Sport | Val-de-Marne | 09/09
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Alfortville, Limeil-Brévannes: clubs de foot en disgrâce après les élections

Alfortville, Limeil-Brévannes: clubs de foot en disgrâce après les élections

A peine entamée, la saison 2020-2021 s’annonce compliquée pour le FC Brévannes et l’US Alfortville. Ces clubs de football amateurs ont vu leur subvention fondre et sont interdits de stade à la suite de conflits avec leur municipalité. Tout se passait pourtant bien, avant les élections…

Samedi dernier en marge du forum des associations de Limeil-Brévannes, la police municipale est intervenue pour demander aux bénévoles du FC Brévannes de plier leur stand. Persona non grata, l’association sportive s’était installée sur un terrain privé à proximité du parc Léon Bernard. Ce mardi, un huissier de justice a été dépêché sur le complexe du Val de Seine à Alfortville, pour constater la restitution définitive des locaux occupés jusqu’à présent par le club historique de la ville. Les adhérents ont dû organiser à la hâte ce déménagement. Dans ces deux villes, les associations sont tombées en disgrâce avec la mairie et en paient le prix fort.

A Limeil-Brévannes, le club a été créée en 2017 par Stéphane Kozjan autour d’un projet ambitieux ayant débouché sur la création d’un partenariat avec l’équipe professionnelle du Stade Brestois. Le FC Brévannes bénéficiait alors d’une subvention de la mairie d’environ 12 000 euros par an et du paiement de la location de terrain sur la commune voisine de Boissy-Saint-Léger. Mais cela, c’était avant les élections, lors desquelles Stéphane Kozjan a mené sa propre liste. «A peine les élections passées, la sanction est tombée. Diminution de 75% de la subvention et non reconduction de la convention avec Boissy pour louer les terrains. C’est une vengeance sur l’association», estime Séverine Kozjan, chargée des affaires administratives et financières du club. En face, le club historique de la ville, l’AJLB, accueillant davantage de licenciés perçoit une subvention de plusieurs dizaines de milliers d’euros et est autorisée à évoluer sur les terrain de la commune. Pour la mairie, il s’agit simplement d’arbitrages budgétaires liés au contexte épidémique mais on ne souhaite plus répondre à quelqu’un qui «a décidé de mener un combat personnel contre Mme Lecoufle».

A Alfortville, les relations entre la municipalités et l’USA était encore au beau fixe au printemps 2019. Plusieurs élus avaient suivi le club lors de son parcours jusqu’en finale de la coupe de Paris et la municipalité avait même affrété plusieurs bus pour permettre aux supporters d’aller encourager l’équipe. Mais cette année, la mairie a communiqué sur la création d’un nouveau club de football, n’a pas renouvelé son partenariat avec l’US Alfortville et l’a expulsé du complexe sportif de la ville. «Chaque année nous versions une subvention d’environ 100 000 euros. C’est de l’argent public donc il est logique que nous justifions cette dépense, d’où le renouvellement annuel d’une convention d’objectif. Depuis plusieurs mois, nous les relancions pour avoir accès à leurs documents comptables parce que le club n’a pas une situation financière saine. Il n’y a rien de politique dans les choix qui sont faits par la municipalité. Notre objectif est l’intérêt des familles Alfortvillaises en leur donnant accès à une large offre associative», défend Julien Boudin, premier adjoint d’Alfortville. Du côté de l’association, on explique les choses autrement. «Nous subissons depuis quelques semaines une absence de soutien et une posture agressive de la part de la municipalité. Ceci est dû au fait qu’un de nos adhérents et membre du comité directeur (Abdoulaye Diakhité) était engagé lors des élections municipales et faisait partie d’une liste concurrente (ndlr, 5ème sur la liste de Jonathan Rosenblum) Nous devions envoyer nos documents comptables fin juin et avons accusé un retard dû à la crise sanitaire. Notre comptable était convalescent et nous n’avions pas accès à nos locaux. Nous répondons avec transparence aux allégations de la mairie», explique de son côté le comité directeur dans un communiqué public.

Peu de marge de manœuvre au district

Pour le district, qui a intérêt à conserver de bons rapports avec les villes, la situation est embarrassante. «Nous avons un partenariat avec les clubs pour leur permettre de s’entourer d’un avocat. Dès lors qu’il y a un problème entre une association et une municipalité, ils peuvent alerter le président qui peut les recevoir et tenter d’apaiser la situation, trouver un terrain d’entente, mais ce n’est qu’un rôle de modération», explique-t-on au district du Val-de-Marne.

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