’assiette, le restaurant de la seconde chance à Créteil

 

 

Brochure de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, chiffre de 2017

53% des mineurs ayant commis des actes de délinquance sont pris en charge en milieu ouvert, 43% sont en mesures d’investigation et les 4% restants en mesures de placement. Après son jugement, le jeune reçoit une convocation sous cinq jours pour se rendre dans une des unités de milieu ouvert. Avec sa famille, il rencontre l’éducateur qui va le suivre et l’accompagner. D’autres professionnels sont disponibles pour aider à la réinsertion comme un psychologue ou une assistante sociale. Les jeunes qui ne sont pas en milieu ouvert sont pour leur part généralement placés dans des foyers plus ou moins fermés. Dans un cas comme dans l’autre, le travail de réinsertion qui les attend est stratégique.

Un parcours crucial pour tracer sa route

« On voit des jeunes de 15-16 ans qui arrivent sans savoir parler français et qui ont un niveau CP, d’où les cours de remédiation scolaire. Déscolarisés depuis plusieurs années, ils sont 80% à ne pas avoir le niveau pour entrer en CAP », estime Jean-Noel, éducateur sportif dans l’Unité éducative d’activité de jour du Perreux-sur-Marne, qui dépend des services territoriaux éducatifs et d’insertion (STEI) de la PJJ. Cette structure propose en plus des cours de remise à niveaux, des cours de sport et un atelier mécanique pour vélos. « On a un objectif global pour le groupe mais on compose avec les besoins individuels, ce qui implique une certaine adaptabilité avec par exemple des aménagements de l’emploi du temps », explique Jean-Noel, fort de 20 ans d’expérience. « C’est une épée de Damoclès qui pèse sur ces jeunes avec pour certains la crainte de sanctions pénales, pour d’autres le risque d’être renvoyé dans leur pays. Notre travail est de leur donner tous les outils en mains pour réussir à s’en sortir », défend Alain, éducateur et prof de mécanique au sein de cette UEAJ.

Lire aussi : La PJJ du Val-de-Marne travaille la citoyenneté via la sécurité routière

Anne Meignan et Cécile Lalumière de la direction territoriale de la PJJ Val-de-Marne

Pour individualiser la prise en charge des jeunes, la direction territoriale de la PJJ du Val-de-Marne réfléchit à de nouvelles expérimentations. « Nous envisageons de développer le placement à domicile testé à Aubervilliers (93), c’est à dire un milieu ouvert renforcé où l’enfant reste placé auprès de sa famille mais avec davantage d’actions d’éducateurs », développe Cécile Lalumière, directrice adjointe de la direction territoriale du PJJ 94. « Il faut identifier le besoin de chaque mineur, certains ne sont pas faits pour être placés en collectif. La question de la prise en charge des filles est aussi compliquée car les réseaux d’anciennes jeunes prostituées viennent près des foyers où elles sont placées. Il faut veiller à la sécurité des foyers », ajoute Anne Meignan, directrice de la direction territoriale de la PJJ 94.

Expo itinérante pour sensibiliser les scolaires

« Viol », « Insulte », »Mariage »… sont inscrits sur des fiches de l’exposition Questions de justice de la PJJ. Au dos de chaque pancarte, il y a la définition du mot selon la loi. Les mots sont répartis sur différents panneaux illustrant des thèmes relatifs aux droits et devoirs comme la défense ou les infractions. La première partie de l’exposition « 13/18 Actions de Justice », évoque la justice pénale destinée aux 13-18 ans. L’autre exposition s’adresse à un public plus jeune et invite à réfléchir à la citoyenneté. Ces deux expositions visent à sensibiliser dès l’âge de 9 ans contre la délinquance. Elles sont installés dans des établissement scolaires à la demande de ces derniers pour faire réfléchir et réagir les élèves sur ces divers thèmes. Une co-animation est assurée par des personnels de la PJJ ou des services habilités par la justice et de l’Education Nationale.

Lire aussi : Eviter la récidive des mineurs: le quotidien de la Protection judiciaire de la jeunesse

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi