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Violences conjugales: ces ex qui refusent de lâcher leur proie

Violences conjugales: ces ex qui refusent de lâcher leur proie © Stocklib / Artit Oubkaew
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“Ils ont commencé à se disputer tous les deux, après j’ai vu papa pincer et étrangler maman”, lit à voix haute la juge lors d’une audience à la chambre correctionnel de Créteil.

La victime, mère de deux enfants, souhaite “envoyer un message à son ex-conjoint pour qu’il comprenne que c’est vraiment fini entre eux”.

Divorcé depuis 2016, elle vit à l’hôtel et passe quelquefois chez son ex pour s’occuper de leurs deux enfants. Ce jour-là, elle en a profité pour faire sa lessive car à l’hôtel, elle ne peut pas se le permettre. Elle se plaint aussi à son ex de la situation financière et réclame le versement de la pension alimentaire pour les enfants. La discussion dégénère. Son ex lui reproche de vouloir cet argent pour le donner à son nouveau petit-ami. “Je lui ai répondu qu’il m’avait espionnée. Plusieurs fois, je l’ai vu me suivre dans la rue. J’ai voulu prendre son téléphone pour vérifier, il n’a pas apprécié, il m’a tenu fort par le bras, il a voulu m’étrangler, puis m’a attrapée par derrière quand j’ai voulu fuir par la fenêtre”, confie-t-elle. 

Lui, a déjà été condamné pour des faits similaires et ne nie pas totalement les faits. “Quand elle a voulu me prendre mon téléphone, je l’ai attrapée par les bras mais c’est tout, je ne l’ai pas étranglée. Après, elle a cherché à se déshabiller et à sortir dehors. J’ai voulu la retenir”, se défend-il. Il reconnaît avoir eu tort d’insister et motive qu’il a eu du mal à assimiler la fin de leur relation.

 

 

“Je ne veux demander aucun dédommagement de sa part, je ne veux pas d’argent ou autre, j’ai été en sa possession pendant des années, maintenant lui n’a plus la position de force, c’est moi qui suis devenue forte, je lui pardonne, je suis ici pour lui faire passer un message, pour qu’il comprenne une bonne fois pour toutes que c’est vraiment fini entre nous”, exige l’ancienne conjointe. Pour cette affaire, la procureure réclame six mois d’emprisonnement, soulignant la récidive des violences.  

Autre chambre correctionnelle de Créteil, même situation. Cette fois, l’ex-conjoint a agressé son ancienne compagne dans la rue, alors qu’elle déjeune près de son lieu de travail. Arrivé par derrière, il lui tire les cheveux avant de cogner sa tête contre une voiture stationnée. “ Je lui ai secoué les cheveux et tenu par sa bouche car elle m’insultait, j’étais vénère, on a l’habitude c’est comme ça qu’on se dispute, mais après je ne lui ai pas donné de coup de poing, regardez mes mains comment elles sont robustes face à elle (son ex-conjointe), je ne peux pas lui donner de coups”, se défend l’accusé après l’exposé des faits.

Déjà condamné à six reprises pour violence, et huit autres avec comme facteur aggravant l’alcool, l’accusé n’a pas conscience de ses actes. C’est ce que soulignent et déplorent la juge et la procureure. Cette dernière réclame huit mois de prisons avec sursis assortis d’une interdiction totale de s’approcher de la victime. Mais l’homme a déjà violé à plusieurs reprises son contrôle judiciaire actuel. Et son ex, ancienne gardienne de la paix, estime ne pas être suffisamment protégée par la justice. “J’ai porté plainte quand mon ex-conjoint a violé son contrôle judiciaire en s’approchant de moi, mais la police n’a rien fait, les agents me répondent qu’ils sont débordés, j’ai fini par leur demander s’ils attendaient qu’il y ait du sang, des morts”, déplore la trentenaire. Il écopera de douze mois d’emprisonnement avec sursis; une mise à l’épreuve de deux ans, des amendes et une obligation de suivre des soins.

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