Société | Accueil Val de Marne (94) Orly | 08/10
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Orly – Villeneuve-le-Roi: des parents se mobilisent en collectif après le meurtre de Sabri

Orly – Villeneuve-le-Roi: des parents se mobilisent en collectif après le meurtre de Sabri

Les tensions dans les quartiers d’Orly, Villeneuve-le-Roi et Choiy-le-Roi, les parents les ressentent depuis longtemps, particulièrement pesantes depuis le déconfinement, tout comme ils constatent l’insuffisance de moyens pour faire face. Ce samedi 3 octobre, le meurtre à l’arme blanche du jeune Sabri, 19 ans, sur fond de rivalités entre bandes orlysiennes et villeneuvoises, a eu un effet d’électrochoc. Ils ne veulent plus jamais cela.

Bouleversés, quelques dizaines d’entre eux ont commencé à créer un collectif « Orly Villeneuve-le-Roi Choisy-le-Roi Jeunesse en Paix » pour réclamer à la fois des mesures d’urgences et de long terme.

Lire aussi : Meurtre de Sabri à Orly: comment s’attaquer aux racines de la violence?

« On s’est d’abord réuni de manière informelle dès ce weekend et puis nous avons fait une première réunion en visio-conférence, explique Florence, une des membres. Sur Snapchat, il y a des messages d’appels à la vengeance qui circulent. Il y a urgence à agir. »

Sécuriser la ligne 3 du bus Keolis

Urgence numéro1 pour les parents : la sécurisation de la ligne 3 du bus Keolis (l’Athis car) et des abords des établissements scolaires afin que leurs enfants ne partent plus en cours la boule au ventre, soient déposés en voiture par les parents ou préfèrent carrément rester chez eux. « Pas moins de 9 établissements sont desservis par cette ligne. Un certain nombre d’adolescents ne vont plus en classe ou cherchent à se protéger en portant des couteaux. Les parents vivent à présent dans l’angoisse de laisser leurs enfants aller seuls aux lycées, collèges. Les chauffeurs.euse ne peuvent plus eux aussi travailler dans ces conditions stressante », réclame le collectif dans une lettre aux institutionnels et politiques locaux.

Pourvoir le poste d’assistance sociale du collège Dorval

Au-delà, ils et elles veulent un changement de fond pour prévenir ces violences sur le long terme, lequel passe par un encadrement suffisant. Cela commence par exemple par pourvoir les postes vacants, comme celui d’assistance sociale au collège Dorval – où est scolarisée une sœur de Sabri. « Nous sommes le 8 octobre et le poste n’est toujours pas pourvu suite au départ en retraite de l’ancienne assistante sociale. Quelqu’un a bien été nommé mais est en arrêt maladie sans être remplacé. Après le confinement, notre collège en REP (Réseau d’éducation prioritaire) a pourtant un besoin urgent de ce poste. L’établissement est en train de perdre des élèves, non pas à cause des notes ni du comportement des mais à cause des problèmes sociaux des familles. L’infirmière et la CPE (Conseillère principale d’Education) ne peuvent pas gérer toutes ces situations », développe Eugénia, parente d’élève du collège et membre du collectif.

Une pétition a été mise en ligne pour réclamer l’occupation effective du poste d’assistance sociale

De la prévention avec des moyens humains

« Depuis le déconfinement, les nombreux affrontements et incivilités auraient du déclencher dans nos villes un plan de prévention et de sécurité à la hauteur des problèmes. Premièrement un plan de prévention contre les violences avec des moyens éducatifs dans nos quartiers et nos établissements scolaires. Malheureusement le manque de moyens de l’Académie de Créteil creuse cruellement les inégalités d’accès à une éducation de qualité. Deuxièmement un plan de tranquillité publique avec la mise en place de police de proximité type îlotier et le renforcement des éducateurs.trices de prévention spécialisée, d’assistants.es sociaux pour suivre les familles touchés par les conséquences sociales de la Covid », estime le collectif qui réclame à la fois « l’embauche de professionnels de la prévention éducative », « des moyens supplémentaires en fonctionnement et en personnel notamment en psychologues, assistants sociaux et de professeurs dans les établissements d’enseignement public », « des moyens à la hauteur du fonctionnement des associations culturelles, sportives et sociales en direction des adolescents et des enfants hors périodes scolaires » et aussi « un plan d’urgence de formation et d’aide sociale en direction des jeunes adultes sans emplois ».

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