Education | Ile-de-France | 08/12/2020
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Les difficultés de remplacement de professeurs absents aggravées par le Covid

Les difficultés de remplacement de professeurs absents aggravées par le Covid
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Personnels vulnérables, cas contacts ou positifs au Covid-19, la crise sanitaire rend encore plus criant le problème récurrent des professeurs absents non remplacés qui, selon les syndicats, ne sera pas réglé par les dernières annonces de nouveaux recrutements.

“La semaine dernière on était 10 collègues absents sur 34”, raconte Deborah, professeure dans un collège REP à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). En poste depuis dix ans dans son établissement, c’est la première fois qu’elle voit “autant d’absences non remplacées“. “Les élèves ne sont plus du tout dans une ambiance de travail”, déplore-t-elle.

Voir notre reportage : Vitry-sur-Seine: colère contre les absences non remplacées à l’école

Des contractuels jusqu’en février

Pour faire face au problème, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a annoncé fin novembre le recrutement de 6 000 remplaçants contractuels pour le premier degré et 8 000 assistants d’éducation (AED) pour les collèges et lycées jusqu’aux vacances de février.

Selon le ministère, cela porte à 80 000 environ le vivier de remplaçants. Au total, 8% à 9% des professeurs ont été comptabilisés comme personnels “vulnérables“, ce qui ne veut pas forcément dire qu’ils ne viennent pas en classe ou ne donnent pas de cours, précise-t-on.

Pour les syndicats, le compte n’y est pas. “Le Covid-19 s’ajoute aux maladies saisonnières qui sévissent de novembre à février et ne fait que compliquer le problème”, déclare Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Selon elle, recruter sur une durée de trois mois seulement n’est pas la bonne méthode: “Dès septembre, il aurait fallu anticiper et aller chercher du personnel qu’on aurait eu le temps de former”.

“Le Covid fait des ravages”, constate Pascale Poussier, directrice d’école syndiquée au SE-Unsa à Argenteuil (Val-d’Oise). L’épidémie aurait “triplé les besoins” de remplacements, selon ses calculs. Cette semaine, son école compte ainsi 7 professeurs absents: deux sont malades, l’un est positif au coronavirus et quatre sont “cas contact”. Seulement deux ont pu être remplacés, souligne la directrice, elle-même en télétravail forcé.

L’académie de Créteil particulièrement touchée

Certaines académies sont particulièrement touchées, comme celle de Créteil, confrontée de façon chronique à une pénurie d’enseignants.  “Toute notre énergie est absorbée à se bagarrer pour avoir un enseignant sur une classe (…). Ca épuise, on a l’impression de dilapider notre énergie dans autre chose que notre cœur de métier”, regrette Cyrille Micheletta, professeur en CE1 à Vitry et représentant local du Snuipp-FSU. De son côté, le rectorat se dit de son côté pleinement “mobilisé” sur la question.

Lire aussi : Milliers de jours/enseignants non remplacés en Val-de-Marne: rassemblement à Créteil

Dans le secondaire, on constate aussi des “tensions plus fortes que d’habitude en raison du Covid-19”, décrit Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat. Or les “réponses apportées ne sont pas adaptées”, selon elle, car les assistants d’éducation – les anciens “pions” – n’assurent pas des heures de cours effectives.

Dans un collège de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), un professeur de technologie, personnel vulnérable, est absent depuis le début de l’année et n’a assuré aucun cours à distance. “Nous avons demandé un remplaçant mais le rectorat répond qu’il n’y a plus de vivier”, explique la principale.

Lire aussi : Gestion de crise pour pallier l’absence des agents territoriaux des lycées et collège

“Ma fille, en 4e, n’a pas de cours d’histoire-géo depuis trois semaines et ce sera le cas jusqu’aux prochaines vacances”, témoigne aussi Nageate Belahcen, présidente de la FCPE (parents d’élèves) du Val-de-Marne. “Nos gamins n’ont pas eu cours au premier confinement, là ils n’ont pas cours au second, on annonce une troisième vague, on se demande quand ils pourront avoir la totalité de leurs cours”, s’inquiète-t-elle.

par Isabelle TOURNÉ / Marine PENNETIER

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