Education | Val-de-Marne | 22/04
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Pas de rentrée en Val-de-Marne sans plan d’urgence préviennent enseignants et parents

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Pour les syndicats d’enseignants et les fédérations de parents d’élève du Val-de-Marne, il est hors de question d’envisager une rentrée des classes progressive à partir du 11 mai, sans obtenir des garanties de l’Éducation nationale, réclamant des mesures d’hygiène et d’accompagnement pédagogique individuel. En parallèle, ils refusent la carte scolaire 2019-2020 (mesures d’ouvertures et de fermetures de classes)

Comme chaque année, la composition de la carte scolaire constitue une passe d’armes plus ou moins longue en fonction des fermetures de classes annoncées et le confinement n’a pas apaisé la situation.

Lors du comité technique spécial départemental (CTSD) de ce lundi, toutes les organisations syndicales (CGT Educ’action, Snudi-fo, Snuipp-fsu), à l’exception de l’Unsa, ont voté contre le projet de carte scolaire pour l’année prochaine. Celle-ci prévoit la création d’une quarantaine de postes d’enseignants supplémentaires mais entérine également des fermetures de classes ainsi que des suppressions ou transformations de postes. Le Val-de-Marne n’a par ailleurs obtenu aucun poste sur le contingent des 1248 postes supplémentaires annoncés début avril, essentiellement consacrés aux zones rurales. Ce mardi, représentants d’enseignants et de parents ont boycotté le Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) chargé de valider la carte, organisant à la place une audio-conférence de presse. Le CDEN sera re-convoqué vendredi prochain.

«Nous demandons l’abandon de toutes les fermetures et l’attribution d’une dotation supplémentaire pour prendre en compte les besoins de tous les élèves qui ont subi le confinement. Nous nous préparons à devoir passer davantage de temps dans la prise en charge individuelle des élèves qui ont accumulé le plus de retard. Or, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas été entendus par les représentants du ministères», détaille Luc Bénizeau, délégué Snudi-FO 94 et directeur d’école. «Nous avons l’impression que le gouvernement vient de découvrir la problématique des inégalités scolaires. Il faut bien qu’ils comprennent que le seul moyen de lutter contre les inégalités qui se sont creusées pendant le confinement, c’est de nous apporter des moyens concrets, une dotation significative parce que nous allons devoir travailler autrement», ajoute Cyrille Micheletti, délégué SNUipp-FSU 94.

Sentiment similaire du côté des parents d’élèves qui comptaient sur ce contexte particulier pour être véritablement consultés et livrer leur analyse du terrain. «Nous avons décidé de ne pas siéger au CDEN parce que l’on nous a communiqué le projet 15 jours avant alors que nous demandons depuis des années à être consultés bien plus tôt. Nous alertons depuis très longtemps sur des problèmes liés au non remplacement d’enseignants par exemple. Dans le contexte actuel, on nous parle suppression de poste ! Quand vont-ils enfin y mettre les moyens s’ils ne le font pas dans le contexte actuel ?», se demande Nageate Belahcem, présidente de la FCPE 94. «Nous n’avons pas la possibilité de savoir si les chiffres de l’académie sur lesquels se base la carte sont conformes à la réalité du terrain. Parfois, un simple échange avec les chefs d’établissement permet de constater que ces données sont fantaisistes ou obsolètes. Mais avec le confinement, il est compliqué de pouvoir obtenir ces informations des directions d’établissements», complète Myriam Menez, présidente de la PEEP 94.

La direction académique explique que les dotations de moyens font l’objet d’une évaluation nationale, en fonction des besoins des territoires, en équité. «La montée prévisionnelle des effectifs pour l’année prochaine en Val-de-Marne est de 400 élèves. Le constat de rentrée est régulièrement inférieur. Avec ces 44 postes supplémentaires, les priorités nationales sont appliquées au département. Ainsi par exemple, il est déjà possible pour 156 écoles du Val-de-Marne d’organiser les classes de grande section de maternelle à 24 élèves».

De grosses réserves sur la reprise le 11 mai

L’autre sujet de discorde est celui du déconfinement scolaire à partir du 11 mai a également soulevé des craintes chez les représentants de parents d’élèves et les syndicats d’enseignants.

«Depuis le début de l’épidémie, le ministère s’est illustré par une gestion de crise à l’aveuglette. La veille de la fermeture des écoles, il nous assurait que nous allions rester ouverts. Quelle est la pertinence de déconfiner dans une région aussi impactée que l’Île-de-France ? De l’argent a été mis pour le numérique alors qu’il nous manque l’essentiel comme du savon, des masques, des tests», souligne Valérie Sultan, déléguée CGT Educ’action. Certains enseignants, s’appuyant sur l’expérience des établissements ouverts pour le personnel hospitalier, craignent que les mesures sanitaires ne soient pas à la hauteur. Les masques chirurgicaux n’ont été livrés que ce lundi aux enseignants et le nettoyage des classes n’est pas toujours satisfaisant.

Lors du comité technique académique du premier degré (CTA), la plupart des syndicats (FSU, CGT, FO, Sud) ont voté à 9 voix sur 10 un vœu par lequel ils refusent d’envisager la réouverture le 11 mai alors que mesures d’hygiène ne sont pas réunies, ni dépistage généralisé des personnels, des élèves, distribution des masques ou respect de mesures barrières.

Chez les parents d’élèves, certains sont prêts à garder leurs enfants à domicile tant qu’ils n’auront pas reçus de garanties sanitaires. «Nous demandons depuis quelques années déjà la mise en place de petite commission locales pour faire l’inventaire des besoins manquants dans les écoles (WC fermés, savon,…). C’est également aux collectivités de prendre leurs responsabilités», estime la présidente de la PEEP 94.

A ce sujet, la direction académique explique qu’il est encore trop tôt à ce jour pour décliner, dans le département, les annonces ministérielles…

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