Politique | Val-de-Marne | 29/04
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Plan déconfinement: comment ont réagi et voté les 11 députés du Val-de-Marne

Plan déconfinement: comment ont réagi et voté les 11 députés du Val-de-Marne
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Malgré l’hémicycle parsemé, seuls 75 députés étant admis pour éviter la propagation du coronavirus Covid 19, la présentation du plan de déconfinement par le Premier ministre ce mardi 28 avril a revêtu la solennité d’un discours de politique générale. Dans le Val-de-Marne, le scrutin qui a suivi a donné lieu à 7 votes pour, 2 abstentions et 2 votes contre. Détails et explications de vote.

Les 6 députés LREM et Modem votent oui en bloc

Du côté des 5 députés LREM et de la députée Modem, l’approbation a été sans faille, à l’image du groupe LREM à l’assemblée, dont 289 des 297 députés ont voté pour. «Je comprends qu’il puisse y avoir des critiques mais je pense aussi qu’un autre gouvernement, une autre majorité, ne ferait pas autrement. Dans ces situation c’est l’appareil d‘État qui pilote. Il faut donc que l’opposition modère ses attaques et que la majorité fasse preuve d’humilité», motive ainsi Frédéric Descrozaille,député de la 1ère circonscription (Saint-Maur, Champigny, Créteil), invitant à l’unité nationale. « D’un point de vue purement sanitaire, nous devrions rester confiné, mais les inégalités s’aggravent, des violences intra-familiales se produisent, la vie économique est lourdement impactée. Il faut que le pays redémarre et cela passe par l’esprit de solidarité et de responsabilité de chacun, en veillant au respect de mesures sanitaires de façon à être prêt même en cas de retour de l’épidémie à l’automne », reprend Frédéric Descrozaille.

Plus réservé sur certains aspects, Jean-François Mbaye, élu de la 2ème circonscription (Créteil, Choisy, Orly) a approuvé globalement. « Bien que demeurant circonspect quant à la méthode employée par le gouvernement en amont du discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, notamment en ce qui concerne l’application Stop Covid, j’ai approuvé la stratégie présentée à l’Assemblée, laquelle s’appuie sur un déconfinement progressif et territorialisé, et sera suivie d’un projet de loi permettant proroger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 24 juillet prochain. L’intervention d’Edouard Philippe aura permis d’éclaircir certaines zones d’ombre quant à la méthode », se satisfait l’élu qui s’inquiète néanmoins du retour des élèves à l’école sur la base du volontariat, estimant que tous les parents n’ont pas la liberté de choisir.

Elu dans la 3ème circonscription (Plateau briard), Laurent Saint-Martin apprécie en revanche ce retour en classe. « C’était une demande forte exprimée par les parents d’élèves de différentes villes de la circonscription, et en particulier dans les REP et REP+, avec lesquels j’échange régulièrement. Je me rendrai dès la semaine du 11 mai, dans plusieurs écoles afin de m’assurer de la capacité des établissements scolaires à accueillir les enfants dans les meilleures conditions« , prévoit l’élu qui annonce également organisé une visioconférence le 7 mai avec tous les maires de la circonscription et le préfet « afin d’accompagner chaque commune qui devra opérer le déconfinement au regard de l’évolution sanitaire. L’élu insiste par ailleurs sur l’enjeu du déconfinement en termes économiques, évoquant la situation des commerces locaux.

Même enthousiasme encore pour Jean-Jacques Bridey, élu dans la 7ème (Fresnes, Thiais, Rungis), qui apprécie le « réalisme » du plan, et pour Guillaume Gouffier-Cha, député de la 6ème (Vincennes, Fontenay-Saint-Mandé), qui invite à la mobilisation collective et affirme avoir voté « avec conviction ».

La députée Modem, Maud Petit, n’a pas non plus fait faux bond à la majorité à laquelle elle appartient, tout en restant dubitative sur les questions scolaires et les masques. «Préfet et direction académique vont être à nouveau sollicités pour s’assurer que la rentrée des classes se déroule dans des conditions optimales. Enfin, les annonces concernant les masques ont manqué de clarté. Mieux vaut généraliser le port pour les adolescents et les adultes plutôt que de multiplier les conditions», estime l’élue de la 4ème (Le Plessis – Villiers)

Gilles Carrez (LR) vote oui au vu des circonstances

Député LR de la 5ème (Nogent Le Perreux), Gilles Carrez, présent dans l’hémicycle, a fait partie de la minorité de députés LR qui ont voté pour tandis que l’essentiel du groupe s’abstenait. « Pour moi, n’était pas possible de s’abstenir dans de telles circonstances, et il était inenvisageable de voter contre », défend l’élu tout en restant très critique sur la gestion de la crise, fustigeant le « double discours sur le port du masque destiné à masquer la pénurie en s’abritant derrière des pseudo conseils scientifiques » au lieu d’admettre la réalité. « Mais je me projette dans l’avenir avec un esprit constructif et pragmatique. Ce qu’a dit Edouard Philippe m’a paru très prudent, avec une vraie date de déconfinement qui sera plutôt le 2 juin », justifie l’élu, pointant « l’urgence économique » et invitant « à ne pas tomber dans le sanitairement correct » au risque de faire perdre des milliers d’emplois. Il ne s’agit pas pour autant d’un vote de confiance pour l’élu qui prévient que « le succès de ce plan reposera sur son exécution » et confie ses doutes quant à la capacité des décideurs à appréhender les réalités du terrain. « Nous sommes dirigés par une poignée de hauts fonctionnaires qui arrivent au bureau le matin dans leur voiture avec chauffeur et travaillent 16 heures par jour à des années lumière de la psychologie des habitants » , tacle l’ancien président de la Commission des finances.

Lire aussi : Le Sénat rejette le plan de déconfinement : vote des élus du Val-de-Marne

Michel Herbillon (LR) refuse le vote de confiance

Le député Michel Herbillon (LR), également sur les bancs de l’Assemblée nationale ce mardi, s’est abstenu, de manière plus conforme au reste de son groupe. « J’ai vécu cette séance historique avec beaucoup de gravité et c’est pour moi un honneur d’y avoir assisté », insiste l’élu de la 8ème circonscription (Maisons-Alfort, Charenton). Le parlementaire motive son abstention par son refus de voir son vote interprété comme un vote de confiance, un blanc-seing à la politique du gouvernement. « Nous avons découvert le plan de déconfinement en direct, et l’on nous demandait de le voter immédiatement », regrette l’élu. « Si c’est un discours de politique générale, je ne l’approuve pas. Au début de la mandature, je me suis abstenu lors du discours de politique générale. J’ai fait de même. Mais il s’agit d’une abstention vigilante et constructive car il y a des points avec lesquels je suis d »accord, sur la priorité santé, l’importance d’éviter une seconde vague ou encore la relance économique. Beaucoup de bonnes mesures économiques ont été prises mais nous avons eu trop d’ordres et de contrordres sur des choses importantes comme les masques, les tests, ou encore le retour à l’école, qui sont des sujets essentiels.Aura-t-on suffisamment de masques, de blouses, de tests, de médicaments ? Je n’en ai pas la certitude. »

Albane Gaillot (ex-LREM) s’abstient

Elue sous les couleurs LREM dans la 11ème (Villejuif, Cachan), Albane Gaillot a rejoint le banc des non-inscrits en mars, votant alors la censure contre l’usage du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites. (Voir article) Ce mardi, l’élue s’est abstenue, regrettant surtout la forme de ce vote immédiat. «Je regrette que toutes les conditions n’aient pas été réunies pour garantir la tenue d’un réel débat démocratique : nous sommes appelés à nous prononcer sur une déclaration dont nous avons pris connaissance il y a moins d’heure et dont nous avons été informés de la tenue, il y a quelques jours. La méthode employée par le gouvernement n’est pas respectueuse de notre démocratie parlementaire. Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de ne pas voter le plan de déconfinement, en préférant l’abstention – vigilante et constructive – pour appeler à l’ouverture d’un débat démocratique», insiste la députée tout en saluant certains point comme l’adaptation de la stratégie aux réalités locales ou les distributions de masques à venir, et s’inquiétant des conditions sanitaires du déconfinement scolaire, des transports en commun ou de l’accès au soin des plus fragiles.

A gauche, Luc Carvounas (PS) et Mathilde Panot (LFI) votent contre

«Même si le Premier ministre est devenu un fusible trop pratique dans la stratégie d’Emmanuel Macron, ce plan de déconfinement est flou et imprécis, notamment pour nos villes franciliennes dont on peut sincèrement douter qu’elles soient accessibles aux « zones vertes » d’ici le 7 mai.
Nous nous sentons toujours bien seuls dans l’accompagnement de la réouverture de nos écoles ; nous nous sentons aussi bien seuls dans l’achat, la confection et la distribution des masques à nos populations, et nous nous sentons enfin bien seuls dans la concrétisation des campagnes de tests massifs. Je regrette aussi qu’aucune perspective n’ait été ouverte sur la tragique crise économique et sociale qui nous attend, et que nous devons préparer dès maintenant ! Trop d’inconnues, trop de déchargements sur nos collectivités, pas assez d’assurances pour protéger au mieux nos concitoyens, je ne pouvais que voter contre ce plan à l’Assemblée nationale»
, a dénoncé Luc Carvounas, élu PS dans la 9ème (Alfortville, Vitry), sur sa page Facebook.

La députée LFI Mathilde Panot, dont le groupe a proposé un contre-projet de déconfinement, a aussi voté contre, dénonçant sur la chaîne parlementaire LCP un manque de planification et des choix injustifiés. «Nous n’avons aucune réponse sur le pourquoi de la date du 11 mai, contre l’avis du conseil scientifique notamment sur la réouvertue des écoles. Nous avons appris aujourd’hui que les lycées allaient rouvrir en juin. Donc on est dans une cacophonie totale, où l’État, Emmanuel Macron et le gouvernement, se défausse de sa responsabilité et la met sur des parents qui, dans une angoisse incroyable, devront choisir s’ils mettent leurs enfants a l’école ou non» a notamment dénoncé l’élue de la 10ème (Le Kremlin, Ivry, Vitry).

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