Culture | Hauts-de-Seine | 16/12/2020
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Hauts-de-Seine: les musées tentent de se projeter après le Covid

Hauts-de-Seine: les musées tentent de se projeter après le Covid © Musée Français de la Carte à Jouer / Ville d’Issy-les-Moulineaux

Encore trois semaines de plus. Les musées et les autres lieux de la culture n’ont pu rouvrir ce mardi 15 décembre alors que de nombreux établissements avaient commencé à communiquer sur leurs activités. Dans les Hauts-de-Seine, des musées essaient malgré tout de se projeter.

Pendant l’année 2020, les musées n’auront pu ouvrir que six mois. Après le premier confinement, l’appétit culturel était pourtant revenu. « À la réouverture, on a senti de l’excitation de la part des visiteurs », indique Denis Butaye, directeur du Musée Français de la Carte à Jouer à Issy-les-Moulineaux. « Après le confinement, on a réussi à attirer du monde. Au mois de juillet, on avait aussi assez bien rempli nos créneaux », se souvient aussi Margaux Thomas, médiatrice au Musée des Avalines de Saint-Cloud (consacré à l’art et l’histoire de la ville). « Avec la journée du patrimoine, on a aussi attiré du monde à la rentrée. Et deux semaines avant le confinement, on a ouvert notre exposition temporaire sur la princesse Palatine, qui marchait bien. C’était assez frustrant de fermer, car on était vraiment sur une bonne dynamique. »

Comme le précise Emmanuel Delbouis, consultant en stratégie de marque pour le ministère de la Culture, « c’est un secteur très attractif en France, que ce soit le patrimoine ou le spectacle vivant. » En 2018, la branche du patrimoine, comprenant les musées et les monuments, représentait 4.6 milliards d’euros (chiffres du ministère de la Culture). Une branche qui connaît une hausse de 3,4% grâce notamment à l’attractivité des musées français et de la multiplication de l’offre culturelle. Mais Denis Butaye reste inquiet face à ce deuxième confinement plus impactant que le premier. À l’ouverture hypothétique du 7 janvier, aucune exposition n’est programmée dans son musée. « On est sur une logique de report. On avait une exposition extrêmement ambitieuse qui devait commencer le 15 décembre mais elle a été déplacée à l’année prochaine. Et les événements prévus en janvier sont tous reportés au mois d’avril. »

« Compte tenu de l’ambiance anxiogène, je pense qu’il y a un besoin de culture », insiste pourtant le directeur.

Internet est loin d’être la solution à tout

Comme de nombreux professionnels, les musées ont dû se rabattre sur Internet, en proposant un contenu en ligne pour conserver une relation avec le public. Le Musée des Avalines a mis en ligne une partie de l’exposition temporaire sur la princesse Palatine. Quotidiennement, le musée publie sur ses réseaux sociaux une anecdote sur l’exposition. « Les réseaux sociaux nous permettent seulement de garder un lien avec un certain public, ceux qui nous connaissent déjà », fait toutefois remarquer Denis Butaye.

Pour Emmanuel Delbouis, « c’est important de développer une audience via Internet, il faut être présent. » Depuis quelques années, les établissements du patrimoine ne négligent pas ce nouveau canal en proposant des contenus interactifs à travers des activités en réalité virtuelle pour attirer un nouveau public. Mais cela a ses limites. « Il faudra tôt ou tard parler de la monétisation de ces contenus. Les musées ont besoin de recetteSi les musées doivent mettre en ligne un contenu de qualité, c’est du travail derrière », note encore Emmanuel Delbouis. Il craint également que le mécénat ne se tourne vers des actions plus sociales, délaissant la culture dans les prochains mois.

Réinventer le musée pour les années à venir

Après cette année chamboulée, le défi de 2021 sera re reconstruire du lien avec le public, lequel aura une couleur plus locale alors que les touristes étrangers risquent encore de se faire attendre quelques mois. Un mal pour un bien pour les musées municipaux qui concentrent un public francilien.

© Codex Urbanus
Au Château de Malmaison, l’article Codex Urbanus intègre son univers chimérique dans les oeuvres présentes dans le château

Cette « stratégie locale » doit être préconisée pour au moins l’année prochaine estime Emmanuel Delbouis. Travaillant également pour les châteaux de Malmaison (ancienne demeure de Joséphine de Beauharnais) et de Bois-Préau situés à Rueil-Malmaison, le conseiller tente d’appliquer la recette. La demeure de Joséphine de Beauharnais accueille par exemple les œuvres du graffeur parisien, Codex Urbanus.

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