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Val-de-Marne: comment la pollution du passé industriel plombe le budget des collèges

Val-de-Marne: comment la pollution du passé industriel plombe le budget des collèges © ameller dubois
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8 millions d’euros de dépollution sur un budget total de 24 millions d’euros pour le nouveau collège Josette et Maurice Audin de Vitry-sur-Seine: le surcoût n’est pas marginal.

Et encore, la découverte de la pollution aux hydrocarbures liée à de précédentes activités, avant la pose de la première pierre, n’a finalement pas retardé aux calendes grecques son ouverture initialement prévue en septembre 2017. Connue avant le début des travaux, la pollution a pu être gérée en amont et tout s’est ensuite enchaîné sans nouveau contretemps. Ce n’est pas le cas en revanche du collège Assia-Djebar d’Ivry-sur-Seine, situé en place d’une ancienne fabrique de lampes Philips.

L’établissement, qui devait ouvrir en septembre 2015, a dû renoncer et dispatcher les élèves autrement quelques semaines avant les vacances d’été, en raison de la découverte de traces de mercure supérieures aux normes. Depuis, des millions d’euros ont été engloutis pour excaver, mesurer, excaver à nouveau, sans que le problème soit complètement résolu. Le collège n’ouvrira ni en septembre 2019, ni même en septembre 2020, a indiqué Christian Favier, président du Conseil départemental, à l’occasion d’une visite du collège vitriot. «Une nouvelle phase d’excavation s’achève mais même si les mesures sont satisfaisantes, il faudra ensuite une période d’observation d’un an pour s’assurer qu’il n’y ait pas de pollution résurgente. Le collège ne pourra donc ouvrir au mieux qu’en septembre 2021, si tout est conforme avant la période de mouvement d’organisation de la rentrée scolaire qui se tient en février-mars», détaille l’élu. Dans ce contexte, il a fallu accélérer les projets de construction de nouveau collège et d’extension des collèges en présence à l’instar de Romain Rolland qui peut désormais accueillir 850 élèves.

A Vincennes, c’est encore un autre cas de figure puisque le collège Saint Exupéry existe depuis une quarantaine d’années et que la fabrique d’oeillets métalliques qui officiait à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle n’était même pas répertoriée dans la base de données Basias qui recense, dans la limite de ce qui lui est porté à connaissance, toutes les activités susceptibles d’avoir généré une pollution. C’est à l’occasion des mesures imposées lors de travaux de rénovation que le Conseil départemental a découvert une légère pollution aux solvants chlorés dans certaines parties de l’établissement et que l’ARS (Agence régionale de santé) a décidé de fermer l’établissement. Ici aussi, les coûts de dépollution se chiffrent en millions d’euros, sans compter les 12 millions d’euros du joli collège provisoire avec vue sur le château de Vincennes ouvert dès la rentrée 2018.

 

 

Alors que le budget d’investissement de cette année dans les collèges est de 61 millions d’euros, l’aléas pollution plombe sérieusement l’addition et la question du qui doit payer figure en bonne place de l’agenda départemental.

Concernant Ivry-sur-Seine, le terrain a été vendu par Philips à l’aménageur Sadev et il y a donc théoriquement un pollueur vers qui se retourner mais les procédures sont longues comme les batailles d’experts et de juristes qui nourrissent le dossier. A Vincennes, le problème se pose différemment car le pollueur a disparu depuis belle lurette. Cette fois, c’est l’Etat qui avait en revanche la compétence de construction des collèges au moment de son ouverture, car celle-ci est intervenue avant les lois de décentralisation des années 1980. «L’ancien préfet avait promis d’organiser une réunion interministérielle sur cette question. Nous allons donc remettre le sujet sur la table avec le nouveau préfet», indique Christian Favier qui a par ailleurs déjà appelé à légiférer sur le sujet pour financer la dépollution des sols dans les territoires en mutation. (Voir article)

Car au-delà des collèges, c’est l’ensemble des projets urbains construits sur les terres des anciennes fabriques en tout genre qui fourmillaient dans la zone dense, que ce soit à Paris ou en banlieue, qui est impacté. Les normes d’aujourd’hui ne sont pas celles qui prévalaient à l’époque.

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