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Vie confinée – Arcueil: quand aide-soignante en première ligne et personne fragile cohabitent

Vie confinée – Arcueil: quand aide-soignante en première ligne et personne fragile cohabitent © OPALY
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Fatima, 56 ans, est assistante maternelle et vit à la cité de l’Eglise à Arcueil, avec son mari et deux de ses enfants. La plus grande travaille à l’Hôpital Necker à Paris, la plus petite passe son Bac cette année et toutes deux s’inquiètent pour leur mère. Ses difficultés respiratoires l’avaient plongée dans le coma en 2009, après avoir contracté la grippe H1N1.

Depuis son balcon, pour soutenir le personnel soignant dont fait partie sa fille aînée de 24 ans, Fatima allume chaque soir à 20 heures des bougies. « Leila a décidé d’exercer ce métier quand j’ai eu la grippe H1N1 en 2009. Comme je suis fragile des bronches et des poumons, je suis tombée dans le coma. » confie l’assistante maternelle contactée par téléphone et actuellement en arrêt maladie. La pandémie de grippe A (H1N1) de 2009 s’était propagée depuis le Mexique dans de nombreux pays dont la France où les pouvoirs publics avaient comptabilisé environ 320 morts.

Fatima craint pour sa santé, déjà fragile, alors que sa profession et celle de sa fille augmentent les risques qu’elle contracte le Covid-19. « Etant donné mon métier, qui implique un contact permanent avec les enfants, potentiellement porteurs sains, mon médecin a préféré m’arrêter dès le vendredi précédant le confinement. Ça change beaucoup pour moi, déjà au niveau de mon quotidien. Le matin, les parents sonnaient à ma porte pour me déposer leurs enfants. Et puis ça implique la galère financière, aussi.«  Son mari est peintre, mais est actuellement au chômage. C’est lui qui sort faire les courses, deux fois par semaine. Le plus dur, pour Fatima, est la peur. « J’en ai mal au ventre car, forcément, j’ai peur d’attraper ce nouveau virus. Alors le matin, je me demande si je vais pouvoir me coucher dans mon lit le soir. Je sais que je peux me battre, mais je n’ai pas envie d’abandonner encore ma famille pendant un moment. »

Fatima a trois enfants, parmi lesquels la plus petite, qui passe son Bac cette année et fait l’école à la maison. Le cadet de 20 ans travaille à la mairie d’Arcueil et préfère dormir chez sa copine pour ne pas risquer de contaminer le foyer, mais prend régulièrement des nouvelles et insiste pour vérifier lui-même, par vidéo, l’état de sa maman. La plus grande, Leila, est aide-soignante à l’Hôpital Necker à Paris. « L’adolescente de 16 ans qui est décédée des suites du Covid-19, ma fille l’a connue ; elle était dans son service », explique Fatima. « La mort, elle y est confrontée, et elle sait qu’elle peut survenir à tout âge. Dès qu’elle rentre à la maison, elle se déchausse sur le palier, se déshabille à l’entrée, et le tout est aussitôt lavé. Régulièrement, on nettoie aussi les poignées de portes, les boutons et surfaces que tout le monde touche, par mesure de précaution ». Si Leila s’inquiète pour sa mère, la réciproque est vraie aussi. « J’ai la crainte qu’elle meure, même si je sais qu’elle sauve énormément de vies ».

La jeune soignante fait environ une heure de trajet tous les jours, étant donné le ralentissement du trafic, du domicile familial d’Arcueil à son lieu de travail, situé aux abords de la station Sèvres-Lecourbe. Quid du service de taxis mis gratuitement à disposition des soignants et annoncé par Emmanuel Macron lors de son allocution le 16 mars dernier ? « Quand ma fille appelle, ça ne répond pas. Et, comme elle ne veut pas attendre un taxi pendant deux heures alors qu’elle sait que ses collègues attendent d’être relayées, elle préfère s’en passer. » Quant aux masques, elle estime qu’ils sont changés trop peu régulièrement. « Ce qui ne manque pas, c’est la cohésion, la solidarité entre soignants : quand je lui demande si ça va, chaque matin, si elle veut rester à la maison, elle me répond que ses collègues et patients comptent sur elle. »

« Ma fille me rassure, prend ma température matin et soir et me fait faire des exercices respiratoires. La journée, pour m’occuper l’esprit, je me dis ‘allez, aujourd’hui je fais le ménage ici’. Les journées passent tout de même plus vite que je ne le pensais et le dimanche, je ne fais rien, comme ça je sais que c’est dimanche. »

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