Education | Val-de-Marne | 28/05
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A quand une vraie reprise de l’école? Les parents d’élèves du Val-de-Marne s’alarment

A quand une vraie reprise de l’école? Les parents d’élèves du Val-de-Marne s’alarment

Très attendue d’un certain nombre de familles, la reprise de l’école au compte goutte commence à franchement agacer alors que plusieurs communes n’ont pas encore rouvert leurs établissements tandis qu’ailleurs, ce-sont parfois moins de 10% des élèves qui peuvent être accueillis.

Au Perreux-sur-Marne par exemple, le groupe scolaire Clémenceau A et B n’a rouvert qu’une de ses deux écoles et ne peut accueillir que 60 élèves (84 à partir du 2 juin) sur 950, soit une très petite minorité. Résultat : beaucoup de familles qui se retrouvent sur le carreau. « Si vous n’avez pas été contacté aujourd’hui par l’école, votre enfant ne pourra pas revenir à l’école à partir du 2 juin », se voit ainsi répondre par la direction une maman qui travaille en laboratoire. Car au vu du petit nombre de places, la sélection est stricte, essentiellement cantonnée aux enfants de personnels soignants, ce qui était déjà le cas depuis le début du confinement, aux élèves décrocheurs et aux enfants des forces de l’ordre, des enseignants, et du personnel essentiel à la gestion de la crise. Au-delà du problème qui se pose pour les parents, dont la profession, se pose surtout celle des enfants, sans école depuis la mi-mars.

« Nous nous interrogeons sérieusement sur les conditions de poursuite de la scolarité de ces quelques 2700 élèves qui n’ont pas eu de contacts directs et réguliers avec un(e) enseignant(e) depuis plus de deux mois, et ce malgré tous les efforts fournis par ces dernier(e)s, alerte ainsi l’union locale FCPE des écoles maternelles et primaires du Perreux-sur-Marne dans un courrier à la maire de la ville et l’inspectrice de la circonscription. L’enseignement à distance, surtout à ces âges, ne sera jamais aussi bénéfique qu’un enseignement en présentiel. Le lien entre enfants d’un même groupe d’âge, même dans le respect des gestes barrières, est indispensable à l’équilibre de nos petits. Les besoins d’interactions sociales, essentiels au bon développement des enfants ont d’ailleurs été, à de multiples reprises, réaffirmés par la communauté des pédiatres. Nous nous inquiétons donc qu’une très large majorité des élèves de notre commune puisse ne pas retourner à l’école avant l’été. Cela augure d’une rentrée particulièrement difficile en septembre prochain tant pour les professionnels que pour les enfants et leurs familles », poursuit la FCPE locale.

Alors que la pénurie de places à l’école n’est pas spécifique au Perreux, avec des messages de refus d’accueillir les enfants qui pleuvent, de Nogent-sur-Marne à Maisons-Alfort, la PEEP du Val-de-Marne a pour sa part adressé un courrier au ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. « Aujourd’hui, nous sommes interpellés par des familles désemparées auxquelles est refusé l’accès à l’école pour des motifs qui interrogent sérieusement sur les conditions dans lesquelles nos enfants étaient accueillis jusqu’alors. En effet, la très grande majorité des maires freinent la réouverture des écoles en la limitant tout au plus à 2 ou 3 salles de classes dans des bâtiments qui en disposent réellement de plus de 10 », dénonce Myriam Menez, présidente de la PEEP 94.

Quand l’éternelle question des sanitaires devient prégnante
« Certains prétendent ne disposer que de 3 ou 4 sanitaires pour des écoles qui accueillent habituellement plus de 400 élèves. Nous ne pouvons que déplorer que les alertes, émises par nos représentants depuis des années, sur l’état sanitaire lamentable de certaines écoles, n’aient jamais été prises en compte. Les villes doivent être sommées de réaliser les éventuels aménagements nécessaires, si besoin en engageant du personnel de remplacement quand les agents d’entretien n’ont pas tous repris le travail, et de prévoir à très court terme des travaux, réclamés parfois de longue date par les représentants de parents, pour que nos enfants puissent en toute circonstance respecter les règles d’hygiène de base qu’est notamment le lavage des mains régulier, avant et après chaque récréation, chaque repas ou collation et chaque fois qu’ils en éprouvent le besoin. Au-delà de la situation sanitaire actuelle, trop d’enfants sont victimes chaque année des épidémies saisonnières et pire, de problèmes de santé liés au fait de ne pouvoir se rendre aux toilettes dans des conditions convenables », poursuit la représentante de parents d’élèves.

Retrouver le dialogue tripartite parents – Education nationale – élus

Du côté des municipalités, on objective les chiffres. « Les réouvertures de classe doivent à la fois satisfaire des objectifs sanitaires, éducatifs et économiques. Nous avons travaillé de manière étroite avec l’inspectrice de circonscription et les associations de parents d’élèves avec qui nous avons eu notamment une réunion en visioconférence la semaine précédant la rentrée. Compte-tenu du protocole sanitaire, disposant par exemple que chaque enfant doit disposer de 4 m2, il n’a été possible que de constituer des groupes de 12 élèves en élémentaire et 10 en maternelle. Deux écoles n’ont pas pu rouvrir car il n’y avait pas de directeur et l’Education nationale nous a donc indiqués que l’on ne pouvait pas rouvrir la maternelle de Lattre et Clémenceau A », détaille Christel Royer (LR), maire du Perreux-sur-Marne. La ville, qui va ouvrir 96 places supplémentaires ce lundi 2 juin, en comptera alors 362 pour environ 3000 élèves.

« A Maisons-Alfort, nous avons, compte-tenu du strict protocole sanitaire, été en mesure d’ouvrir 41 groupes classe la première semaine, mais l’Education nationale n’a finalement pu en ouvrir que 34 au début. Depuis, on nous a demandé si nous pouvions passer à 64 groupes classe à partir du 2 juin et nous avons répondu par l’affirmative », détaille le maire de la ville, Olivier Capitanio (LR). Au total, la commune compte en temps normal 4500 élèves. « Ce qui est regrettable est la communication gouvernementale qui a laissé pensé que l’on allait rouvrir les écoles alors que d’une part elles n’ont jamais fermé puisqu’elles ont accueilli les enfants de soignants durant tout le confinement et d’autre part il ne s’agit que d’un élargissement de l’accueil et non d’une rentrée complète. Même en rouvrant toutes les classes, moins de la moitié des élèves pourraient être accueillis, compte-tenu du protocole sanitaire », pointe l’élu.

Du côté des parents d’élèves, l’un des points de crispation est aussi l’absence de dialogue tripartite entre les équipes de l’Education nationale, les élus locaux et les parents d’élèves élus, en principe organisé dans le cadre des Conseils d’école. Certaines villes ont convoqué ces instances en visioconférence avant de programmer les réouvertures mais c’est loin d’être le cas partout et les réunions de préparation au déconfinement organisées en préfecture ne concernent pas spécifiquement l’école. Elles réunissent les institutions mais ne font pas place aux usagers, notamment les associations de parents d’élèves. « Nous exigeons que les représentants des fédérations de parents, et non plus seulement les IEN (Inspecteurs d’Education nationale) soient systématiquement associés aux discussions avec les municipalités, tout comme avec les préfets qui doivent rester ouverts face aux revendications des parents », réclame la présidente de la PEEP 94.

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