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Enseignes qui vont mal: des milliers d’emplois menacés en Ile-de-France

Enseignes qui vont mal: des milliers d’emplois menacés en Ile-de-France

La Halle, Conforama, Orchestra, Un jour ailleurs, Camaïeu, André, Maxitoys, Alinea, Keria Luminaires, PikWik, André, Celio… La liste des enseignes à vendre, en redressement judiciaire ou en procédure de sauvegarde s’allonge de jour en jour. Au niveau national, ce-sont déjà des dizaines de milliers de vendeuses et de vendeurs, dispersés dans des centaines de magasins, qui risquent de perdre leur emploi dans les semaines à venir.

« 1300 emplois emplois chez Orchestra, 450 chez André, 3000 à la Halle, 3600 chez Camaïeu, 9000 chez Conforama, 2000 pour Alinéa, 760 chez Maxitoys, 44 chez PicWik… » Enseigne après enseigne, Elodie Ferrier, déléguée CGT Commerce, additionne les postes qui devraient passer à la trappe. Rien qu’avec ces quelques chaînes, l’addition se monte déjà à plus de 20 000 emplois menacés au niveau national, sans compter les autres noms venus s’ajouter à la liste ces derniers jours. « A chaque fois que mon téléphone sonne, on m’annonce une sauvegarde ou un redressement », soupire la déléguée syndicale. Dernier en date, Celio, qui a annoncé ce lundi matin avoir demandé une procédure de sauvegarde. « La fermeture brutale pendant deux mois de ses 1585 magasins dans le monde a entraîné une perte de chiffre d’affaires pour le groupe de près de 100 millions d’euros entre mars et mai 2020. À date, près de 300 magasins sont toujours fermés dans des pays encore touchés par le Covid-19 », motive l’entreprise.

« Beaucoup d’enseignes n’allaient déjà pas très bien. Le confinement lié à la crise sanitaire ne fait qu’accélérer le processus. De nouvelles marques sont arrivées sur le marché, avec des collections renouvelées et une approche très offensive sur les réseaux sociaux. Certains réseaux n’ont pas réussi à se repositionner, faire évoluer leur offre, et collectionnent parfois des concepts de magasins insuffisamment différenciés. Il y a eu aussi une course à l’ouverture de la part des chaînes rachetées par des fonds de pension, augmentant d’autant la dette. Le problème est que dès que quelque chose déraille, tout explose », commente Anick Lorente, conseil en immobilier commercial.

« Le problème de plusieurs enseignes est leur rachat en LBO (Leverage buy out) », détaille pour sa part Eric Scherrer, délégué Seci-Unsa. Ce montage financier permet de racheter une entreprise sans disposer des fonds pour le faire, en passant une holding qui porte la dette et la rembourse avec les bénéfices de l’entreprise. « Tant que les bénéfices sont supérieurs au remboursement, tout va bien. Le jour où, même bénéficiaire, l’entreprise ne permet plus de rembourser les échéances, rien ne va plus. Ce système de rachat en faisant de la cavalerie est malsain dès le départ », estime le délégué syndical pour qui les enseignes de prêt-à-porter ne sont pas suffisamment préparées financièrement à encaisser des baisses de rendement. A cela s’ajoute la concurrence de nouvelles enseignes aux prix plancher.

Dans le détail, les situations varient d’une enseigne à l’autre. Certaines sont en vente pour donner du leste au groupe qui les possède, à l’instar de La Halle pour Vivarte. La chaîne, en redressement judiciaire, devrait statuer sur ses différentes offres d’ici à la fin du mois et sera sans doute vendue par compartiment à une vingtaine de repreneurs. Egalement en redressement judiciaire :Camaïeu, l’un des plus gros réseaux de prêt-à-porter du pays avec plus de 600 boutiques, mais aussi NafNaf, Orchestra ou encore Conforama qui pourrait finir dans l’escarcelle de But. D’autres se sont placées en procédure de sauvegarde (à l’initiative de l’entreprise). C’est le cas de Celio qui indique avoir demandé la protection du Tribunal de Commerce faut d’avoir trouvé un accord avec ses partenaires bancaires. D’autres groupes encore ont décidé de réduire la voilure comme PicWik Toys qui a prévu la suppression d’un tiers de ses 1200 emplois et la fermeture d’une vingtaine de magasins. Au-delà de ces situations distinctes, les magasins d’un même réseau ne jouent pas non plus dans la même cour. Certains seront repris avec une même activité, d’autres pas. De quoi donner lieu à une dispersion de situations individuelles peu visibles et d’autant plus fragiles.

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