Politique locale | Val-de-Marne | 06/02
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Municipales en Val-de-Marne: EELV ne veut plus faire plante verte

Municipales en Val-de-Marne: EELV ne veut plus faire plante verte © Fb

En dehors de son fief d’Arcueil, EELV s’est longtemps cantonné en Val-de-Marne à un rôle de partenaire au sein de majorités municipales PCF ou PS. Mais entre le réveil écologique dans la société et les bons résultats aux Européennes, le mouvement ne veut plus jouer les cautions écolo et part à ces municipales 2020 avec un esprit conquérant.

Avec 16,78 % des votes exprimés lors des élections européennes de mai 2019, Europe Écologie-Les Verts est devenue la seconde force politique du Val-de-Marne derrière La République en Marche et a largement devancé les autres partis de gauche. De quoi se sentir pousser des ailes quitte à bousculer d’anciens partenaires. « Nous avons travaillé au sein d’exécutifs municipaux et avons pu constater que toutes les délégations passent avant l’écologie et qu’il n’y a jamais d’argent pour cela », justifie Sabrina Sebaihi, co-secrétaire départementale de EELV et tête de liste à Ivry-sur-Seine où elle a réussi à rallier LFI et PS à sa cause. « Pollution atmosphérique, densification urbaine, cantines scolaires, il y a une véritable urgence à agir dans nos territoires. Alors, puisque nous sommes désormais en capacité de prendre la gouvernance de nos villes, nous avons décidé de faire campagne sur des projets qui mettent l’écologie au cœur », ajoute Nadine Herrati, également co-secrétaire départementale et tête de liste EELV à Gentilly. Dans les villes où l’union de la gauche ne permet pas de faire vaciller les mairies solidement amarrées à droite, les écologistes espèrent faire la différence en y allant tout seul. «Les mentalités sont en train de changer avec l’apport de nouvelles populations en proche couronne venant de Paris pour prendre de plus grands appartements et fonder leur famille. Il y a donc un espace pour EELV, mais il était compliqué pour nous de nous associer avec le PS ou le PCF qui agissent ici comme des repoussoir», estime Loïc Rambaud, tête de liste à Charenton-le-Pont après avoir quitté le collectif sans étiquette Réinventons Charenton, qu’il avait cofondé.

Alors que tous les candidats de droite comme de gauche ont verdi leurs programmes et le profil de leurs listes, EELV n’entend pas se faire déposséder de son thème matriciel. « La récente décision du gouvernement de diminuer les objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour les prochaines années, et donc de revenir sur les engagements pris, montre bien qu’il ne suffit pas de parler d’écologie ni de badigeonner en vert de veilles politiques si l’on n’a pas la volonté réelle de faire plutôt que de parler. C’est la preuve que faire de l’écologie sans les écologistes ne marche pas. Qu’à l’issue de ces élections, il y ait de nombreux maires écologistes en Val-de-Marne, c’est nécessaire et c’est possible!», enjoint Christian Métairie, maire sortant candidat EELV à Arcueil.

Les écologistes restent malgré tout conscients que les mentalités sont encore réfractaires au changements proposés dans leurs programmes et misent sur l’implication citoyenne pour rassurer. «Nous ne sommes pas des khmers verts ! Nous avons établi un contrat avec les habitants qui ont partagé avec nous leurs idées, leurs initiatives et leurs envies d’aboutir à un programme pour une ville à taille humaine, inclusive, dynamique, transparente et sûre », lance Philippe Bouriachi, tête de liste EELV à Orly.

Alliances avec 8 listes PCF et 6 listes PS

En dehors des 20 villes dans lesquelles EELV a investi des têtes de liste dans le but de conquérir des mairies, le parti écologiste s’est rangé derrière ses partenaires historiques dans plusieurs communes, dont quelques unes pourraient basculer à droite en cas de division, ou au contraire de villes de droite où la gauche est peu présente. Précisément, EELV a rallié des listes PCF dans huit villes (Bonneuil-sur-Marne, Champigny-sur-Marne, Chennevières-sur-Marne, Chevilly-Larue, Fontenay-sous-Bois, La Queue-en-Brie, Saint-Maurice et Vitry-sur-Seine) et des listes PS dans six villes (Alfortville, Cachan, Fresnes, Limeil-Brévannes, Maisons-Alfort et Noiseau).

En termes programmatiques, des textes de cadrage issus du national ont permis de motiver le choix de soutenir telle ou telle iste. C’est ainsi qu’Agissons ensemble pour Villecresnes, menée par Patrick Farcy, a obtenu le droit d’utiliser le logo au tournesol. « Ils ont été sensibles au fait que notre programme mettait l’accent sur la ville durable avec la protection du bois de Notre-Dame, la sanctuarisation de la rue Royale, la limitation de l’urbanisation ou encore un contre-projet pour que l’école ne soit pas construite à proximité immédiate de la RN19 », explique Didier Fabre, membre de l’équipe de campagne et sympathisant EELV. A l’inverse, d’autres candidats se sont vus refuser l’investiture ou le soutien du parti comme Michel Laval à Joinville-le-Pont, qui soutient le Modem Rémi Decout, ou Emmanuel Gilles de la Londe (LR) à Bry-sur-Marne. EELV a aussi accepté de ne pas être partout et sera également absent des scrutins à L’Haÿ-les-Roses, au Plessis-Trévise, à Ormesson-sur-Marne, à Rungis ainsi que sur les villes du plateau briard (Mandres-les-Roses, Marolles-en-Brie, Santeny et Périgny-sur-Yerres) hors Villecresnes.

Et quid des alliances au second tour ? Gare à ceux qui s’uniront à La République en Marche préviennent les cadres du parti. «Notre liste est composée à plus de 50 % par des citoyens non-encartés issus de la société civile et ils nous ont fait part de leurs inquiétudes à voir les partis politiques prendre le dessus sur la démarche. Nous avons élaboré une charte dans laquelle nous nous engageons notamment à ne pas faire alliance avec LREM », précise Laurence Le Souffaché, tête de liste à Thiais.

Têtes de liste EELV

Arcueil
Christian Métairie

Boissy-Saint-Léger
Christian Larger

Charenton-le-Pont
Loïc Rambaud

Choisy-le-Roi
Ali Id Elouali

Créteil (Mis à jour le 7/02/2020)
En attente
Le groupe local EELV a choisi le binôme Linda Bouifrou / Irfaan Burahee. Le Conseil politique régional d’Île-de-France EELV doit rendre un arbitrage le 11 février. Selon Jacques Grenier qui siège dans les instances locales du parti chargée des investitures, les appels du pied se multiplient en direction des militants de Créteil pour la construction d’une liste paritaire et de consensus. En cas de persistance du désaccord avec le binôme David Cousy/Brigitte Laude, EELV pourrait n’investir aucune liste.

Gentilly
Nadine Herrati

Ivry-sur-Seine
Sabrina Sebaihi

Le Kremlin-Bicêtre
En attente

Le Perreux-sur-Marne
Arnaud Dussud

Nogent-sur-Marne
Paola Pietrandrea

Orly
Philippe Bouriachi

Saint-Mandé
Anne-Françoise Gabrielli

Saint-Maur-des-Fossés

Céline Vercelloni

Sucy-en-Brie
Jean-Paul Grange

Thiais
Laurence Le Souffaché

Villejuif
Nathalie Gandais

Villeneuve-Saint-Georges
Birol Biyik

Villeneuve-le-Roi
Patrice Fauquemberg

Villiers-sur-Marne
Jacques Grenier

Vincennes
Christophe Ribet

Soutien de listes

Villecresnes
Patrick Farcy

Valenton
Une liste citoyenne non officialisée

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2 commentaires pour Municipales en Val-de-Marne: EELV ne veut plus faire plante verte
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