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Fin de grève à l’Ehpad de Cachan mais pas de l’épuisement lié à la crise sanitaire

Fin de grève à l’Ehpad de Cachan mais pas de l’épuisement lié à la crise sanitaire

Après 6 jours et 5 nuits d’occupation et de grève, les salariés de l’Ehpad de Cachan, soutenus par la CGT, ont obtenu gain de cause. Retour sur un mouvement social déclenché par une réorganisation du temps de travail dans un contexte déjà tendu par l’éprouvante crise sanitaire.

« On a fait face à une crise à laquelle on ne s’attendait pas dans un secteur qui est en crise depuis plus de 30 ans », résume Barbara Filhol, secrétaire générale CGT santé social dans le département. A l’Ehpad Saint-Joseph comme ailleurs, il a fallu gérer, faire plus pour éviter le pire, mettre en place des nouveaux protocoles (habillage, désinfection…) augmentant la charge de travail. Alors que des professionnels et des résidents sont rapidement touchés, une unité spéciale Covid est créée sur un étage. « Normalement c’est 3 personnes par résident, avec le Covid c’est 5 » indique Marguerite Thurpin, représentante CGT à Saint Joseph. Sur la base du volontariat, des soignants acceptent d’allonger leur temps de travail (de 10h à 12h) pour réduire les déplacements à l’extérieur et faire tourner l’unité. Les hospitalisations se font au compte-gouttes (2 à 3 résidents de l’Ehpad) et les soignants, éreintés, tentent de faire face. « Une période terrible » des mots de Sally Béranger, infirmière, même si « la direction avait pris le parti de faire venir les familles », des personnes âgées décèdent, parfois brusquement, sans avoir pu dire adieu à leurs proches.

© Pablo Girard

Concernant les effectifs de l’Ehpad, rien n’a été changé après la crise. La demande de recrutement de nouveaux personnels est aujourd’hui a du reste fait partie des revendications majeures des grévistes. Seule récompense : la prime Covid « que tout le monde n’a pas touché » explique Barbara Filhol, car celle-ci était versée aux agents publics ou contractuels. Or, à Saint-Joseph comme dans les autres maisons de retraites médicalisées, une partie des métiers ne relèvent pas de la fonction publique « quel que soit le métier on est tous professionnels de santé, il n’y a pas une aide-soignante qui vaut mieux qu’un agent administratif ou un ouvrier » s’indigne la syndicaliste. Au sein de l’Ehpad de Cachan, une prime de 100 euros a néanmoins été négociée à défaut d’une augmentation de salaire, confie Marguerite Thurpin qui avait demandé 300.

Le couvre-feu « un casse-tête en plus »

Aujourd’hui, le couvre-feu apparaît comme une pression supplémentaire, malgré les attestations. « Parce que quand vous venez travailler à 7h et que vous habitez Pontoise, et bien vous mettez plus d’1h30 à venir et vous êtes susceptibles d’être contrôlés (…) le soir c’est la même problématique, lorsque certains personnels terminent à 21h15 en attente de la relève de l’équipe de nuit », indique Barbara Filhol. « À nouveau c’est une pression, après une journée de travail je dois me demander si j’ai bien mon attestation, et si je me fais attraper, les 135€ je devrais quand même les payer ? »

Une réorganisation du temps de travail qui ne passe pas

C’est dans ce contexte que la proposition de nouvelle organisation du temps de travail avec 12 heures sur place dont 2 heures de repos obligatoires non comptées a mis en feu aux poudres. Une réorganisation motivée par la direction par les soucis financiers de l’établissement, pris en ciseaux entre la diminution du nombre de pensionnaires et les coûts de la crise sanitaire.

Lire : La grève s’enlise à l’Ehpad Saint-Joseph de Cachan

Ce samedi 24 octobre, après une semaine de grève et d’occupation, les salariés et la CGT ont négocié la sortie de crise. “Les salarié-e-s de cet établissement vont avoir un droit d’option, un libre choix ! C’est une victoire là ou partout dans les établissements, la généralisation des 12h en Ehpad avance à grand pas”, se réjouit la CGT dans un communiqué.

Contactée, la direction de l’association Monsieur Vincent, qui gère l’Ehpad Saint-Jospeh de Cachan, n’a pas souhaité s’exprimer.

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