Politique locale | Val de Marne | 12/06
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Val-de-Marne : les députés Gaillot et Mbaye rejoignent le collectif Social démocrate

Val-de-Marne : les députés Gaillot et Mbaye rejoignent le collectif Social démocrate
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Rappeler la jambe gauche de La République en Marche, à l'heure où le Premier ministre a donné le coup d'envoi de la deuxième partie du quinquennat avec une déclaration de politique générale suivie d'un vote engageant le gouvernement, tel est l'objet du collectif Social Démocrate lancé par une vingtaine de députés du mouvement présidentiel. Deux des six députés LREM du Val-de-Marne ont décidé de le rejoindre : Albane Gaillot et Jean-François Mbaye. 

Pour les parlementaires qui ont déjà cosigné ensemble des amendements ou réfléchi conjointement à certains sujets, ce collectif permet de formaliser la coopération, de mieux l’identifier et lui donner une visibilité. Pas question en revanche d’y voir une fronde, s’en gardent ses membres, mais tout de même un signal, une alerte. «Nous avons été reçus à ce sujet par Gilles Le Gendre (ndlr, président du groupe LREM à l’Assemblée) qui a accueilli favorablement notre démarche», témoigne Albane Gaillot, députée de la 11ème circonscription.  «Ce collectif va nous permettre d’approfondir des angles qui nous sont chers comme la défense des libertés publiques, l’égalité des chances ou encore les inégalités sociales et territoriales, dans un contexte où la politique du gouvernement s’est déséquilibrée vers la droite, détaille l’élue. Edouard Philippe a fait un bon exercice aujourd’hui, n’omettant pas la transition écologique notamment, et nous lui faisons confiance sur le tournant à gauche mais en restant vigilant. Sur les question de justice sociale par exemple, nous pensons que cela ne passe pas seulement par le travail et la prise en charge du chômage. Il y a des gens qui n’ont pas accès  à l’emploi par exemple. Il n’a pas non plus parlé des quartiers politique de la ville, du logement social. Il y a eu en revanche de belles annonces comme la PMA pour tous qui est un marqueur positif. Nous serons aussi vigilants sur les questions liées à l’immigration qui doit aussi être pour nous un sujet d’intégration sociale.»

Même motivation pour Jean-Francois Mbaye, député de la deuxième circonscription. «Le clivage persiste entre progressistes et conservateurs mais au-delà de ce clivage, il peut y avoir des progressistes libéraux et des progressistes sociaux. Cela n’empêche pas une cohérence d’ensemble progressiste. Les crises récentes que nous avons vécues comme celle des gilets jaunes a montré que l’alliage n’était pas assez équilibré», expose l’élu, précisant que la création de ce collectif était déjà en gestation avant les élections européennes.

Lors du scrutin qui a suivi la déclaration de politique générale du Premier ministre, les 7 députés LREM et Modem du Val-de-Marne ont voté pour, les députés PS et LFI ont voté contre. Quand aux 2 députés LR, l’un a voté contre, Gilles Carrez, l’autre s’est abstenu, Michel Herbillon.

 

 

Ci-dessous : la déclaration politique du nouveau collectif

«Les élections du Président Emmanuel Macron puis de sa majorité ont révélé le besoin du renouveau politique et d’une nouvelle façon de gouverner notre pays.
Au fil des élections, deux tendances s’affirment au sein de l’électorat : l’une s’oriente vers les extrêmes, l’autre vers le centre droit ou le centre gauche.
Ce nouveau clivage entre progressistes et conservateurs ou cette nouvelle polarisation n’abolit pas la distinction de la gauche et de la droite. D’un côté ou de l’autre de l’hémicycle, il y a des conservateurs de droite ou de gauche, des progressistes libéraux et des progressistes sociaux.
Nous, députés de la majorité, avons été élus pour mettre en œuvre le projet de transformation du pays porté par le Président de la République auquel nous réaffirmons notre loyauté.
Nous soutenons l’action du gouvernement dès lors qu’elle a pour but d’appliquer le programme présidentiel pour lequel nos concitoyens, et particulièrement nos électeurs du premier tour, nous ont soutenus. La fidélité à ce pacte fondateur est essentielle au sens de la démocratie et à la réussite du quinquennat.
Le projet présidentiel est porté par une majorité large composée de différentes sensibilités. Celles-ci font la richesse de notre mouvement, l’assise et la pérennité de notre action.
Nous, députés de la majorité, considérons que la diversité des opinions, des profils et des convictions du groupe majoritaire est une force pour la démocratie représentative. La contradiction n’est pas une opposition quand elle sert la qualité du travail de la majorité et fait vivre la diversité en son sein.
Nous, députés de la majorité parlementaire, revendiquons la liberté et le devoir de faire vivre cette diversité. « Tout mandat impératif est nul » dispose l’alinéa 1er de l’article 27 de la Constitution.
Sociaux-démocrates, nous devons promouvoir notre sensibilité sociale afin de contribuer à l’unité de la majorité et à consolider son action.
Emmanuel Macron a raison : nous ne sommes pas « ni de droite, ni de gauche », nous sommes « et de droite et de gauche ».
L’équilibre entre les sensibilités sociales et libérales de notre mouvement est gage de sa réussite. Notre victoire n’est pas celle du nivellement ou de l’effacement de nos identités, mais celle d’une équipe caractérisée par une diversité constructive et complémentaire. Ainsi au sein de notre majorité, nous défendons une conception de la justice sociale qui fait de la réduction des inégalités sociales et territoriales, une priorité.
Par le travail du Collectif Social-Démocrate, nous voulons nourrir et infléchir l’élaboration du cadre législatif et réglementaire pour contribuer à la bonne mise en œuvre des politiques publiques et au meilleur contrôle de l’action de l’exécutif.
Nous croyons à la primauté de la réduction des inégalités sociales et territoriales. Seules la défense des libertés publiques, la garantie de l’égalité des chances, la poursuite du progrès économique au service du progrès social permettront de bâtir une société durable et inclusive. La représentation nationale doit porter de manière plus visible et explicite la protection des plus fragiles et la poursuite des progrès sociaux et sociétaux. Nous réfutons la vision dépassée d’une opposition stérile entre l’économie, le social et l’environnement. Le progrès économique doit se faire au nom du progrès social pour bâtir une société durable. Le progrès social est – et doit être – le ciment du progrès économique. Notre philosophie politique est le progressisme social, économique, culturel et européen. La transition écologique et la numérisation de la société seront des réalités à condition d’être des leviers de réduction des inégalités sociales et territoriales.
Nous ne croyons pas à la théorie du ruissellement. Nous pensons à l’inverse que la réduction de toutes les inégalités profite à tous. Pour nous, la protection des plus vulnérables est une condition indispensable à l’élévation de chacun dans la société. Les destins du premier et du dernier de cordée sont nécessairement liés.
Si nous approuvons le pragmatisme de l’action gouvernementale qui consiste à libérer les énergies et protéger les individus, nous considérons que l’impératif de justice sociale et l’effectivité de la philosophie du « en même temps » exigent de consolider les dispositifs de protections avant de libérer les potentiels.
Les pesanteurs sociales sont une réalité. Il faut s’y atteler avant de compter sur les libertés pour émanciper.
Personne n’est à l’abri des accidents de la vie, de la maladie, du handicap ou de la précarité des réussites économiques. La noblesse de la politique consiste à garantir à chacun une deuxième chance pour être fidèle à l’avenir.
Ainsi, nous proposons d’autres chemins pour atteindre la même destination. N’eut-il pas fallu réformer la formation professionnelle, ficeler le plan pauvreté et développer les Territoires Zéro Chômeur avant de diminuer le nombre de contrats aidés ?
N’eut-il pas fallu redessiner la politique du logement et construire davantage pour que les prix diminuent avant de raboter les APL?
N’eut-il pas fallu entendre une partie de la majorité demandant une progressivité de la CSG sur les petites retraites avant de l’acter finalement sous la pression du mouvement des Gilets Jaunes ?
Aussi faisons nôtre ce précepte « macronien » selon lequel : « l’uniformité n’est plus nécessairement un facteur d’égalité ».
L’effectivité de l’égalité des chances exige parfois la mise en œuvre différenciée de politiques publiques adaptées au réel et notamment à la diversité des territoires.
Ce droit à la différenciation et à la spécialisation, nous le revendiquons y compris au sein de notre majorité.
L’unité et la réussite de notre majorité sont les seuls horizons de notre implication.
La force de nos institutions permet l’expression de nos diversités sans remettre en cause ni la continuité ni l’efficacité de l’action gouvernementale.
Dans une démocratie moderne, la considération et la valorisation des différentes sensibilités est la condition du progrès comme de l’unité de la société.
Il ne s’agit pas de surjouer des divergences mais simplement d’acter la richesse de nos différences.
La complexité du monde l’impose, la réussite de notre majorité l’exige !»

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