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Municipales 2020 au Kremlin-Bicêtre: candidats, contexte, attentes des citoyens

Municipales 2020 au Kremlin-Bicêtre: candidats, contexte, attentes des citoyens

Au Kremlin-Bicêtre, c’est dans un contexte d’affaire politico-judiciaire doublée d’une guerre des gauches que se tiendront les élections municipales de 2020. En lice, 9 candidats! Un record départemental.

La guerre des gauches ne date pas d’aujourd’hui. Dès 2014, le maire MRC sortant, Jean-Luc Laurent, qui venait d’être élu député de la circonscription avec le soutien du PS en ravissant le siège de l’ancien maire PCF d’Ivry Pierre Gosnat, avait du affronter une liste EELV et une liste divers gauche au premier tour. En face, la droite et le centre n’avaient pas non plus réussi à s’entendre et étaient parties sur deux listes séparées contrairement à l’accord UMP-Modem-UDI conclu dans beaucoup de villes. Le maire pouvait toutefois s’appuyer sur le MRC, le PS, le PCF – Front de gauche, le PRG, puis EELV au second tour.

En 2017, la séquence électorale rebat les cartes sur le plan national, et local avec l’élection d’une députée France Insoumise, Mathilde Panot, dans la circonscription, mais la majorité municipale reste unie dans sa pluralité. Entre temps, début 2016, Jean-Luc Laurent a passé le témoin à son poulain, Jean-Marc Nicolle, à l’époque MRC, afin de rester député. Entre les deux, c’est une amitié de trente ans. La transition est douce, d’autant que le nouveau maire était déjà premier adjoint et très présent dans tous les dossiers de la ville.

Le coup de tonnerre qui va faire exploser la majorité de gauche résonne fin mars 2018 avec le placement en garde à vue du nouveau maire Jean-Marc Nicolle pendant 48 heures, suivi d’une mise en examen pour abus de confiance, favoritisme, trafic d’influence et corruption active. Président d’une association oenologique, Au Sergent du Kremlin, l’édile est soupçonné d’avoir puisé dans sa caisse alimentée par un sponsoring (très discret) d’entreprises locales afin d’assouvir son addiction au tiercé, jouant parfois plusieurs milliers d’euros au PMU dans une journée. Au-delà du mélange des caisses, la justice s’interroge sur le lien entre les versements de ces entreprises et le fait qu’elles avaient obtenu des marchés de la ville et de la communauté d’agglomération. Les sommes en jeu se chiffrent en centaines de milliers d’euros. A ce jour, l’affaire est toujours en cours d’instruction.

Lire à ce sujet les explications du maire lui-même, à l’occasion d’une conférence de presse sur le sujet au printemps 2018.

Dans la majorité, c’est la sidération. Tout le monde tombe de sa chaise à commencer par son ami Jean-Luc Laurent. Ce dernier, toutefois, a déjà commencé à voir son poulain sous un autre jour. Dès la mi-mars en effet, le MRC a pris la décision de porter plainte au pénal contre l’élu en raison de notes indigents estimées comme surfacturées à la petite association d’élus du MRC, la FRE (Formation républicaine des élus). Le mouvement s’interroge par ailleurs sur des frais de restauration non justifiés au sein du MRC Val-de-Marne.

Lire : Notes indigentes surfacturées: le MRC porte plainte contre J-M Nicolle

Dans la majorité, personne ne souhaite d’abord s’exprimer contre le maire, beaucoup étant persuadés qu’il va démissionner de lui-même. Mais il n’en est rien. Et passé le temps de la surprise, vient celui de la division. Suit un temps de crise politique locale durant laquelle se succèdent les conseils municipaux sans majorité. En septembre 2018 pourtant, le maire réussit à se recomposer une majorité, grâce à quelques élus issus des groupes d’opposition de droite et du centre tandis que les élus PCF, PS et ceux qui sont restés au MRC siègent désormais dans l’opposition

Lire : Comment le maire du Kremlin-Bicêtre a négocié une majorité plurielle

C’est dans ce contexte mouvementé que se profilent les élections municipales. Si la majorité recomposée du maire, qui s’appuie sur un nouveau mouvement local Le Kremlin en avant, trace sa route, le reste de la gauche, unie dans l’opposition, peine à s’allier pour reconquérir la mairie. L’ancien député-maire Jean-Luc Laurent estime être le plus à même de reprendre la ville et lance sa campagne, soutenu par le PS et Génération Ecologie. Le PCF, qui a désigné de son côté Ibrahima Traoré, discute avec un collectif citoyen, LFI et EELV, mais le consensus ne se fait pas sur la tête de liste et les principes de gouvernance et finalement, le collectif citoyen, EELV et LFI montent une liste commune portée par Rim Yehya.

En plus de ces trois listes de gauche en opposition au maire sortant, deux autres sortent du bois : celle de Hakim Mamouni, ancien responsable de la section locale de EELV, et celle de Jean-Pierre Ruggieri, ancien directeur de cabinet à la mairie du XIIIeme arrondissement.

A droite, c’est Enguerrand Delannoy (Libres), également soutenu par LR, qui porte une liste d’union droite et centre. Maire sortant d’un village de la Vienne, qui a rejoint le cabinet de Valérie Pécresse il y a deux ans, il a également le soutien du mouvement radical.

Au centre, il y a également La République en Marche et le Modem, qui ont investi Lionel Zinciroglu, fondateur dirigeant d’entreprises en ingénierie des travaux. Natif du Kremlin-Bicêtre, il est animateur du comité local LREM. Reste à savoir si le mouvement, arrivé en tête en ville aux Européennes avec plus de 25% des voix, loin devant EELV (16%) et le RN (12%), tous les autres mouvements restant en deçà des 10%, bénéficiera du même élan.

Enfin, Lutte Ouvrière, déjà présente lors des derniers scrutins, sera à nouveau de la partie avec le même candidat Nicolas Pétillot (2,31% en 2014, 2,19% en 2008), professeur en lycée professionnel.

Au total, les citoyens kremlinois devront donc se débrouiller avec 9 professions de foi pour faire leur choix…

Paroles et attentes et de citoyens

En ville, les attentes qui reviennent d’un quartier à l’autre concernant majoritairement les transports, la sécurité, la propreté.

Quartier de La Mairie Jacques retraité de 77 ans : « La ville pourrait être plus propre et
l’avenue de Fontainebleau est trop polluée. Cela fait sale dès qu’on y
va
. » Inès, étudiante en marketing de 22 ans : « Il devrait y avoir plus de
diversité dans les commerces en général, surtout au niveau de la restauration. Les transports sont souvent remplis, c’est assez embêtant
. » Claude, informaticien de 45 ans : « Il y a trop de bouchons sur l’avenue Fontainebleau c’est insupportable. Depuis que tout le monde fuit Paris pour aller vivre en banlieue c’est n’importe quoi la circulation. Il y a trop jeunes qui traînent aussi ça nous met mal à l’aise. On ne sait pas trop ce qu’ils font mais ça ne doit pas être très légal. On ne devrait pas assister à ça. »

Quartier des Martinets Bernard, retraité de 67 ans : « La ville pourrait être plus propre. J’aimerais aussi que les incivilités environnementales soient plus surveillées. Cela manque de sécurité, il y a beaucoup de trafic de drogue et personne ne fait rien. » Marine, psychologue de 57 ans : « Cette ville est trop sale et polluée. Il n’y a pas d’espace vert et pas de diversité dans les commerces. » Sarah, vendeuse en prêt-à-porter de 29 ans : « Il n’y a pas assez de commerce ici et aucun parc, ça manque de verdure comme dans d’autres villes comme Sceaux ou l’Hay-les-Roses. L’école primaire Benoit Malon est trop bondée aussi, il y a trop d’élèves par classe, ce n’est pas bien pour les enfants. » Claire, éducatrice spécialisée de 31 ans : « C’est beaucoup trop sale et bruyant. On ne se sent pas en sécurité, il y a toujours des jeunes qui traînent, ils doivent vendre de la drogue. »

Quartier de l’avenue Fontainebleau Sarah, institutrice de 48 ans : « Je suis amoureuse de cette ville donc
je n’y vois pas trop de problèmes sauf peut-être les transports parfois. Il pourrait y avoir plus de 47 par exemple
. » Christine, secrétaire de 54 ans : « J’aimerais me sentir plus en sécurité dans les rues. Ça craint un peu parfois quand même. Il n’y a pas assez de verdure aussi et le parc Pinel est vraiment trop petit et trop bétonné. » Fatoumata, serveuse de 36 ans : « Il n’y a pas assez de transports, ça m’arrive de devoir attendre 15 min un bus. Les rues sont trop sales aussi, il y a trop de déchets par terre, on devrait sanctionner les gens et les surveiller. »

Tout sur les candidats en présence

Enguerrand Delannoy
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Jean-Luc Laurent
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Hakim Mamouni
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Jean-Marc Nicolle
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Nicolas Pétillot
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Jean-Pierre Ruggieri
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Ibrahima Traoré
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Rim Yehya
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

Lionel Zinciroglu
Son actu
Sa liste (à venir)
Son programme (à Venir)

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