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« L’usine Renault de Choisy-le-Roi est archi rentable! »

« L’usine Renault de Choisy-le-Roi est archi rentable! » © Twitter J-F Mbaye

Sur la sellette, selon les indiscrétions du Canard enchaîné de la semaine dernière, l’usine Renault de Choisy-le-Roi ne fait pas partie des gros sites du constructeur automobile. Elle n’emploie « que » 263 salariés, 400 personnes en comptant les intérimaires et prestataires. L’établissement est en revanche très productif, remettant chaque année dans le circuit 40 000 boites de vitesse et 39 000 moteurs.

« Cela fait environ 300 organes produits par salarié chaque année, calcule Samir Slim, responsable syndical FO, le syndicat majoritaire de l’établissement. L’usine Renault de Choisy-le-Roi est archi rentable! » ponctue le délégué du personnel.

Spécialiste de l’échange standard, l’établissement récupère des pièces qu’il nettoie, répare et re-commercialise. Une activité d’économie circulaire qui lui confère une belle image de marque. Le site a aussi une démarche de responsabilité sociale importante en termes d’insertion par l’emploi, développée avec les partenaires institutionnels locaux.

Pour rappel du contexte, lire :
« Fermer l’usine modèle Renault de Choisy-le-Roi serait une hérésie! »
Renault Choisy-le-Roi : champion de l’économie circulaire

« Les rumeurs qui sont sorties dans la presse la semaine dernière nous ont beaucoup surpris car notre établissement fait toujours partie des premiers sur tous les indicateurs, qu’il s’agisse de la qualité, de la sécurité, du respect du budget, de la présence des salariés… Il y a un bon climat social dans l’entreprise et une partie du personnel est revenue travailler durant le confinement pour retoucher des moteurs neufs qui avaient un défaut. 20% des ventes de pièces de rechange en France sont issues de Renault Choisy pour l’année 2018, représentant un montant de 120 millions d’euros. Et nous sommes les seuls à gérer les pièces garanties 10 ans car les usines de fabrication passent à autre chose une fois la production d’une série achevée. Vraiment, nous ne comprenons pas. L’activité est stable, rapporte de l’argent, et peut encore se développer davantage », détaille Samir Slim.

L’éventuel transfert des activités de Choisy à Flins, évoqué par le journal Les Echos la semaine dernière, suscite également l’incompréhension. « Nous ne faisons pas du tout le même métier. Nous travaillons avec Cléon sous l’égide de la même direction mécanique, mais pas avec Flins. Ils font de la carrosserie et nous recyclons des moteurs… » s’interroge encore le syndicaliste.

Sidérés en apprenant la nouvelle, mercredi dernier, les salariés ont profité du CSE (Comité social et économique) qui se tenait le jour même pour poser des questions. « Le directeur même semblait surpris, car il a été recruté depuis l’Espagne pour développer le site, pas le fermer », rapporte le responsable syndical.

En attendant le vendredi 29 mai

Alors que la directrice générale du constructeur automobile, Clotilde Delbos, doit annoncer son plan d’économie de 2 milliards d’euros ce vendredi 29 mai, quelques jours après l’annonce du plan de relance du secteur par le président de la République, l’ensemble des collaborateurs du site est dans l’expectative. Ce même vendredi, un CSE d’entreprise est d’ores et déjà programmé le soir à 19 heures, pour débriefer…

« Aujourd’hui, il y a beaucoup de flou, nous attendons les annonces concrètes de la direction générale. En attendant, nous avons commencé à mobiliser les équipes en diffusant des tracts. Cet établissement a 70 ans et les anciens nous ont laissé un patrimoine fantastique, nous devons le défendre », enjoint le délégué du personnel.

Soutien politique massif, du PCF à LREM

Les salariés du site ont aussi reçu le soutien de plusieurs élus. Ce lundi, le député Jean-François Mbaye (LREM) s’est rendu sur place dès 7 heures du matin, suivi du maire de la ville, Didier Guillaume, accompagné d’un autre député, Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF.

Un « non-sens » selon le président du Conseil départemental

« La fermeture d’un tel site constituerait un non-sens total tant celui-ci a développé une expertise dans l’économie circulaire utile à la transition écologique pour l’ensemble du groupe Renault. Alors que de nombreux salarié.e.s ont perdu leur emploi des suites des mesures de confinement, les suppressions de postes induites viendraient alourdir un peu plus la crise sociale que nous vivons, a également réagi Christian Favier, président du Conseil départemental. L’Etat, premier actionnaire du groupe, vient de garantir à Renault un prêt d’environ 5 milliards d’euros. Comment justifier la suppression de centaines d’emplois venant d’une entreprise qui bénéficie d’un plan de soutien issu de fonds publics ? Nous demandons au gouvernement d’infirmer ces informations dévoilées par la presse et de confirmer au contraire le maintien des emplois et le développement du site de Choisy-le-Roi. »

« Renault à Choisy est un maillon du projet urbain, économique et social du Val-de-Marne », défend le président du Codev

« Avec les dirigeants de Renault Choisy, acteur actif du Codev du Val-de-Marne depuis sa création, mais avec aussi Sanofi, Air Liquide et d’autres acteurs industriels de la Seine Amont, nous avons bâti dès 2008 la charte « ville productive, ville solidaire » pour l’Opération d’Intérêt National (OIN) d’Orly Rungis Seine Amont, cette Grande Opération d’Urbanisme conduite par l’EPA ORSA, l’Etat, le Département et les Collectivités locales. La nécessité du maintien de nos savoir-faire industriels en cœur d’agglomération est désormais validée par tous. C’est un enjeu urbain et social et c’est la condition pour que puisse fonctionner à plein les potentiels de recherche et d’innovation de notre Région. La période récente a de plus démontré la nécessité de repenser localement les circuits économiques et de diminuer notre exposition aux risques d’une trop grande dispersion des chaînes de production à l’échelle internationale. Renault à Choisy est un maillon du projet urbain, économique et social du Val-de-Marne. Si l’entreprise confirmait une intention d’abandonner ce site, ce serait l’expression d’une politique intolérable, ainsi que le signal d’une mobilisation à laquelle le Codev prendra toute sa part. Le Codev du Val-de-Marne sera présent et s’impliquera dans toute initiative pour défendre le maintien du site », ajoute Dominique Giry, président du Conseil de développement du Val-de-Marne.

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