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Arcueil: un bidonville rom en place du futur projet Ecotone

Arcueil: un bidonville rom en place du futur projet Ecotone

Depuis bientôt deux mois, des populations roms se sont installées sur la friche de la Zac du Coteau à Arcueil, là où doit être construit le programme immobilier Ecotone. De nombreuses baraques ont été construites ses dernières semaines, suscitant la colère des riverains.

Au départ, ils n’ont rien remarqué. Mais désormais, les habitants des immeubles flambants neufs aux lignes sinusoïdales de la Zac du Coteau ont leurs fenêtres qui donnent sur un bidonville rom en pleine expansion, et ils n’apprécient guère la vue.

«Nous avions remarqué la présence de fourgonnettes qui transportaient des morceaux de bois et une accumulation de poubelles mais nous ne nous étions pas rendus compte que des gens s’étaient installé dans la friche qui était protégée par des plots en bétons et des palissades. Mais depuis mi-octobre, j’ai entendu des coups de marteau et en regardant de mon balcon, j’ai découvert des cabanes en construction», relate Emma, une riveraine.

Cette dernière échange alors avec les voisins à ce sujet. Certains commencent à se plaindre d’une dégradation de leur cadre de vie avec la présence de déchets et d’immondices sur la voie publique. D’autres dénoncent de la mendicité. Les riverains s’inquiètent également des feux qui sont allumés au quotidien pour cuisiner, craignant un incendie. Après avoir pris attache auprès des services de l’État, de la mairie et des propriétaires que sont l’aménageur Sadev 94 et le Conseil départemental du Val-de-Marne, les habitants ont décidé de hausser le ton.

Manif devant le commissariat

Une dizaine de riverains se sont ainsi retrouvés dimanche 18 octobre devant le commissariat du Kremlin-Bicêtre, tout proche de leur quartier limitrophe. «Alertés, des agents de police sont venus à notre rencontre pour connaître les motifs de notre mobilisation. Nous avons obtenu les jours suivant un rendez-vous avec une personne gradée qui a pu nous donner des informations sur ce dossier. Ils nous ont dit que nous n’étions plus face à trois ou quatre cabanes mais bien une quarantaine. Des procédures sont en cours mais cela risque de durer un certain temps. On nous a parlé du dossier du bidonville de Villejuif qui dure depuis deux ans, ce n’est pas rassurant. Les policiers patrouillent deux à trois fois par semaine mais ce n’est pas suffisant. Pourquoi ne pas avoir agi au départ, fin août, lors des premières installations?», se demande Emma.

La Sadev 94 espère une procédure d’expulsion sous quelques mois

Situé dans une impasse en friche, près des voies d’autoroute de l’A6, ce terrain doit accueillir d’ici 2024 un programme immobilier d’intérêt métropolitain, Écotone, développé par la Compagnie de Phalsbourg. A ce jour, une promesse de vente a été signée, mais en attendant l’obtention du permis de construire, les parcelles appartiennent encore au Conseil départemental du Val-de-Marne et à l’aménageur Sadev 94 qui porte le projet.

Lire. Écotone : le projet écolo d’Arcueil qui efface City Zen Park

«Les baraquements se situent à 90% sur du foncier du département, qui a déclenché une procédure. Nous avons appris récemment que quelques cabanes étaient bâties sur une parcelle nous appartenant. Nous avons également saisi la justice. En attendant, depuis cet été, nous avons fait appel à un rondier pour suivre l’évolution du campement et nous alerter lorsqu’il constate de nouvelles installation. Nous comptons faire valoir en justice le critère de l’urgence parce que le promoteur (Compagnie de Phalsbourg) est en période de pré-commercialisation et il est difficile de démarcher des entreprises lorsque le site est ainsi occupé. Si cette situation n’est pas réglée rapidement, cela pourrait entraîner des retards sur le calendrier», prévient Gautier Deremaux, directeur opérationnel de Sadev 94.

Pas de flagrance sur un terrain nu

Habitué à gérer ce type de situation, l’aménageur comptait sur l’action en flagrance pour expulser les occupants rapidement. La législation permet d’expulser les occupants si l’on agit dans les 48 heures. Or, cette règle ne s’applique pas sur les terrains nus. «Pendant deux mois, il n’y a eu que deux familles, puis au cours du week-end des 17 et 18 octobre, des dizaines de personnes se sont installées. Ils nous disent qu’ils sont une quarantaine mais la police estime plutôt qu’ils sont une centaine», explique Ludovic Sot, maire adjoint en charge de la prévention et de la sécurité. “Nous travaillons en étroite collaboration avec le département et espérons trouver une issue rapide. Le cabinet du préfet nous a promis d’accélérer les choses pour que nous puissions avoir une date d’audience le plus vite possible.”

Quel suivi social pour les populations?

En attendant, l’hiver approche et des dizaines de familles vivent désormais sur place. “Nous nous sommes rendus sur place avec les services sociaux de la ville et la direction générale pour proposer la scolarisation des enfants. Nous allons mettre des poubelles supplémentaire mais leur présence sur ce terrain nous inquiète du point du vue de la sécurité. Il y a des raccordements électriques, des bonbonnes de gaz et ils font des feux. Il n’y a pas de toilettes”, indique Ludovic Sot.

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