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Municipales à Villejuif: une gauche réunie qui revient de loin

Municipales à Villejuif: une gauche réunie qui revient de loin

Le 28 juin, Pierre Garzon (PCF) tentera de reconquérir Villejuif enlevée par Franck Le Bohellec (ex-LR) en 2014. Ce dernier, arrivé en tête, entend bien la conserver après un mandat mouvementé, comptant sur un rassemblement au-delà des étiquettes. A gauche, on espère que l’union retrouvée après une guerre fratricide fera la différence. Une réconciliation qui revient de loin.

Petit retour sur l’élection de 2014…

Le soir du 22 mars 2014, six listes sont en position de se maintenir au second tour dont 3 listes de gauche, celles de la maire sortante Claudine Cordillot (FG-PS 32,73%), de Natalie Gandais (EELV,10,42%) et de Philippe Vidal (divers gauche, 10,64%). Arithmétiquement, la gauche est majoritaire mais plusieurs sujets ont crispé les écologistes locaux, notamment sur le plan de l’urbanisme ou de la gouvernance. Le lendemain du premier tour, Philippe Vidal et Natalie Gandais ont fait leur choix. Ils rejoignent Franck Le Bohellec (UMP), arrivé en 2ème position avec 17,15%, et Jean-François Harel (UDI,15,82%), composant un attelage gauche-droite qui défend une vision au-delà des clivages politiques nationaux. Du côté de EELV, la pilule ne passe pas et les colistiers EELV sont exclus temporairement. Le sixième candidat à pouvoir se maintenir, Alexandre Gaborit (FN, 11,23%), reste également en lice. Le soir du deuxième tour, Franck Le Bohellec arrive en tête avec 48,7% des voix, devant Claudine Cordillot (43,5%) et Alexandre Gaborit (7,8%). Un choc sismique pour la gauche, au pouvoir dans la ville avec des maires communistes depuis presqu’un siècle.

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… et la mandature qui suivit

La mayonnaise ne tiendra pas longtemps. Dès le lendemain du second tour, c’est d’abord Jean-François Harel qui est mis sur la touche. Puis début 2016, la composante écologiste claque la porte après des désaccords sur plusieurs dossiers et séquences électorales divergentes.

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Quelques mois plus tard, le quatrième allié, Philippe Vidal, quittera également la majorité, donnant lieu à des recompositions successives de l’exécutif pour réussir à gouverner, en piochant jusque dans l’opposition initiale de gauche, jusqu’à la fin 2019 où l’équipe du maire sortant se retrouvera définitivement en minorité, obligée de négocier avec son opposition pour faire passer les dossiers urgents. Durant tout le mandat, l’explosion de la majorité initiale aura transformé beaucoup de séances de conseil municipal en vaudevilles avec claquements de porte collectifs pour empêcher le quorum.

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Municipales 2020 : un premier tour pour se compter

C’est dans ce contexte politique local, également chamboulé par le changement de donne nationale et ses nouveaux mouvements comme LFI ou LREM, que débute la campagne des municipales de 2020 avec d’abord un long suspense sur l’investiture LREM et son soutien Modem, finalement accordée à Léonor Brucker (ex-collaboratrice parlementaire d’Albane Gaillot). De son côté, le maire sortant, Franck Le Bohellec, a officialisé son entrée en campagne en janvier 2020, en misant sur un rassemblement au-delà des étiquettes tout en bénéficiant du soutien de LR, de l’UDI et de la députée Modem Maud Petit. A gauche, des discussions informelles démarrent dès le printemps 2019 mais sans aboutir à une liste commune, faute d’avoir une vision objectivée du poids de chacun. Le PCF s’estime légitime car historiquement ancré dans la ville. EELV fait valoir son score des Européennes. Chacun veut se compter et quatre listes de gauche se présentent : celles de Pierre Garzon (PCF) allié à Génération.S, de Alain Weber (PS) avec le soutien de Place publique, de Natalie Gandais (EELV) avec le soutien de Génération Ecologie, et de Elisabeth Arend, du collectif Décidons Villejuif, avec le soutien de LFI.

Mais une stratégie d’union négociée dès le premier tour

Malgré ce départ en ribambelle, la gauche anticipe toutefois la nécessité de se rassembler au second tour. Fin 2019, on ne sait pas encore que cette période intermédiaire durera aussi longtemps… « Même avant le résultat du premier tour, les quatre listes s’étaient mises d’accord sur une règle à la proportionnelle, indiquant le nombre de sièges à pourvoir et leur positionnement en fonction des résultats du premier tour », explique Pierre Garzon.

La règle d’Hondt pour départager

Précisément, les listes s’accordent sur la règle d’Hondt qui définit le nombre de sièges à la plus forte moyenne. Une clef de répartition qui permet à la fois de négocier à l’avance les places sur la liste de second tour mais aussi en bureau municipal. « L’enjeu était d’éviter les tractations interminables pour être en ordre de bataille le soir du 15 mars », motive Pierre Garzon. Au vu des résultats du premier tour, qui a vu seulement trois des quatre listes dépasser les 5% pour pouvoir fusionner et une seule dépasser les 10% pour se maintenir, cette règle donne 27 places à la liste initiale de Pierre Garzon (26,7% au 1er tour), 9 à la liste de Natalie Gandais (9,7% au 1er tour) et 9 à celle d’Alain Weber (9,4% au 1er tour). « Aujourd’hui, nous travaillons pour parvenir à la meilleure visibilité de toutes les composantes sur la liste mais nous sommes dans le très fin. » Alors que la liste de Elisabeth Arend n’a pas atteint les 5% pour pouvoir fusionner, elle a par ailleurs continué à s’investir dans la campagne. « Nous continuons à travailler et échanger tous ensemble », insiste la tête de liste.

Sur le plan programmatique, un travail en deux étapes

Concernant le contenu, le travail se fait en deux temps. « Avant le premier tour, nous avons commencé à passer en revue nos programmes pour nous assurer qu’il n’y avait pas de propositions antagonistes, ce qui n’était heureusement pas le cas. Certaines listes avaient une composante plus écologique ou plus sociale mais il s’agissait plus de variations que d’opposition. En vue du deuxième tour, nous avons repris la hiérarchisation de nos propositions pour les adapter à l’urgence sociale, sanitaire, écologique de l’actualité et préparer le service municipal avec un plan Covid 19 », détaille Pierre Garzon. La campagne, qui a continué à se poursuivre sur les réseaux sociaux avec des rendez-vous réguliers, va reprendre à la fois en virtuel et présentiel, au nom de la liste de second tour, désormais baptisée Tous unis pour Villejuif, écologiste, solidaire et citoyenne, à partir du samedi 6 mai. « Nous proposerons un temps d’échange avec l’équipe chaque samedi matin, devant des sites incarnant les différentes thématiques municipales comme par exemple les écoles, qui sera aussi accessible en ligne. Les citoyens et citoyennes auront ainsi le choix de rester derrière leur écran ou de venir nous rencontrer. Nous respecterons bien sûr les gestes barrière. »

Comment la hache de guerre a été enterrée entre les communistes et les écologistes

Une entente qui semblait difficile à imaginer au début de la mandature, quand les tensions entre PCF et EELV se sont terminées au tribunal avec, en 2016, une condamnation d’Alain Lipietz et Natalie Gandais à payer 70 000 euros (peine ramenée à 15 000 euros en appel) aux élus PS et PCF qui avaient attaqué en diffamation. Lire article à ce sujet. « C’est vrai qu’il y a un passif et que ce n’est pas facile, mais il y a eu un choix raisonné du PCF de mettre en avant des personnes qui n’étaient pas dans l’ancienne équipe municipale. On ne ressasse pas le passé, on veut écrire l’avenir. Les électeurs nous ont aussi aidé avec le scrutin de premier tour, nous plaçant en responsabilité de rendre possible la fusion. Nous avons entendu leur message », insiste Pierre Garzon. « Nous discutons ensemble depuis novembre 2019. Cela nous a laissé le temps de nous « réapprivoiser ». Et puis, les colistiers que nous avons rencontrés nous ont rassurés sur la possibilité d’une fusion au second tour », explique de son côté Natalie Gandais. La condamnation en diffamation ? « En politique, on prend toujours des coups. Cela en fait partie. » Cela n’empêche pas chacun de poser les jalons pour s’assurer que le contrat sera rempli. « Nous travaillons à une charte de gouvernance avec des engagements en termes de transparence, probité, non cumul des mandats », indique l’ancienne tête de liste écologiste.

Franck Le Bohellec confiant

Dans l’équipe de Franck Le Bohellec, arrivé en tête du premier tour avec 43%, on voit cette alliance à gauche comme « très ancien monde », rappelant que l’arithmétique électorale a sa propre logique. « Ils pensent qu’ils suffisent d’additionner les résultats de premier tour pour faire une majorité, c’est un leurre. Beaucoup d’électeurs du PS et d’EELV ne suivront pas un candidat PCF et personne n’est dupe de cette alliance de la carpe et du lapin », lâche un proche du maire. Ce dernier a décidé de repartir avec la même équipe, sûr de son socle. « Inutile de faire une alliance avec LREM, nous avons déjà des marcheurs et des Modem dans notre équipe! » indique son entourage.

Candidate LREM, Léonor Brucker, qui a rallié 5,3% es suffrages, n’aurait de toutes façons pas donné suite si elle avait été appelée, fait-elle savoir. « Je ne pense pas donner de consignes de vote, car cela ne sert à rien », ajoute la marcheuse.

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