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Chennevières-sur-Marne s’enflamme à propos du projet de résidence pour personnes sans domicile

Chennevières-sur-Marne s’enflamme à propos du projet de résidence pour personnes sans domicile

A Chennevières-sur-Marne, l’Etat s’apprête développer des logements modulaires pour accueillir des personnes isolés et quelques familles avec enfants sur des terrains de la friche VDO, en attendant la réalisation de nouveaux projets urbains sur cette friche. En ville, la polémique agite le Conseil municipal.

Alors que la demande en logement d’urgence continue de croitre, dans un contexte qui n’a pas été arrangé par la crise sanitaire, la préfecture de région d’Île-de-France a lancé cet été un appel à manifestation d’intérêt sur un terrain d’une surface de 4480 mètres carrés de l’avenue de Coeuilly.

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Logements d’urgence en attendant la concrétisation des projets urbains

Propriété actuelle d’EPA Marne, l’établissement public qui porte les projets d’aménagement de la friche VDO, le site a été proposé pour accueillir 100 à 150 logements sur le modèle du foyer Adoma déjà présent. Chennevières compte en effet 40 des 100 hectares de la VDO dans son périmètre.

Contexte : la friche VDO
Pour rappel, la VDO (Voie de desserte orientale) est une large friche qui correspond au projet abandonné de rocade autoroutière (A87) qui devait relier l’A4 à la RD4 puis la RD19. Le projet (finalement abandonné au profit de l’A86) a fait l’objet d’une réserve foncière de plus de 100 hectares qui traverse sur 15 km de long et 80 m de large les communes de Champigny, Villiers, Chennevières, Ormesson et Sucy. 70% de ces emprises appartiennent à l’Etat. Plusieurs projets sont actuellement développés sur cette friche : métro Grand Paris express avec son centre de remisage des rames à Champigny, Simonettes Nord avec notamment l’accueil de la Cité artisanale des Compagnons du Tour de France, le nouveau quartier Marne Europe avec une autre gare du Grand Paris Express à Villiers, la voie pour bus Altival… 

L’enjeu est de loger des familles sans domicile fixe avec enfants, ainsi que des majeurs isolés, pour une durée de 8 ans.

L’opposition lance une pétition

En ville, le projet a rapidement fait l’objet d’une polémique. Le groupe Pour un avenir ensemble à Chennevière, conduit par l’ancienne première adjointe de Jean-Pierre Barnaud, Marie-Christine Dirringer, a ainsi lancé une pétition en ligne le 7 octobre pour s’opposer au projet.

Voir la pétition.

« Il est évident que notre ville a un devoir de solidarité envers les plus démunis mais il est bon de rappeler que Chennevières dispose déjà, à cet endroit, d’un dispositif d’hébergement de 55 places pour les personnes en difficultés », estime le groupe qui fustige une réaction du maire considérée comme insuffisante. « Informé depuis plusieurs semaines, le maire Jean-Pierre Barnaud est étonnamment absent de ce dossier, il ne s’est pas manifesté et n’a pas daigné défendre le cadre de vie qu’il prétend instaurer à Chennevières, ni les intérêts des Canavérois. Il consent par son silence à ce que la ville se voit imposer ce projet social et trouve sans aucun doute un prétexte pour pouvoir augmenter à nouveau les impôts pour financer les infrastructures et services que la ville aura à mettre en place pour une population « en transit » (…)  A terme ce seront plus de 200 personnes “de passage” qui résideront en vase clos entre le collège Molière et la nouvelle école Germaine Tillion alors que l’heure est à la mixité sociale, stigmatisant une nouvelle fois les populations en difficultés », déplore le groupe.

Visuel réalisé par le groupe d’opposition Pour un avenir ensemble à Chennevières

Le maire dénonce une décision de l’Etat sans concertation et fustige l’opposition

De son côté, la municipalité explique n’avoir pris connaissance du projet qu’une fois que le bailleur social retenu par les services de l’État a présenté ses intentions. «Nous n’avons été informés de ce projet qu’au mois de septembre. A aucun moment il n’y a eu concertation avec la municipalité. La préfecture nous a informés une fois l’arbitrage rendu, donc trop tard pour que puissions donner notre avis. Lors d’un entretien téléphonique avec la directrice de la Drihl en septembre, j’ai fait fait part de mon refus catégorique d’accepter le projet. C’est un secteur sur lequel nous avons beaucoup travaillé et que nous avons pris l’habitude d’appeler la zone d’entrée de ville nord. Aujourd’hui, l’État se contredit en voulant utiliser cet espace qui a vocation a être urbanisé et pour lequel il a signé un contrat d’intérêt national et engagé des financements importants notamment pour le développement de la ligne de bus en site propre Altival. Notre opération d’aménagement pourra prévoir des logements pour sans abris, mais pas des préfabriqués qui vont bloquer pendant huit ans les opérations sur sur secteur», explique Jean-Pierre Barnaud, qui a confié toutes les études réalisées au cours de ces dernières années au Grand Paris Sud Est Avenir, compétent en matière d’aménagement, pour concrétiser au plus vite le projet souhaité par la ville.

« Pendant que l’opposition municipale criait à la désinformation et agitait, comme à son habitude, les réseaux sociaux sans avoir pris la peine de consulter les services de la ville ou le maire, la municipalité travaillait à une réponse cohérente », s’agace par ailleurs l’élu.

Un voeu en vue du prochain Conseil municipal

La municipalité a également prévu de mettre aux voix un vœu sur le sujet lors du prochain Conseil municipal, prévu le 19 octobre à 19h30 – sous réserve de contre-indications liées à la crise sanitaire.

Voir le projet de voeu

Le sénateur Christian Cambon dépose une question au gouvernement

De son côté, le sénateur Christian Cambon (LR) a déposé une question au gouvernement sur le sujet le 24 septembre.

Voir la question au gouvernement

L’État rappelle l’urgence sociale et défend le choix de cet emplacement, disponible pendant plusieurs années

De son côté, la préfecture de région Île-de-France (Prif) rappelle que pour faire face à la crise sanitaire, 13 500 places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes s’ajoutant aux 120 000 places déjà financées dans le cadre d’un dispositif d’hébergement d’urgence. Comme il faut attendre en moyenne deux ans pour obtenir un logement social, les services de l’État cherchent à développer de l’habitat transitoire. «Un plan d’action visant à amplifier l’offre de logements disponibles pour les ménages sans domicile, à court et moyen terme, a été lancé par la préfecture de région Île-de-France, en lien avec le ministère en charge du logement au mois de juin 2020. Ce plan comprend plusieurs axes : le logement dans des appartements temporairement vacants du parc social ; le rachat d’hôtels pour en faire des hôtels sociaux ou des résidences à vocation sociale ; la transformation de bureaux vacants en logements et l’installation de logements modulaires sur des terrains appartenant à l’État et qui sont temporairement disponibles», explique la Prif pour qui le terrain de Chennevières-sur-Marne coche toutes les cases de l’endroit idéal où développer ce projet. «Le terrain est en attente d’aménagement, mais néanmoins disponibles dans la durée (pour 4 à 7 ans au moins). Le bâti ainsi mobilisé a vocation à se déplacer, sur un cycle de vie de 2 à 3 rotations au moins. Cette parcelle répond aux critères de la proximité du tissu urbain, des commodités et des transports en commun. L’appel à manifestation d’intérêt a pour objet, dans un premier temps, de permettre à des candidats de se déclarer et d’être sélectionnés, avant, dans un second temps, de continuer le travail sur le projet».

Voir le détail du projet

Mise à jour le mercredi 14 octobre : la position d’Alain Audhéon, conseiller départemental PCF du canton et ancien conseiller d’opposition
« Lors de l’installation du foyer Adoma en 2008, sous la mandature socialiste d’Alexandre Mineo, j’étais le seul élu à défendre le principe de ce foyer. Nous avons un manque cruel de logements sociaux et de nombreuses familles sont en attente. Chennevières n’échappe pas à la règle. Je ne connais pas précisément le dossier mais n’y suis pas opposé sur le principe à condition que cela n’obère pas le projet de transport en site propre Altival et futurs projets urbains du site », indique l’élu départemental.

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