Histoire | Accueil Val de Marne (94) L'haÿ-les-Roses | 25/09
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En 1870: l’exode de L’Haÿ-les-Roses vers la capitale

En 1870: l’exode de L’Haÿ-les-Roses vers la capitale © Mairie de L'Haÿ-les-Roses

De septembre 1870 à mars 1871, Paris et sa couronne, qui n’est alors constituée que de villages, va connaître le siège des armées de la coalition prussienne. A L’Haÿ-les-Roses, où se sont déroulées deux batailles, l’association des Amis du Vieux L’Haÿ et le Souvenir français ont créé une exposition itinérante et organisé un balade à l’occasion des journées du patrimoine pour transmettre cet épisode historique méconnu.

Il y a 150 ans, L’Haÿ-les-Roses n’était qu’un village agricole et viticole d’environ 650 habitants, essentiellement peuplé d’agriculteurs. Début septembre 1870, le maire Norbert Hache donne l’ordre de quitter la ville pour aller se protéger derrière les fortifications qui entourent Paris.

Tout au long de l’été, les armées de plusieurs états allemands coalisées par la Prusse ont affronté l’armée française en Alsace et en Moselle dans le cadre de ce que l’on appellera plus tard la guerre franco-prussienne. Après leur victoire à Sedan, le 1er septembre, les troupes germaniques font route vers Paris, protégée par un système de défense composé de murailles, d’une quinzaine de forts et de soldats.

C’est dans ce contexte que plusieurs milliers d’habitants des villages alentours font exode vers Paris avec les possessions qu’ils ne veulent pas voir tomber aux mains de l’ennemi. «Le village s’est vidé de sa population qui a pris avec elle, des vivres, ses animaux. Ils ne savaient pas combien de temps ils allaient rester hors de chez eux. Parmi les personnes qui sont restées, on peut citer la communauté des religieuses de Saint-Vincent-de-Paul. Elles ont joué le rôle d’infirmières, soignant les blessés», relate Sophie Hasquenoph, historienne impliquée dans l’association des Amis du Vieux L’Haÿ.

Dans Paris, l’accueil des réfugiés s’organise et l’on installe les L’Haÿssiens dans le quartier du Val-de-Grâce. La municipalité obtient une annexe au 69 du boulevard Saint-Michel, en face du jardin du Luxembourg et les conseils continueront de se tenir pendant le siège.

Extrait des Contes du lundi d’Alphonse Daudet qui, dans sa nouvelle « Les paysans à Paris », décrit l’exode des villages d’agriculteurs alentours tel que cela a du se passer pour L’Haÿ/

L’Haÿ-les-Roses, théâtre de deux batailles

Le 17 septembre 1870, Paris est totalement encerclé. Des combats se déroulent autour des forts pour éviter qu’ils ne soient occupé par l’ennemi. Dans la capitale, les habitants entendent les coups de canons. Des combats se déroulent notamment à L’Haÿ-les-Roses, le 30 septembre 1870, tentatives vaines de desserrer l’étau des prussiens.

«Une seconde bataille s’est déroulée le 29 novembre. Il s’agissait d’une diversion simultanément à la bataille de Champigny mais là encore, elle se soldera par un échec avec plusieurs centaines de morts. Nous avons à L’Haÿ-les-Roses trois monuments aux morts commémoratifs de ces deux épisodes : la colonne brisée pour le premier combat (à l’intersection de la rue Paul-Hochart et du Chemin de Sainte-Colombe), la croix des mobiles (situé à l’angle de l’avenue du général de Gaulle et de la rue Gabriel Péri) ainsi qu’un cénotaphe en mémoire des combats du 29 novembre 1870 (situé au 1, rue des Saussaies)», poursuit l’historienne membre de l’association de mémoire des soldats morts au combat, le Souvenir français. Il existe également une colonne en hommage au général Guilhem, mort lors du premier combat.

Le retour dans un village dévasté

Après pratiquement six mois de siège, les armées de l’empire allemand lèvent le camp début mars 1871. Les réfugiés éprouvés par des semaines de privations provoquées par le blocus de la capitale regagnent leurs villages. A L’Haÿ-les-Roses, un paysage de désolation les accueille. «L’église et des habitations ont été endommagées par les combats. Il y a eu également des pillages. Le maire, qui était parent de Dominique Ingres, s’est fait voler deux portraits de son épouse et de lui-même, réalisés par le peintre. Il n’y a pas eu de commémoration immédiate. Il faudra attendre six ans pour que l’on déterre des fosses communes les soldats morts pendant le conflit pour les enterrer dans des carrés militaires, dignement. Encore de nos jours, au cimetière de L’Haÿ-les-Roses, il est possible de voir les sépultures de soldats français et allemands. La presse d’époque qui avait relaté cet événement, avait indiqué que le village était, encore en 1877, marqué par les combats», note Sophie Hasquenoph.

L’exposition de l’association des Amis du Vieux L’Haÿ et du Souvenir français, présentée début septembre à la bibliothèque municipale, poursuivra prochainement sa route dans les établissements scolaires de la ville.

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