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Impactés par la grève, les commerces du Val-de-Marne misent sur les soldes

Impactés par la grève, les commerces du Val-de-Marne misent sur les soldes

Baisse de la fréquentation, retard des livraisons, difficultés d’accès des employés… La grève des transports entamée depuis le 5 décembre a plombé le mois de décembre si stratégique aux commerçants, même si certains, en centre-ville, ont profité de la clientèle de proximité. Témoignages à Val-de-Fontenay, Okabé, Vincennes, Saint-Maur, où l’on mise désormais sur les soldes qui commencent ce mercredi 8 janvier.

« C’est désastreux, il y a eu une baisse de chiffre d’affaires de 40% par rapport à l’an dernier », confie la gérante d’un magasin de vêtements au centre commercial Auchan de Fontenay-sous-Bois. Soutenant malgré tout le mouvement, elle souhaite que le gouvernement bouge rapidement. « On ne peut pas continuer comme ça! » Une responsable d’une boutique de bijoux estime quant à elle une perte de 20% de son chiffre d’affaires comparé à 2018. « Il y a plein de sociétés autour du centre commercial qui normalement nous ramènent des clients mais beaucoup d’employés ont recouru au télé travail et il y a beaucoup moins de monde. »

A Okabé, centre commercial au centre du Kremlin-Bicêtre, on ressent aussi la différence. « On ressent un manque à gagner évident, confie le gérant d’un magasin de puériculture. Mon public est déjà restreint car il concerne essentiellement les femmes enceintes, soit 1 à 2% de la population. Ajouté à ça que je m’aligne sur les prix du web, si je vais plus loin dans les soldes je me tire une balle dans le pied! » Certains ont constaté un afflux au dernier moment, comme dans ce magasin de prêt-à-porter. « Notre chiffre d’affaires n’a pas été trop impacté mais au lieu de venir un peu chaque weekend, les clients sont tous venus le dernier weekend avant Noël. Une bonne fois pour toutes, surement pour ne galérer qu’une seule fois dans les transports », estime le gérant. « Plusieurs rendez-vous de clientes ont été annulés, faute de pouvoir se déplacer, ou parce qu’elles étaient bloquées dans les transports ou par les bouchons. Mais certaines qui habitent le Kremlin et allaient à notre centre d’Ivry-sur-Seine sont venues chez nous car c’est accessible à pied », note une esthéticienne. Un marchand de jeux estime aussi que le reflux a été compensé par la clientèle locale. « Les grèves ont évité que des gens qui habitent près d’ici aillent au centre commercial de Belle Epine, qui est bien plus grand. Nous avons un peu moins de passage que les autres années mais nous ne sommes pas impactés tant que cela. De toutes façons, c’est pour la bonne cause. Je soutiens le mouvement, et entre employés, on se débrouille. Certains viennent à pieds, d’autres partent plus tôt. Nos grands-parents n’avaient pas tous ces transports à disposition, alors on peut faire sans! » se raisonne le vendeur.

Des heures à pied ou dans les bouchons

Car au-delà de la clientèle plus clairsemée, les difficultés de transport ont d’abord impacté les marchands eux-mêmes. « Je n’ai pas pu venir travailler pendant sept jours à cause des grèves », confie un salarié du centre commercial fontenaysien. « J’ai une collègue qui met 3h pour venir de Paris au lieu d’1h, elle est même obligée de prendre le taxi dès fois au retour, ça lui coûte très cher », confie un autre. « Je me retrouve dans les embouteillages et j’arrive énervé au travail en sachant que la journée ne va pas être très bonne », pointe encore un autre. « Pour nous cela ne change pas grand chose qu’il y ait moins d’employés vu qu’on n’a pas autant de clients », se résout une bijoutière. Même constat à Okabé. « J’habite à Montrouge, donc j’ai marché depuis chez moi pendant 1 heure pour venir travailler. Il y a un manque de personnel, des retards ou des désistements de dernière minute car certains ont peur de ne pas pouvoir rentrer le soir », témoigne la vendeuse d’un magasin de sport. « Au début des grèves, quand il n’y avait vraiment aucune ligne et aucun bus, je venais à pieds depuis Porte de la Villette : 3h aller, 3h retour! », indique l’employé d’une enseigne de nettoyage à sec, qui soutient malgré tout le mouvement. « Pour faire 17 km, je mets 2h40 en voiture, témoigne en core l’employée d’une parfumerie. Et j’ai mon fils à déposer à l’école avant donc c’est la course contre la montre! »

Approvisionnement compliqué, collection annulée

Certaines enseignes confient aussi leurs difficultés d’approvisionnement engendrant une baisse des stocks « A cause des grèves on a eu beaucoup d’annulation de livraisons donc moins de produits pour la clientèle qui était déjà réduite, cela s’est ressenti d’autant plus sur les ventes. On a même dû annuler une partie de notre collection de Noël car elle n’a pas pu être livrée à temps » explique une vendeuse d’un magasin de cosmétiques à Val-de-Fontenay. Le gérant d’une boutique de chaussures expose pour sa part des ruptures de disponibilité dans certaines pointures : « Je suis assez énervé car on a peu de clients et en plus on n’est pas toujours en mesure de répondre à leurs attentes! »

En centre-ville, le manque à gagner compensé par la clientèle de proximité

Dans le centre-ville de Saint-Maur-des-Fossés, les avis sont plus contrastés. « Cela a eu un impact énorme au niveau du chiffre d’affaires. D’habitude, les gens viennent aussi après le travail mais quand tu mets 2h pour rentrer chez toi, tu n’as pas le temps de faire les magasins et surtout pas l’envie! » explique cette responsable d’un magasin de vêtements. Dans un autre magasin, on estime au contraire que la grève a été bénéfique. « Beaucoup de clients se sont rendu dans notre magasin car ils ne pouvaient pas aller plus loin. Nous avons même explosé les scores par rapport à l’an dernier! »

Dans le centre-ville de Vincennes, plusieurs commerçants estiment également n’avoir pas souffert. « Les personnes qui fréquentent la rue commerçante sont surtout des habitants de Vincennes », confie un marchand de chaussures.

A Créteil Village, les premiers retours font également état d’une hausse de la fréquentation, note-t-on à la CCI du Val-de-Marne.

Cellule de crise
La Chambre de commerce a réactivé sa cellule de crise comme lors du mouvement des gilets jaunes, avec un numéro de téléphone 01 49 56 56 30 et un mail dédié entreprises94@cci-paris-idf.fr pour signaler les difficultés. Elle prévoit par ailleurs une réunion de suivi avec les entreprises, courant janvier, en lien avec les différentes administrations et le tribunal de commerce.

Les soldes, très attendues des commerçants

Désormais, les commerçants misent sur les soldes qui démarrent ce mercredi 8 janvier jusqu’au 4 février. « C’est les soldes demain. Tu verras qu’on aura du monde! », tente une employée d’une boulangerie d’Okabé pour réconforter sa collègue. Dans le centre, les magasins sont déjà au taquet. : « On commence les soldes dès aujourd’hui au lieu de demain. Mais on a déjà fait des promotions durant les grèves faute de clients donc on ne peut pas solder plus que prévu », confie l’employée d’un magasin de chaussures tout en étiquetant les articles avec des pastilles rouges -50%.

Propose recueillis par Louisiane Taillard et Virginie Idéal

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