Société | Val de Marne | 12/02
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Familles surendettées en Val-de-Marne: plus de précarité que de surconsommation

Familles surendettées en Val-de-Marne: plus de précarité que de surconsommation © stocklib ginasanders

La France a enregistré une baisse de 38% de dossiers déposés pour surendettement au cours de ces cinq dernières années. Dans le Val-de-Marne, la diminution est de l’ordre de 25% . En première ligne : les familles monoparentales précaires.

« Depuis 30 ans, la loi Neiertz encadre les ménages surendettés. Leur nombre diminue cette année encore, même si dans le Val-de-Marne on constate une légère tendance à contre-courant« , explique Raymond Le Deun, préfet du Val-de-Marne, à l’occasion d’un point presse après la commission surendettement.

2400 foyers concernés en 2019 en Val-de-Marne

En 2019, 2 400 familles val-de-marnaises ont bénéficié de la procédure de surendettement. Si c’est 25 % de moins qu’il y a 5 ans, le nombre de dossiers déposés stagne par rapport à l’année précédente alors que la région Ile-de-France enregistre une baisse de 9,4% (20 255 dossiers) et que la diminution d’une année sur l’autre est de 12,2% sur le plan national (143 000 dossiers). Une moindre diminution qui s’explique par le niveau de vie plus faible des habitants, explique le préfet. « On sait qu’il y a moins de propriétaires ici, et des revenus plus faibles. Nous sommes plus proches du seuil de pauvreté que dans d’autres départements. »

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Une dette moyenne de 22 535 euros

En moyenne, par ménage surendetté, la dette s’élève à 22 535 euros dans le Val-de-Marne, 21 354 dans la région, et 16 384 en France. Une personne est surendettée quand ses dettes dépassent de 6 mois sa capacité de remboursement. »Sa capacité de remboursement correspond à la différence entre ses ressources et ses charges dites incompressibles (loyer, impôts, assurance, forfait alimentaire, chauffage, frais de transport…). » définit Maryse Chabaud, directrice départementale de la Banque de France. Sur le plan national, le surendettement se chiffre à 6 milliards d’euros, dont 973 millions en Île-de-France et 103 millions en Val-de-Marne.

Plus d’un ménage surendetté sur quatre n’a aucun crédit à la consommation.

« Quand le dispositif a été mis en place, il se destinait surtout aux personnes au chômage, rappelle Raymond Le Deun. Aujourd’hui, 20% de chômeurs en bénéficient », chiffre le préfet. La catégorie la plus représentée est celle des familles monoparentales qui représentent 70% des dossiers. « Les mêmes que l’on retrouve dans des processus d’expulsion. Car la nature de la dette a changé : crédits immobiliers, retards de paiement des charges, dus à une situation de pauvreté, et non plus uniquement à l’accumulation de crédits à la consommation. Ce sont des populations précaires et non inconscientes« , insiste le préfet. Plus d’un ménage surendetté sur quatre n’au aucun crédit à la consommation. 19% des ménages impactés correspondent à une famille monoparentale composée d’une femme de 55 ans et de ses enfants. Les femmes représentent 55% des dossiers.

56% vivent sous le seuil de pauvreté

Globalement, les populations les plus touchées sont socialement fragiles : 86% sont locataires ou hébergés, 82% ont un patrimoine brut inférieur à 2 000 euros, et 56% vivent sous le seuil de pauvreté.

Prévention, effacement de dettes, micro-crédits…

Pour expliquer la baisse des dossiers, la directrice départementale de la Banque de France expose également les mesures proposées. « Il n’y a pas plus de moyens, mais des solutions radicales : les plans dédiés à l’époque étaient destinés à résorber les dettes, mais pas vraiment à les effacer. Pour un jeune de 25 ans, au chômage, on attendait deux ans environ pour voir si sa situation évoluait, étant donné son potentiel à trouver un travail. Or, en raison du contexte économique actuel, on va d’office l’aider. Ainsi, une famille sur trois a pu entamer une procédure d’effacement de sa dette, partiel ou total. S’il est partiel, il faut échelonner des remboursements au moins pendant 7 ans avant que le reste ne soit effacé » détaille Maryse Chabaud. Le nombre de re-dépôt de dossiers s’est par ailleurs réduit.

La mise en place de microcrédits, plus souples, avec de plus petites sommes à rembourser, ainsi qu’un travail de prévention, réalisé tant par les institutions que par les associations de consommateurs, ont aussi joué. « Dorénavant, tout le monde sait qu’un crédit est fait pour être remboursé, malgré ce que prétendaient les publicités des années 80« , pointe le préfet. Pour opérer ce travail de prévention, la Banque de France a formé 277 travailleurs sociaux en 2019 en Val-de-Marne.

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