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L’OPH de Villejuif met ses repreneurs en concurrence

L’OPH de Villejuif met ses repreneurs en concurrence

Promis à CDC Habitat par l’ancienne majorité municipale, pour répondre à la loi Elan sur le logement qui impose une taille minimum aux offices publics de l’habitat, l’OPH de Villejuif a remis les dés en jeu et s’apprête à départager Opaly, Valophis et IDF Habitat.

Avec un patrimoine de 3200 logements, l’OPH de Villejuif est loin du seuil des 12 000 logements requis comme seuil minimum par la loi Elan et a jusqu’au 31 décembre pour se rapprocher d’un autre office ou bailleur. L’ancienne majorité municipale, menée par Franck Le Bohellec (apparenté LR), s’était rapproché de CDC Habitat pour opérer cette transition mais une partie des locataires et l’opposition s’était mobilisée pour protester contre ce choix. Elu en juin, Pierre Garzon (PCF), avait donc inscrit dans ses promesses de campagne de remettre ce choix en cause. «Nous avions déjà eu de mauvaises expériences avec ce bailleur qui a la pénible habitude de vendre à la découpe les logements sociaux qu’on lui cède. Dans une ville où nous allons avoir trois lignes de métro, le foncier est une richesse incontestable et n’est qu’un placement financier pour un bailleur sans fibre sociale. Or, il y a 4 000 demandeurs de logements à Villejuif et nous manquons de logement social», motive le nouvel édile qui, dès sa prise de fonction, a signifié à l’investisseur institutionnel qu’il cessait les pourparlers.

Afin de boucler le dossier dans les temps, la municipalité a d’abord fixé des invariants pour éliminer les bailleurs qui ne passaient pas les critères tels que le maintien intégral du parc social ou la proximité par rapport aux locataires, explique le maire. La mairie a finalement sélectionné Opaly, le bailleur intercommunal d’Arcueil, Gentilly et bientôt du Kremlin-Bicêtre et de Cachan, IDF Habitat, opérateur régional, ainsi que Valophis Habitat, l’OPH du Conseil départemental.

Pour se départager, les candidats vont devoir répondre aux élus, lesquels pourront s’appuyer sur les contributions de la population (locataires, habitants, personnel de l’OPH, administrateurs,…). Un questionnaire vient d’être mis en ligne à cet effet et sera disponible dans les locaux municipaux ou de l’office. Les suggestions sont ouvertes jusqu’au 30 novembre.

Le grand oral des bailleurs-candidats

A l’occasion du Conseil municipal de ce lundi, une parenthèse d’un peu plus d’une heure a permis à un panel de la population de Villejuif d’échanger avec les représentants des trois bailleurs, à l’issue d’un film réalisé à partir d’une trentaine d’entretiens avec des locataires. Ces derniers y expriment leur attachement au parc social et leurs inquiétudes. «Comme ils veulent faire le Grand Paris, il vont faire les même prix que Paris, même dans le logement social. Pour nous les anciens, les loyers ne bougeront plus mais si on compte déménager, on ne pourra pas rester», redoute Cindy, mère au foyer. «Je préfère avoir un interlocuteur, pouvoir discuter avec lui et me sentir tranquille face à quelqu’un qui connaît ma situation. Dans un gros groupe, on est un parmi cinquante. Si je parle de mon logement à Armand Gouret ça ne va rien rien dire à quelqu’un qui travaille à l’autre bout de Paris», considère Maryn, juriste à la recherche d’un emploi. «Nous ne voulons pas de monstre, nous souhaitons l’OPH le plus local possible pour avoir un contrôle sur les charges, sur les loyers, permettre aux locataire et aux associations d’avoir une place et ne pas les traiter en cochon-payeur», résume encore Patrick Berlier, responsable local de la CNL.

Chaque représentant des candidats a ensuite disposé de trois minutes pour livrer un CV express de son entreprise et mettre en avant ses priorités et ses valeurs. Christian Harcouët, secrétaire général de Valophis Habitat, a mis en avant le rattachement récent des offices de Nogent-sur-Marne, Bonneuil-sur-Marne et Villeneuve-Saint-Georges. «Notre taille peut impressionner mais nous sommes tout petit par rapport à CDC Habitat ! Nous attachons beaucoup d’importance à la rénovation du patrimoine avec la sécurité en priorité. Nous avons également un centre d’appel performant et un espace de discussion dans lequel nous vous promettons une réponse sous 48 heures». Jean-Jacques Guignard, président d’IDF Habitat a pour sa part mis l’accent sur la défense des locataires. «Nous entendons vos exigences et comptons entreprendre une réhabilitation du parc social sur une dizaine d’années pour le rénover dans son ensemble et construire, grâce à l’une de nos filiales, un parcours résidentiel pour permettre de répondre à tous les besoins en logement». Carine Delahaie, présidente d’Opaly, a joué la carte du local et de la proximité. «Il n’y a pas de cahier des charges global, ce-sont les maires qui, en siégeant au comité d’orientation, décident de ce que l’on fait dans leur ville. Notre engagement est de mettre un gardien pour 100 habitants. Au-delà, il n’est pas possible de répondre convenablement». Tous ont eu pour point commun d’annoncer qu’ils conserveraient une agence sur la commune.

Tout doit être bouclé d’ici un mois

Le questionnaire peut être rempli jusqu’au 30 novembre, suite à quoi une réunion de restitution sera organisée le vendredi 4 décembre. Les élus rendront ensuite leurs arbitrages et devront valider leur choix lors du Conseil municipal du 14 décembre, pour être validé en Conseil de territoire du Grand-Orly Seine Bièvre deux jours plus tard.

Quelque soit le choix, Pierre Garzon estime qu’il n’y aura pas de perdant. «Deux des trois bailleurs sont déjà présents dans la ville, il y aura d’autres opportunités à venir avec les nouvelles opérations en cours. Cette participation leur permet de travailler pour et avec la ville, et leur servira par la suite.»

L’opposition dénonce une manipulation

L’opposition municipale, comptable du mandat précédent, a peu goûté aux critiques de la majorité quant à sa façon de gérer ce dossier de l’avenir de l’OPH et l’a fait savoir avec une intervention de Mamadou Tounkara également représentant CLCV des locataires. «On nous a fait croire que l’OPH de Villejuif avait été vendu par la majorité précédente jusqu’au dernier jour des campagne. C’était une duperie morale opérée pour des voix. (…) CDC habitat n’est pas un bailleur privé, c’est une filiale de la caisse des dépôts et des consignation donc les projets sont dictés par l’État et vont dans le sens d’une action publique. 26 milliard d’euros pour des programmes d’investissement et de rénovation thermique, des dizaines de milliers de nouveaux logements à construire, cela aurait été bienvenu à Villejuif où le patrimoine du parc social vieillit et où les besoins de logement sont grands. Par ailleurs, CDC n’a pas vocation à vendre du patrimoine mais à le valoriser et ce rapprochement n’aurait pas été une fusion mais la création d’une société d’économie mixte pour que l’OPH de Villejuif conserve sa forme actuelle. (…) Nous ne comprenons pas ce rejet et, quand on se penche sur vos proposition, nous nous interrogeons sur les motivations de ce choix, les trois bailleurs proposés possèdent des liens étroits avec le PCF puisqu’ils sont tous sous le contrôle direct des élus communistes. Intégrez CDC Habitat à la concertation ou nous informerons les habitants du danger d’un mariage politique qui pourrait appauvrir un peu plus notre parc», a prévenu l’élue.

Voir la retransmission du conseil municipal de Villejuif du 16/11

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