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Choisy-le-Roi: un acte de malveillance à l’origine de l’incendie de la dalle

Choisy-le-Roi: un acte de malveillance à l’origine de l’incendie de la dalle © BSPP Michaud

Il y a deux ans, un violent incendie sous la dalle de Choisy-le-Roi coûtait la vie à un pompiers et chassait de leur appartement près de 200 résidents. Dans quelques semaines, le long volet juridique de ce dossier va enfin se refermer. L’expert estime que le feu a été déclenché par l’acte intentionnel d’une personne qu’il est impossible d’identifier.

Malgré une enquête de police et deux expertises, les circonstances exactes du violent incendie du 10 janvier 2018, sous la dalle de Choisy-le-Roi, vont rester un mystère. L’expert judiciaire nommé par le tribunal de grande instance de Nanterre a rendu mi-décembre son pré-rapport aux différents acteurs de la procédure. «En substance, il y explique que le feu serait parti d’un box au deuxième niveau du parking et qu’il se serait ensuite propagé de véhicule en véhicule. L’incendie serait, d’après son expertise, consécutif à un acte volontaire et intentionnel dont l’auteur ne pourra être identifié», relate Olivier Panzani, directeur général des services adjoint à la mairie de Choisy-le-Roi.

A présent, les différents avocats des compagnies d’assurances et de particuliers ont quelques semaines pour transmettre leurs observations à l’expert. A l’issue de cet échange, au plus tard à la fin du mois de février, il devra rendre son rapport définitif au juge, et mettre un point final à un volet judiciaire qui empêchait tout travaux.

Assureur du syndic, Axa devrait payer la note

Sans auteur en responsabilité, ni implication d’autres véhicules dans le déclenchement du sinistre, c’est à l’assurance du syndic de copropriété Axa de prendre en charge la quasi-totalité des préjudices, notamment le coût des loyers pour le relogement des ménages. De son côté, l’assureur temporise et rappelle sa position initiale en attendant le dépôt final du rapport d’expertise. «Dès 2019, nous avons proposé aux propriétaires occupants, dont les assurances personnelles avaient stoppé les dédommagement, de nous porter assureurs pour le compte de qui serait désigné responsable. Nous allons poursuivre notre geste commercial en 2020 en espérant que d’ici la fin de l’année, nous ayons davantage de visibilité sur ce dossier», explique Axa. Jusqu’à aujourd’hui, seule une trentaine de propriétaires occupants avaient accepté la prise en charge d’Axa pour le paiement des loyers avec comme contrepartie, la signature d’un accord d’abandon de tout recours juridique et d’une clause de non-dénigrement. De nombreux propriétaires occupants ont fait le choix de refuser le compromis d’Axa et payent de leur poche le loyer de leur solution de relogement, souvent en parallèle du remboursement d’un emprunt immobilier. Une fois le rapport d’expertise rendu, ces ménages pourront, via leur assurance personnelle, demander la prise en charge de tous ces frais à Axa, sans contrepartie.

«Nous allons désormais créer les conditions d’une rencontre avec les services de l’État, le syndic de copropriété, les représentants des sinistrés et Axa pour pouvoir accompagner les sinistrés dans la prise en charge des dommages et s’assurer de cette couverture jusqu’à leur retour dans leurs logements», précise le directeur général adjoint des services de Choisy-le-Roi, en charge du dossier.

Environ 21 mois de travaux en perspective

Au fur et à mesure de l’expertise, les boxes et caves du sous-sol ont pu être vidés. Désormais, les travaux vont pouvoir reprendre. Selon la maîtrise d’œuvre, ils pourraient durer 21 mois, soit un peu moins de deux ans. Reconstruction des parkings et reconstruction de la dalle du bâtiment seront les travaux les plus importants. Même si toute la résidence n’a pas été touchée avec la même ampleur, il s’est avéré impossible de faire rentrer les habitants des logements moins abimés tant le chantier va être facteur de nuisances.

Après une réunion mi-décembre regroupant l’ensemble des acteurs (mairie, syndic, conseil de syndic, maître d’œuvre, assurances, sinistrés,…), qui a permis aux riverains de prendre connaissance des informations délivrées ci-dessus, une nouvelle rencontre va être organisée mi-février pour communiquer sur l’avancement des dossiers. Il devrait notamment être permis de retourner exceptionnellement dans les appartements pour prendre de nouveaux effets personnels ou des meubles.

En attendant, même si l’horizon s’éclaircit un peu, de nombreux sinistrés sont toujours très affectés par les conséquences de cet incendie. «Comme nous ne sommes plus indemnisés depuis le 10 janvier, nous avons décidé de réaménager mon cabinet de kiné pour y habiter et quitter l’appart-hôtel. La situation reste critique. Certains sinistrés ont pris 10 ans d’un coup, d’autres sont tombés en dépression. Cela rend fou d’attendre», confie Ludivine Tapie, à l’origine d’un collectif de sinistrés. «Le perspective de pouvoir retrouver nos appartements se précise un peu. Nous avons l’impression que ça avance mais c’est un dossier tellement lourd et complexe que c’est très lent», résume Marie Zenatti, membre du collectif de la résidence Anatole France.

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