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Le Plessis-Trévise – Modem: Sabine Patoux quitte la majorité et se lance aux municipales

Le Plessis-Trévise – Modem: Sabine Patoux quitte la majorité et se lance aux municipales

(mis à jour 15h avec l’annonce du soutien LR 94) Alors que la transition entre l’ancien sénateur-maire Modem Jean-Jacques Jégou et Didier Dousset s’était déroulée dans l’unité en 2014, les municipales 2020 s’annoncent à couteaux tirés entre centristes au Plessis-Trévise. Un coup d’éclat qui illustre la crise que traverse le Modem 94 depuis 2017 et s’explique aussi à la lumière des départementales de 2021.

Ce jeudi 6 février au Conseil municipal du Plessis-Trévise, c’est dans une longue déclaration que Sabine Patoux, deuxième adjointe déléguée à l’urbanisme, à l’habitat et à la politique de la ville, par ailleurs conseillère territoriale et départementale, a annoncé son départ de la majorité municipale sans cacher ses intentions de présenter sa propre liste. Un coup de tonnerre à la veille des dépôts de candidatures en préfecture.

Règlement de compte en Conseil municipal

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? La proximité de l’élue avec la droite départementale et avec la majorité de Villiers-sur-Marne, celle-ci s’illustrant par le refus de soutenir le candidat Modem Fernand Ferrer contre le maire LR Jacques-Alain Bénisti. « Vous n’ignorez pas que le Val-de-Marne est le dernier département communiste de France. Qu’il n’est pas forcément souhaitable que cette exception perdure au-delà de 2021, dans l’intérêt de ses habitants, de nos habitants. Et qu’il n’y a qu’une voie possible pour cela : celle d’une collaboration du centre et de la droite. S’agissant de Villiers, nos échanges depuis cinq ans ont toujours été respectueux et fructueux, et je vous redis une dernière fois qu’en dépit de vos pressions répétées, je ne les trahirai pas. Je me demande d’ailleurs si vous formulerez les mêmes critiques à tous les élus qui aujourd’hui font le choix de poursuivre ce travail commun des centristes et de la droite, comme par exemple votre présidente de groupe à la Région, Béatrice Lecouturier, ou encore Marielle de Sarnez, toutes deux sur des listes LR à Paris », se justifie l’élue, en séance, avant d’attaquer le bilan du maire sortant, regrettant une gouvernance qui aurait douché l’enthousiasme de l’équipe et un malaise au sein du personnel communal.

Pour la deuxième adjointe, la conclusion est claire. « Monsieur le maire, vous avez effectué un mandat de transition comme Jean-Jacques Jégou l’avait souhaité. Mais le Plessis et ses habitants méritent je crois une autre ambition qu’une simple gestion à vue, au jour le jour », estime l’ancienne colistière, déroulant une liste de six défis ressemblant à une esquisse de programme. « En cohérence avec ce que je viens de dire, j’ai adressé ce jour au préfet du Val-de-Marne ma démission. Nous ne ferons pas liste commune pour les prochaines élections municipales. Nos chemins se séparent donc maintenant. e veux terminer en disant simplement à mes collègues, qui ont donné beaucoup de leurs espoirs et de leur temps, souvent en sacrifiant un peu ou largement famille, amis, loisirs, travail, que j’ai pour eux beaucoup d’estime voire d’attachement, et que je poursuivrai volontiers avec ceux qui partagent la vision que je viens de décrire l’engagement et l’action qui nous tiennent à cœur, voire – qui sait ?- l’aventure d’une nouvelle page ambitieuse et volontaire qui ne demande qu’à être écrite au Plessis demain », conclut la désormais ex-adjointe.

L’ex-adjointe lance Le Plessis demain

Le Plessis- demain, c’est justement le nom de la liste que Sabine Patoux entend conduire en ville, avec l’appui des centristes ou sans étiquette qui souhaiteront la rejoindre, mais aussi de la droite alors que LR n’avait pas prévu d’investir une tête de liste au Plessis. Les discussions battent leur plein mais le temps est compté pour l’ancienne adjointe, alors que la clôture des candidatures reste le 27 février.

Au sein du Modem, des fissures depuis 2017

Pour comprendre le coup d’éclat de l’adjointe, il faut remonter à 2017 et envisager l’ensemble des scrutins en jeu. Au moment des élections législatives d’abord. En pleine euphorie centriste post-élection d’Emmanuel Macron, le Modem départemental souhaite présenter l’ancien maire et parlementaire Jean-Jacques Jégou, mais le refus LREM est catégorique. L’ancien président du Modem départemental, trésorier du mouvement national, a déjà siégé plusieurs fois à l’Assemblée nationale et au Sénat. Rédhibitoire. C’est finalement Maud Petit, ex-UDI, alors conseillère déléguée à Villiers-sur-Marne, qui est désignée. (Voir article) A l’époque, le nom de Sabine Patoux, conseillère départementale et adjointe, parmi les membres actifs du Modem94, a pourtant circulé. Selon certains observateurs taquins, Maud Petit aurait été vue comme plus facilement « contrôlable ». La suite prouvera le contraire… La députée n’a ainsi pas hésité à apporter son soutien à des candidats aux municipales contre l’avis de son parti, comme par exemple à Chennevières et Villejuif, de même qu’elle ne vote pas toujours comme la majorité lui demande à l’assemblée nationale.

Lors des sénatoriales 2017, deux lignes s’opposent à l’intérieur du Modem départemental. L’une défend une candidature autonome, l’autre un accord avec LREM en négociant une tête de liste Modem femme, parmi les conditions posées par LREM. Là encore, le nom de Sabine Patoux circule. La première option l’emporte avec Didier Dousset en tête de liste, mais celle-ci arrive en 5ème position, derrière LREM et l’UDI, peinant à faire le plein de son propre réservoir de voix. (voir article)

L’élection des instances du Modem qui suit, fin 2017, est tendue, qui n’arrive pas à réaliser le consensus et voit deux lignes s’affronter. Didier Dousset est réélu avec 60% des voix contre Morgan Le Hegarat. (Voir article) Le Conseil départemental, qui fait l’objet d’un scrutin de listes, est serré, qui donne 11 sièges à la liste Un nouveau souffle menée par Jean-Brice de Bary et soutenue par Morgan Le Hegarat, et 13 sièges à celle de Nadia Chiboub, soutenue par le président. Un recours est déposé par la liste minoritaire qui se conclura par une conciliation.

A l’approche des municipales, c’est l’alliance quasi-systématique avec LREM qui est mal vécue par une partie du Modem qui a pris l’habitude de travailler avec LR et UDI dans les majorités sortantes.
Lire : Municipales 2020 en Val-de-Marne: crise interne au Modem

Après les municipales, les départementales

Si cette problématique ne concerne pas Sabine Patoux au niveau municipal, puisque LREM soutient le Modem et sa majorité de droite et du centre, elle la concerne en tant que conseillère départementale. En 2015, le binôme Sabine Patoux (Modem) – Emmanuel Gilles de la Londe (LR) a été soutenu par l’ensemble de la droite, scellant une alliance au-delà de la ville du Plessis, avec notamment, dans le canton, la ville de Villiers-sur-Marne. Dans ce contexte, la conseillère départementale a travaillé avec la majorité de Villiers et ne souhaite pas soutenir un candidat contre le maire, même Modem. « Je comprend tout à fait la décision de Sabine Patoux. Nous avons un pacte d’union et n’avons jamais trahi personne. Elle ne veut pas trahir non plus », réagit le maire-candidat LR de Villiers-sur-Marne, Jacques-Alain Bénisti, indiquant qu’il saura se souvenir des élus qui n’ont pas trahi lors des départementales de 2021.

LR Val-de-Marne apporte son soutien franc et massif

Dans ce contexte, Les Républicains Val-de-Marne ont tranché sans hésité en faveur de la candidate. « Sabine Patoux partage notre conscience des enjeux départementaux et notre conviction que c’est grâce à l’alliance de la droite et du centre que nous avons obtenu plus de voix que la gauche aux départementales de 2015 et que nous avons gagné les élections régionales. C’est par ailleurs une excellente conseillère départementale très engagée dans l’exercice de ses mandats, posée mais déterminée. Et nous n’avons aucun doute sur sa capacité à diriger une ville », motive ainsi Olivier Capitanio, président des Républicains du Val-de-Marne mais aussi du groupe LR et apparentés au Conseil départemental. De son côté, Laurent Lafon, sénateur et président de l’UDI Val-de-Marne, indique que rien n’est tranché. Reste à savoir dans quelles proportions s’organiseront ces étiquettes dans la liste.

Didier Dousset a déjà déposé sa liste

De son côté, le maire sortant du Plessis-Trévise, Didier Dousset, a déjà déposé sa liste « Avec vous Le Plessis passionnément! » Lui défend une équipe stable, « renouvelée à 30% contre 80% en 2014 », date de la transition avec Jean-Jacques Jégou. « Beaucoup d’élus veulent poursuivre leur action et nous avons une équipe homogène », se réjouit le maire en déroulant un programme qu’il veut plus vert avec « des nouvelles pistes cyclables, une liaison entre les parcs, un équilibre construction-paysage, une nouvelle salle de sport pour les jeunes… » Le départ de Sabine Patoux? Le maire s’accorde sur ses causes principales, le refus de soutenir des candidats Modem, ce qu’il regrette au nom « des valeurs centristes » du mouvement.

En face, une gauche unie autour de Mirabelle Lemaire

Face aux deux candidats du centre et de la droite la gauche sera unie en la personne de Mirabelle Lemaire, déjà candidate en 2014 mais cette fois seule à gauche, au nom d’une liste sans étiquette « Ensemble à gauche pour un Plessis plus social, écologique et solidaire ».

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