Coronavirus | Val de Marne | 30/04
Réagir Par

Déconfinement en Val-de-Marne: école et masques cristallisent l’agacement des maires

Déconfinement en Val-de-Marne: école et masques  cristallisent l’agacement des maires © Fermate
COVID19 en Val-de-Marne : Voir la page

Dans le Val-de-Marne, les maires ont plus ou moins bien accueilli le plan déconfinement présenté par le Premier ministre mardi. Les élus devraient en savoir plus sur le déploiement opérationnel lors de réunions avec le préfet lundi prochain. A 10 jours du déconfinement, leurs principaux sujets de préoccupation sont la réouverture des écoles, et les masques.

Premières à rouvrir dès le 11 mai, après avoir accueilli pour certaines les enfants de soignants, les écoles maternelles et élémentaires sont, pour la partie infrastructure, cantines et accueils périscolaires, de la compétence des municipalités. Une lourde responsabilité pour les édiles qui regrettent qu’aucun mode d’emploi ne leur soit fourni, si près de l’échéance.

«Les annonces se succèdent les unes après les autres sans entrer dans le détail. Aujourd’hui, nous attendons toujours la déclinaison territoriale du déconfinement scolaire, regrette Hervé Gicquel (LR), maire de Charenton-le-Pont et président de l’Association des maires du Val-de-Marne. Les consignes ont été différées à la semaine prochaine et l’information risque de nous arriver trop tard pour que nous soyons en situation d’ouvrir nos équipements scolaires. Si tout se fait dans la précipitation, cela inquiétera les familles qui risquent de ne pas mettre leurs enfants à l’école. »

« Nous avons besoin d’un mode d’emploi. On ne peut pas laisser à l’appréciation de chaque commune le détail des conditions sanitaires, cela évitera aussi la surenchère, réagit également Marie Chavanon (PS), maire de Fresnes. Est-ce que l’eau et le savon à disposition dans chaque classe suffira ou pas ? Que répondre aux enseignants qui demandent à ce que tous les enfants soient testés? Nous demandons aussi plus d’explications sur les activités en marge de l’école. Le ministre a évoqué des activités sportives mais les espaces sportifs restent fermés », s’interroge l’élue.

A Ivry-sur-Seine, le maire, Philippe Bouyssou (PCF) a déjà fait ses calculs, en tenant compte de ses agents disponibles, certains devant rester chez eux pour raison de santé. Le maire estime pouvoir rouvrir 10 écoles permettant d’accueillir environ un quart des élèves de la ville. « Ce ne sont pour l’instant que des hypothèses de travail que je dois mettre en discussion avec les personnels. Mais sur le principe, cela me pose un problème car l’école est sensée être obligatoire pour tout le monde et non reposer sur le volontariat! », dénonce l’édile. « J’ai demandé un comité de pilotage avec la préfecture, l’éducation nationale, la police…mais cela m’a été refusé. Tout ce qu’on nous propose, c’est une réunion avec tous les maires du territoire, en audio-conférence, comme si nous n’avions pas d’autres outils en 2020. Je ne participerai pas à cette mascarade! »

Le préfet a en effet convoqué lundi prochain trois réunions en audio-conférence, une par territoire, réunissant les maires, la préfecture, l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction académique.

Lire aussi :
Déconfinement scolaire: les parents d’élèves s’interrogent sur le choix de prioriser les petites classes
Reprise des cours en mai: le maire de Chennevières pose les questions qui fâchent

A Noiseau encore, le maire, Yvan Femel (LR) pointe les flottements sur la question scolaire. « Le président de la République avait ciblé des classes alors que le Premier ministre a annoncé qu’il s’agirait de toutes les sections de maternelle et d’élémentaire. Les directeurs d’établissement avec qui je me suis entretenu attendent les consignes de l’Education nationale. En attendant, nous avons du faire le point avec les chefs de service pour évaluer nos capacités d’accueil vis-à-vis des mesures sanitaires, mais c’est difficile d’anticiper sur des bases peu fiables, d’autant que de nombreux parents m’ont expliqué qu’ils garderaient leurs enfants« , témoigne l’élu.

Et comment « trier » les élèves puisqu’il n’en faudra que 15 par classe, se demande aussi Christian Métairie (EELV), maire d’Arcueil. « Par tirage au sort ? » demande le maire. « Certes chaque école va devoir s’organiser localement mais il faut des consignes nationales sur lesquelles se baser. Ce ne serait pas sérieux d’être fixé quelques jours seulement avant la rentrée», soupire l’élu.

Parmi les rares maires du département à faire partie de la majorité présidentielle, Didier Dousset (MoDem), maire du Plessis-Trévise joue pour sa part les bons élèves. « Nous allons être prêts à accueillir les élèves par demi-groupe dans des conditions sanitaires optimales. On a un peu l’impression de revivre une rentrée des classes de septembre parce qu’il faut tout réorganiser, les temps périscolaires, la restauration,… Nous avons la volonté en parallèle d’ouvrir au moins deux structures de crèches municipales », annonce le maire.

Du côté du rectorat de Créteil, on explique la méthode en cours de déploiement. «Les protocoles sanitaires doivent être d’abord portés au niveau national. C’est fondamental pour pouvoir modéliser les ouvertures de classe. Dans un second temps, l’échelon déconcentré que sont les rectorats décline ces éléments à sa réalité territoriale. L’Education nationale sera toujours au rendez-vous pour répondre sur le fond et sur l’organisation aux élus mais chacun doit rester dans ses domaines de compétence. C’est l’intelligence collective et le sens de la responsabilité qui doit primer», recadre-t-on au rectorat.

La guerre des masques continue

Au-delà de la rentrée printanière des classes, les élus sont aussi remontés à propos de la gestion des masques. Après la polémique sur la pénurie des masques chirurgicaux et FFP2 pour les professionnels, suit celle des masques alternatifs, en tissu, pour toute la population. Les tergiversations sur son utilité ont passablement agacé les élus qui ont fini par passer commande eux-mêmes. « Après avoir dit que les masques étaient inutiles, on se tourne vers les communes pour en distribuer à la population », résume Christian Métairie. Presque toutes les villes ont pris les devants mais au vu de l’embouteillage de commandes, rien ne garantit que chaque habitant disposera bien de son morceau de toile d’ici le 11 mai.

Voir tous nos articles sur la question des masques pendant l’épidémie de coronavirus Covid 19

« Dire que le 11 mai, tout le monde aura son masque est un mensonge d’Etat », dénonce Philippe Bouyssou. Le maire d’Ivry, passé par le groupement d’achat du territoire Grand Orly Seine Bièvre, estime être livré le 24 mai. D’autres communes ont déjà fourni l’ensemble des habitants, mais parfois au prix fort. Alors que le président de la République avait annoncé un financement des masques achetés par les collectivités locales, Marie Chavanon, maire de Fresnes, relève pour sa part que le Premier ministre a évoqué une prise en charge à 50%. Au Plessis-Trévise, Didier Dousset, lui, exprime sa « reconnaissance » de ce cofinancement, détaillant que le coût pour la commune reviendra ainsi à 130 000 euros moyennant deux masques lavables par habitant.

Lire tous nos articles sur le thème Coronavirus en Val-de-Marne

A lire aussi sur le thème Coronavirus en Val-de-Marne

3000 tests positifs au Covid-19 en Ile-de-France entre le 13 et 30 mai

Succès pour le dépistage du coronavirus sans rendez-vous à Bonneuil-sur-Marne

Solidarité – Créteil : le réseau associatif s’active pour coudre et distribuer des masques

Créteil Soleil, Belle Epine, Quais d’Ivry, La Vache noire et Val-de-Fontenay rallument la lumière avec précaution

Val-de-Marne: la réouverture des crèches départementales et PMI se poursuit

Val-de-Marne: réouverture de presque tous les collèges

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF
COVID19 en Val-de-Marne : Voir la page
2 commentaires pour Déconfinement en Val-de-Marne: école et masques cristallisent l’agacement des maires
Ajouter une photo

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi