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Le centre d’art contemporain Aponia quitte Villiers-sur-Marne

Le centre d’art contemporain Aponia quitte Villiers-sur-Marne

A vendre ! Maison remarquable aux portes de Paris, propriété atypique de 287 mètres carrés avec grand jardin. Des annonces immobilières à Villiers-sur-Marne, il n’en manque pas, mais pour les amateurs d’art qui ont reconnu le centre d’art contemporain Aponia, celle-ci a retenu l’attention.

La fin d’une belle histoire qui démarre à la fin des années 90 lorsque Eve Frison-Barret et Alain Barret achètent une ancienne menuiserie pour la retaper en logement mais aussi en lieu dédié à l’art contemporain. «De nombreux artistes aujourd’hui très connus ont été exposés chez nous au tout début de leur carrière. Nous avons été des dénicheurs de talents. Nous avons fait vivre ce centre avec plus d’une centaine d’expositions temporaires dont nous avons édité les catalogues. Aponia s’est également investi dans la formation en direction des publics scolaires et des étudiants se destinant aux grandes écoles d’art», résume la fondatrice qui co-anime le lieu avec son mari, enseignant et artiste plasticien.

Fraîchement retraitée du ministère des finances, Eve Frison-Barret a désormais beaucoup plus de temps à consacrer à sa passion, des projets plein la tête et une collection personnelle de plus de 200 œuvres qu’elle aimerait pouvoir exposer. Mais ce n’est pas à Villiers-sur-Marne que l’aventure se poursuivra. Les propriétaires du lieu estiment que le soutien de la ville n’a pas été suffisant pour leur permettre de développer le projet. «Nous fonctionnons essentiellement grâce au mécénat. Or, lorsque vous n’avez pas le soutien de votre ville de résidence, il y a de la réticence. Quand vous réalisez des dossiers de subventions de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), ils sont particulièrement attentifs aux relations de partenariat que vous entretenez avec la commune sur laquelle vous vous trouvez. Si ce n’est pas le cas, vous n’avez le droit qu’à des miettes. Au cours de ces 22 années, ça a été inerte. Nous avons eu également du mal à obtenir des soutiens du département et de la région», regrette la créatrice du lieu.

Petit détail qui n’a pas arrangé les relations cet hiver, Eve Frison-Barret figure sur la liste de Frédéric Massot, l’opposant PS du maire, aux élections municipales de 2020.

En raison du confinement, la dernière exposition d’Aponia, qui avait fait venir des œuvres de Grèce, n’a pu être ouverte au public. Le centre en a néanmoins édité le catalogue pour en garder une trace. Désormais, le couple prospecte un nouveau lieu. «Tout ce que l’on demande, c’est un endroit où l’on soit heureux de nous accueillir, le sourire d’un maire qui tient à faire quelque chose en matière d’art contemporain pour sa commune. Il y a encore aujourd’hui une grande ignorance sur cette thématique.»

Au cabinet du maire, Jacques-Alain Bénisti, on regrette le départ du centre d’art, reconnaissant son savoir-faire et son dynamisme. «Nous avons inscrit le centre d’art contemporain dans la programmation culturelle de la ville et ce malgré une défiance affichée à notre égard. C’est vraiment dommage parce qu’ils proposaient des artistes intéressants, des expositions de qualité et avaient noué des partenariats pérennes avec l’Education nationale. Le fond de notre désaccord, qui dure depuis une vingtaine d’années, c’est que nous avons fait le choix de ne pas accorder de subventions de fonctionnement aux équipements culturels, seulement des financements pour des projets conventionnés.»

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