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Coronavirus et éducation: comment s’organise la classe virtuelle en Val-de-Marne

Coronavirus et éducation: comment s’organise la classe virtuelle en Val-de-Marne
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Si quelque 2005 enfants de professionnels de santé (âgés de 3 à 16 ans) ont été accueillis physiquement à l’école dans l’Académie de Créteil (77, 93 et 94), la majorité des élèves sont restés à la maison, soit près de 140 000 dans le département. Pour l’heure, cette situation inédite à cette échelle est en plein rodage, entre saturation des serveurs et questions pratiques, mais les choses se mettent en place. L’enjeu est important car la situation devrait perdurer au moins jusqu’aux vacances de printemps.

Concrètement, le Cned (Conseil national d’enseignement à distance) qui dépend du ministère de l’Education nationale, dispose déjà d’un portail, Ma classe à la maison, avec des supports de cours et des exercices en ligne pour les classes allant de la grande section de maternelle au bac, grâce à trois sites différents (Ecole.cned.fr, College.cned.fr, Lycee.cned.fr). Ces plate-formes proposent des séquences de cours, entraînements, exercices en téléchargement, livres numériques… et sont déjà utilisés par les enfants qui ne sont pas scolarisés physiquement. Des outils de classe virtuelle vont aussi être déployés pour permettre des cours collectifs en visioconférence par exemple. Au-delà de cet outil national, chaque établissement peut aussi disposer de ses propres outils. Beaucoup de collèges et lycées disposent déjà d’ENT (Espaces numériques de travail) pour partager non seulement les notes mais aussi le cahier de texte, des cours, des messageries entre professeurs et élèves… Dans les écoles primaires, le numérique reste en revanche moins développé. C’est à partir de ce panaché de solutions que doit se mettre en place la continuité pédagogique.

Enfants de personnels soignants à l’école
Concernant les enfants des personnels soignants, accueillis dans les écoles conformément aux directives nationales, environ 1700 élèves du primaire et 73 collégiens ont été accueillis dans l’Académie. Le rectorat a demandé la présence de 2 enseignants pour les écoles de plus de 5 classes et 1 enseignant pour les écoles de moins de 5 classes. Des regroupements sont prévus pour éviter d’ouvrir toutes les écoles, dès ce mardi en Seine-Saint-Denis et à partir de jeudi en Val-de-Marne. La question est plus compliquée en Seine-et-Marne. Les parents doivent préparer des repas à emporter pour leurs enfants, le service de cantine n’étant pas en place.

Un ordinateur à la maison, cela ne va pas de soi…

Alors que la mise en oeuvre est d’une ampleur inédite, cela ne va bien sûr sans un certain nombre de difficultés, à commencer par l’accès au numérique des familles qui ne disposent pas toutes d’un ordinateur à la maison. Au collège, le Val-de-Marne part avec un gros atout, l’ensemble des élèves et professeurs du public comme du privé bénéficiant depuis plusieurs années d’un ordinateur mis gratuitement à disposition par le Conseil départemental, ce qui n’est pas le cas dans les autres départements de l’Académie. Au lycée, le Conseil régional d’Ile-de-France a également lancé une opération de mise à disposition d’ordinateurs et tablettes aux élèves depuis la rentrée 2019. Aucun dispositif n’existe en revanche pour les élèves de primaire. «Dans notre département, les situations sont contrastées, dans le 1er degré, l’accès aux outils numériques repose uniquement sur les familles, dans les collèges, le conseil départemental fournit à chaque élève entrant en 6ème un ordinateur, dans les lycées professionnels, la région Île-de-France est en train d’équiper les élèves en tablettes, dans les lycées technologiques et généraux, la situation est inégale selon que les établissements soient ou non passés au numérique.À la vue de cette inégalité à l’accès dématérialisé des cours, la FCPE du Val de Marne s’inquiète de la fracture numérique et interpellera le recteur afin qu’aucun élève ne soit pénalisé par cette situation et puisse exercer son droit à poursuivre sa scolarité. Nous demandons donc aux différents établissements de pouvoir accompagner l’ensemble des élèves qui le souhaitent par les moyens qui leur sont attribué», a d’ores et déjà alerté la FCPE du Val-de-Marne dans un communiqué ce weekend.

« 5% des effectifs nationaux seraient concernés par la fracture numérique mais il ne s’agit pas nécessairement des enfants venant des catégories sociales les plus populaires. Des prêts de matériels pourraient se mettre en place au plan local, voire des envois par courrier » explique le cabinet du recteur de l’académie de Créteil.

Et un par enfant, encore moins…

« Si beaucoup de familles ont un ordinateur, cela ne veut pas dire qu’il y en a un par enfant. Et puis l’ordinateur des parents peut déjà être utilisé par ces derniers pour le télétravail, pointe également Myriam Menez, présidente de la PEEP Val-de-Marne. Il est donc nécessaire de prévenir les enseignants que les élèves ne peuvent pas forcément se connecter à une heure qui leur est demandée. » Des éléments à prendre en considération en cas de classe virtuelle par exemple.

Imprimer ou pas

En complément de l’ordinateur, se pose aussi la question de l’imprimante. « Certains enseignants demandent à leurs élèves d’imprimer des documents pour mettre dans leurs cahiers mais les familles n’ont pas à devoir investir dans une imprimante », ajoute Myriam Menez. Des consignes devraient être passées en ce sens.

Saturation du serveur et micro-coupures

Pour ces premières heures de mise en place du dispositif à cette échelle, la montée en charge a aussi été fatale pour les serveurs du Cned ou des ENT des établissements, pas prêts à un tel afflux, mais ce problème devrait être plus rapide à régler. «Il est normal que des phénomènes de saturation, des difficultés de connexion surviennent en ce premier jour de mise en place de continuité pédagogique. En ce qui concerne les ENT, des permanences existent dans les établissements et les recherches de solutions se font au niveau local. En ce qui concerne les plateformes du Cned, celui-ci assure la montée en puissance de son système et n’a constaté aucun incident majeur. Des microcoupures de quelques minutes peuvent se produire, elle sont dues à des opérations de maintenance permettant le fonctionnement optimal du service», indique le ministère de l’Education nationale.

Quelle approche pour les élèves en difficulté?

Côté enseignant, la journée de vendredi a permis aux équipes de commencer à s’organiser. «Nous avons créé des boîtes mails quand ce n’était pas déjà fait pour pouvoir communiquer avec les élèves et leurs parents parce qu’il va être primordial d’entretenir ce lien au cours de ces semaines. Les équipes éducatives vont également devoir collaborer et définir des contenus pertinents à proposer aux élèves. Le bémol pour l’instant concerne les élèves en difficulté. En présentiel, nous sommes capables de faire classe en prenant un peu plus de temps pour eux, mais là ça paraît plus complexe», explique Cécile Quinson, enseignante en primaire et représentante du SNUipp-FSU 94.

Une opportunité pour accélérer sur le numérique

Si le défi est immense et inédit, le rectorat estime pour sa part que cette expérience est aussi une opportunité pour le système scolaire de faire la démonstration de son agilité. « Tout ce système est nouveau pour toute la communauté éducative mais nous allons nous adapter en se montrant solidaires et inventifs » , enjoint le cabinet du recteur. L’enjeu : mieux investir les complémentarités du numérique pour le déployer plus systématiquement en temps normal, en cas d’absence par exemple.

Le retour d’expérience du lycée Brassens à Villeneuve-le-Roi

En Val-de-Marne, le télé-enseignement a déjà été expérimenté à plusieurs reprises ces dernières années, lorsque des établissements scolaires ont du être fermés d’urgence. Ce fut le cas par exemple à Vincennes, avec la fermeture du jour au lendemain du collège Saint-Exupéry après la découvert d’une pollution aux solvants chlorés, ou encore au lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi, en raison de problèmes d’amiante. «Ce n’était pas une solution pleinement satisfaisante parce qu’il y avait des professeurs qui inondaient les enfants de contenus alors que d’autres ne faisaient rien. Au final, il n’y a pas eu de contrôle sur l’acquisition de leurs connaissances et je sais que dans la classe de ma fille, il y a eu davantage de redoublements que les autres années», relate un parent d’élève, qui souhaite malgré tout ne pas définitivement tirer un trait sur ce mode d’enseignement et attend de le voir à l’œuvre. «J’appréhende surtout la question du débit. En règle générale, nous avons une mauvaise connexion à Villeneuve-Le-Roi alors j’ai peur que si je dois également télé-travailler, nous soyons bloqués», s’inquiète le parent.

«Nous sommes peut être un peu moins inquiets que des collègues d’autres établissements parce que c’est un peu plus familier. Il y avait effectivement une grande disparité des usages entre enseignants selon sa maîtrise de l’outil. La direction avait tenté d’harmoniser tout cela. Nous allons nous concerter entre collègues pour savoir ce que nous allons proposer aux élèves. Les craintes concernent surtout les élèves les plus en difficulté pour qui ça va être compliqué de travailler seul. Ils risquent de perdre leur motivation», craint un enseignant d’histoire-géographie.

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