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Guerre des bandes autour d’Orly: les mères ne lâchent rien

Guerre des bandes autour d’Orly: les mères ne lâchent rien © RB

Liesse, 29 ans, mort sous les balles dans le quartier des Saules en 2011. Hassine, 20 ans, abattu devant un café en juillet 2013. Mokhtar, 20 ans, attaqué mortellement au couteau rue Jean Racine en 2014. Sabri, 19 ans, tué à l’arme blanche ce samedi 3 octobre, cité Alfred de Musset. A Orly, la guerre des bandes dure depuis plus de 20 ans. Les parents des jeunes du quartier se souviennent mais ne se résignent pas.

Guerres entre cités orlysiennes des Saules et Alfred de Musset, avec Jacques Cartier à Choisy-le-Roi, Raguet Lépine à Villeneuve-le-Roi… Les rixes ne finissent pas toujours au cimetière mais chaque violence entraîne un match retour. “On te vengera”, ont déjà écrit des proches de Sabri sur les murs de sa cité Alfred de Musset.

A peine trois jours après le meurtre, des jeunes d’Orly ont tabassé un Villeneuvois au cours d’un guet-apens, illustre une des mères du quartier. “Et encore, ce n’est qu’un semi match-retour, puisque pour les jeunes d’Orly, les Villeneuvois leur “doivent” un mort”, précise l’Orlysienne qui a déjà anticipé. Maman de deux garçons, dont un a déjà été violenté plusieurs fois, elle a décidé d’arrêté de les envoyer à l’école bien avant les vacances de la Toussaint.

Depuis la mort de Sabri, des parents, essentiellement des mères d’Orly, ont décidé de réagir, de proposer de solutions, de demander des comptes. Réunis dans le collectif “Orly Villeneuve-le-Roi Choisy-le-Roi Jeunesse en Paix”, ils veulent jouer groupé avec les parents des autres villes et entendent mobiliser les pouvoir publics.

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Parmi leurs requêtes : l’installation de caméras mais pas forcément de plus de présence policière. “Souvent dans les trois mois qui suivent les grosses rixes, les policiers font davantage de rondes autour de la cité. Certes, cela empêche les bagarres mais cela ne se passe pas toujours bien “, pointe une mère. Le dialogue police-jeunesse fait aussi partie des sujets. Le collectif déplore surtout le manque de mixité sociale et la disparition de la vie de quartier qui permettaient de maintenir une certaine harmonie entre les jeunes. Et de réclamer plus d’éducateurs et d’activités pour les jeunes.

Pour commencer, le collectif a été reçu par la maire d’Orly, Christine Janodet, mercredi dernier. “Le problème est que l’on nous oppose toujours le manque de moyens”, confie une porte-parole en sortant. La maire, elle, considère que l’entretien a été fructueux. “Je crois très fort au travail en collaboration avec les parents. Ils sont dans la peur mais ont envie de se retrousser les manches”, pose l’élue, également convaincue de la nécessité de réagir. “Les jeunes sont de plus en plus jeunes et de plus en plus armés. Les bagarres classiques deviennent des drames à cause des armes blanches et des pistolets”, résume la maire.

Parmi les premières réactions institutionnelles au meurtre de Sabri, un CLSPD (Comité local de sécurité et prévention de la délinquance) s’est tenu en urgence le vendredi 9 octobre. Au menu : les actions de prévention et de sécurisation. Côté prévention : des actions de médiation, d’accompagnement des familles, des activités ludiques partagées entre les villes… Côté sécurité : l’installation de nouvelles caméras pensées au niveau intercommunal, un renfort policier sur la ligne 3 du bus Keolis…

“Nous, c’est surtout le travail de fond que l’on attend : on veut plus de moyens pour les jeunes, c’est notre priorité”, réclame la porte-parole du collectif.

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