Santé | Val-de-Marne | 16/03
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Coronavirus en Val-de-Marne: les professionnels de santé sur le pied de guerre

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Alors que les appels au Samu 94 tournent autour de 4000 par jour depuis vendredi et que les hôpitaux commencent à voir affluer des patients Covid plus (positifs au Coronavirus Covid 19), les professionnels de la santé et de l’urgence, hospitaliers, libéraux, bénévoles… sont sur le pied de guerre. Témoignages, explications, enjeux.

En quelques semaines, les appels au 15 sont passés de moins de 500 par jour à près de 4000 et le pic de l’épidémie est encore à venir. Pour faire face, tout le monde est sur le pont, du centre 15 aux hôpitaux en passant par la médecine libérale, les étudiants et encore les associations de protection civile, avec une logistique réajustée au jour le jour.

Niveaux 1 et 2 au Samu 94

Pour gérer l’accroissement des appels au centre 15 tout en restant réactif, le Samu 94 a mis en place deux circuits de réponse dès l’appel entrant. “Le niveau 1 correspond aux urgences vitales immédiates comme par exemple une douleur thoracique ou une gêne respiratoire forte. Ces appels sont immédiatement traités par un médecin. Les appels de niveau 2 sont aussi traités par un médecin mais pas de manière aussi immédiate. Ils sont transférés en attendant à des aides ARM (Assistants de régulation médicale) qui vont compléter leur fiche d’informations”, explique Eric Le Carpentier, chef du Samu 94. En parallèle de ce double niveau de réponses, la cellule d’écoute a été renforcée. “Nous sommes passés de 22 à 27 positions et notre objectif est d’aller à 30”, chiffre le responsable du Samu. Le nombre de médecins régulateurs est passé de 2 à 4-5 en permanence, et les assistants de régulation médicale qui étaient en formation dans le tout premier centre dédié pour professionnaliser ce métier (voir reportage et photo de une), qui étaient justement en stage pratique, prêtent aussi main forte, soit au niveau du décrochage rapide pour flécher vers les niveaux 1 ou 2, soit pour aider à compléter les fiches, en fonction de leur niveau de professionnalisation.

Téléconsultations

Les médecins libéraux, qui viennent classiquement en renfort du centre 15, ont aussi mis les bouchées doubles. “Nous avons recruté 30 médecins supplémentaires, c’est très éprouvant car le rythme est de 40 appels par heure, indique Jean-Noël Lépront, secrétaire général du Conseil de l’Ordre des médecins du Val-de-Marne. Nous venons aussi en appui pour proposer de la téléconsultation, depuis les locaux du Sami.” Dans ce cas, c’est le centre 15 qui renvoie les appelants vers ce service de téléconsultation, si la situation est appropriée. Il ne s’agit pas d’un numéro grand public qui risquerait d’être immédiatement submergé d’appels.

La plate-forme privée de téléconsultations Livi, qui a établi un local à côté des urgences du CHIC (Centre hospitalier intercommunal de Créteil), connaît aussi un afflux de patients. “Nous avons du fermer en fin de semaine car nous n’avions plus de masques ni de gel hydro-alcoolique mais nous devrions rouvrir cette semaine. Les téléconsultations Covid 19 sont très longues car elles nécessitent beaucoup d’explications. Nous lançons un appel aux médecins pour renforcer nos équipes, en télétravail”, insiste Maxime Cauterman, directeur médical de la plate-forme suédoise et praticien au CHIC. Voir reportage sur le lancement du local de télé-consultation au CHIC en février 2019.

En parallèle, les médecins libéraux ont été encourager à pratiquer des téléconsultations avec leurs patients pour éviter certains déplacements inutiles, grâce à un assouplissement des conditions.

Les secouristes en renfort pour aller prendre les constantes

Pour apporter les réponses proportionnées à chaque situation, le Samu 94 s’appuie aussi sur les associations professionnelles du secourisme qui peuvent aller chez un patient pour prendre ses constantes (pouls, tension…) avant de l’emmener ou non aux urgences. “Nous travaillons avec la Croix blanche, la Croix rouge, la Protection civile du 94, la Fédération française de sauvetage et de secourisme…” cite le chef du Samu départemental.

Etudiants en médecine: une force utile mais pas en première ligne

Les étudiants en médecine constituent également un bataillon de professionnels en devenir, mis à contribution avec précaution. “Nous avons deux catégories d’étudiants, les première années d’une part et les deuxième et troisième années d’autre part. Pour les premiers, la consigne est de rester chez soi et de respecter le confinement. Pour les seconds, les étudiants non externes, nous allons voir s’ils peuvent aider aux appels du centre 15 pour le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne”, détaille Pierre Wolkenstein, doyen de la faculté de médecine de Mondor. “Concernant les externes, à partir de la quatrième année, la position que j’ai prise est de ne pas les faire changer de stage comme cela devait être le cas début avril, afin de ne pas aggraver les risques de propagation du virus par des changements d’équipe ni de contribuer à une désorganisation”, poursuit le doyen. “Nous sommes confrontés à une situation extrêmement sérieuse et nous aurons besoin de tout le monde mais les externes ne sont pas en première ligne. Bien sûr, ils ont envie d’aider, de se rendre utile, mais nous devons drainer cette bonne volonté. Il faut parfois savoir renoncer à être utile pour éviter un élan désorganisateur”, tempère le doyen et chef de service à Mondor. La faculté, elle, st réduite au fonctionnement minimum pour entretenir les bâtiments, nourrir les animaux de laboratoire, avec un objectif de confinement maximum de tous les personnels qui ne sont pas strictement nécessaires.

Objectif de tous ces renforts, utilisés chacun en fonction de leurs compétences: répondre à tous avec le bon niveau d’urgence, en maintenant une capacité de montée en charge pour accompagner au mieux la montée inexorable vers le pic de l’épidémie.

Faire de la place dans les hôpitaux et éviter la propagation en interne

En aval de la médecine d’urgence, c’est aussi le branle-bas de combat pour faire de la place aux patients mais aussi éviter au maximum les contaminations au sein de l’hôpital. “Nous avons mis en place deux filières, respiratoire et non respiratoire, et dans la filière respiratoire, nous évaluons les risques Covid qui sont emmenés dans une zone dédiée aux maladies infectieuses”, détaille Corinne Bergeron, cheffe du service des urgences au Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (CHIV). L’hôpital doit aussi gérer les patients classiques et Covid, qui devaient de toutes façons subir une intervention mais sont en plus infectés par le virus et doivent donc faire l’objet de précautions particulières pour éviter la propagation. “Nous avons par exemple opéré une première césarienne, qui était programmée pour raisons médicales, d’une mère atteinte du Covid 19. Tout a été organisé en conséquence”, détaille la médecin. n parallèle, l’hôpital s’active pour libérer des lits, en plus des 18 lits de réanimation, dans le cadre du plan Blanc qui prévoit la déprogrammation de tout ce qui n’est pas urgent.

“On va se prendre une énorme vague”

“C’est un peu comme un tsunami. Pour l’instant, la mer se retire et l’on va se prendre une énorme vague. On fera ce qu’on peut. Le moral est là”, anticipe la cheffe de service. “La vague, on est déjà dedans, avec 20% d’augmentation des patients durant le weekend”, estime de son côté Pierre Wolkenstein à l’hôpital Mondor. Et le moral ? “Je crois que les professionnels de santé ont repris une estime d’eux-mêmes qu’ils avaient perdue. Ils se disent “quand on a besoin de nous, on est là”. Alors on va essayer de faire avec, on va faire de l’innovation frugale. On tient le navire”, exprime le doyen. “Aujourd’hui on est des super héros, mais pendant les mois de mobilisation des urgences, on n’a jamais été écouté et les collègues sont épuisés. Alors bien sûr, l’heure n’est pas aux revendications syndicales, ce serait indécent. Mais on reprendra le combat pour revaloriser sérieusement le métier ensuite, sans quoi il continuera d’attirer de moins en moins de monde, pointe Eric Tricot, délégué Sud Santé Mondor et infirmier de bloc. Aujourd’hui déjà, on paie les fermetures de lit!”

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